Pala d’Oro

Source : Wikimedia

Si vous le souhaitez, nous pouvons pénétrer dans le chœur, qui est payant. Qu’y verrons-nous ? Et bien, le maître-autel, appelé la « Pala d’Oro ». Ce retable d’or est certainement l’un des ouvrages d’orfèvrerie les plus importants au monde.
Alors, si vous ne souhaitez pas effectuer cette visite, sélectionnez le chapitre suivant intitulé « Nicopeia ». Mais si vous souhaitez découvrir la célèbre Pala d’oro, prenez votre ticket sur la droite de l’iconostase et retrouvons nous devant le retable.
APPUYEZ SUR PAUSE

Voilà, nous sommes à présent devant la «Pala d’Oro».
Une œuvre époustouflante. Et même s’il y a beaucoup de monde devant, prenez le temps de la découvrir et de l’admirer. C’est une œuvre d’art exceptionnelle, unique en son genre à regarder attentivement.
Rendez-vous compte : près de 3000 pierres précieuses et 83 émaux ornent ce monument d’orfèvrerie ! L’or scintille, les pierres brillent de tous leurs éclats, les émaux jettent leurs feux de couleurs. La « Pala d’Oro » est le retable du maître-autel de la basilique saint Marc. Mais elle n’était visible dans cet état que le dimanche. Le reste de la semaine, elle était recouverte d’un panneau de bois réalisé par Paolo Veneziano, aujourd’hui visible dans le Musée Marciano de la basilique.
La Pala est une œuvre qui se construisit sur plusieurs siècles. Elle est tout d’abord commandée aux artistes grecs de Constantinople par le doge Pietro Orseolo en 975. Ensuite elle est considérablement enrichie aux 12ème et 13ème siècles. Enfin, dans les années 1340, l’ensemble est inséré dans un encadrement gothique en argent doré réalisé à Venise. Une touche finale qui lui donne, non seulement son caractère définitif de retable d’autel, mais aussi la particularité d’être l’un des plus grands ouvrages d’orfèvrerie au monde… Une largeur de presque 3 mètres 50 pour une hauteur de 1 mètre 40 !
Les émaux, ces petits panneaux figuratifs, proviennent en grande partie de Constantinople : de styles et de couleurs différents et même pourvus de légendes en grec ou en latin, ces émaux ne viennent pas du même édifice et de la même école artistique, mais ils restent tous typiquement byzantins, ce sur quoi nous reviendrons ensuite. Ces émaux sont dits « cloisonnés ». C’est à-dire que la pâte de couleur -qui est dite émaillée- est retenue par de très minces cloisons d’or. Mais voyons plus précisément. Techniquement parlant, des poudres de couleurs remplissent les petites cases séparées par de minces fils d’or ; une fois chauffées, ces couleurs deviennent une pâte qui durcit en séchant. Toute la difficulté est d’obtenir une surface homogène ; il est fort probable que les artistes polissaient l’ensemble pour lui donner un brillant. Les œuvres de qualité se reconnaissent par la sûreté du dessin et la finesse des cloisons à peine visibles : elles datent pour la plupart des 10ème et 11ème siècles.
Regardons de nouveau la « Pala d’Oro ». Elle est constituée de deux parties. Commençons par regarder le registre inférieur : il est composé de plusieurs frises. Voyons les de haut en bas : elles représentent :
– des saynètes de la vie du Christ ;
– juste en dessous, il y a une frise avec des figures ailées : ce sont des anges et des archanges ;
– en dessous encore, les Apôtres : vous pouvez les reconnaître facilement car non seulement ils sont au nombre de douze, mais en plus, ils tiennent dans leur main les Evangiles ;
– et, tout en bas, les Prophètes, qui, eux, sont reconnaissables au parchemin qu’ils tiennent et qui évoque l’Ancien Testament.
Ces frises entourent un panneau plus vaste, au centre duquel nous pouvons voir le Christ tout puissant. Assis sur un trône, il bénit les fidèles d’une main et tient les Evangiles de l’autre. Autour de lui, inscrits dans des médaillons, les quatre Evangélistes à leur pupitre.
Remarquons enfin les petites scènes latérales qui encadrent à gauche et à droite les frises dont nous venons de parler. A gauche, elles nous racontent la vie et le martyre de saint Marc et, à droite, le transfert de son corps d’Alexandrie à Venise. Regardons bien la frise verticale de droite, et notamment les trois dernières petites scènes du bas. La première de celles-ci nous raconte le retrait de la montagne du corps de l’évangéliste par les deux marchands vénitiens, puis, dans le deuxième des émaux, le transport du corps sur un bateau. Et dans le troisième et dernier de la série, l’arrivée du cercueil en la basilique saint Marc. Cet ensemble serait la plus ancienne œuvre existante nous contant la vie de l’Evangéliste. Ce qui lui donne évidemment beaucoup de valeur.

Passons au registre supérieur maintenant. Nous voyons 6 scènes qui encadrent l’archange Michel. Et ces scènes présentent six des douze fêtes religieuses de l’Eglise. Très certainement, elles proviennent d’un ensemble où les 12 fêtes étaient représentées. Donc déjà, on se dit que 6 scènes -6 fêtes religieuses en quelque sorte- ont été sacrifiées au profit de l’archange guerrier. Etrange ! Amusons nous à les déchiffrer car il y a d’autres détails surprenants !!
Voyez la deuxième scène en partant de la gauche, la Descente aux Enfers du Christ ; elle est placée juste avant la scène de la Crucifixion alors qu’elle devrait la suivre.
Bref : les scènes n’ont pas été replacées dans l’ordre !!!
Autre élément singulier : la répétition de certaines scènes avec celles situées dans la partie inférieure du retable. Regardez les petits émaux situés sous l’archange Michel : ils représentent de nouveau la Crucifixion puis la Descente aux Enfers. Alors pourquoi de telles incohérences ?
Tout simplement parce que la Pala d’Oro n’avait que peu de valeur liturgique.
Elle n’était finalement là que pour rappeler la splendeur et la richesse de la Sérénissime. Et même, elle étalait –presque jusqu’à l’arrogance- la victoire de Venise sur l’empire Byzantin. Car, la plupart de ces éléments furent ramenés du sac de Constantinople par Venise et ses alliés les croisés en 1204.
La symbolique est importante surtout lorsque l’on sait que les scènes de la partie supérieure proviennent, à Constantinople, du Monastère du Pantocrator, le lieu de sépultures des empereurs byzantins.
Et d’ailleurs, regardons à droite de la Vierge, nous noterons ici la présence de l’impératrice byzantine Irène, sous le Christ tout puissant. La voyez-vous ? Elle est vêtue de somptueux vêtements longs et d’une couronne. Cette Irène est probablement la femme de l’empereur byzantin Alexis 1er Comnène qui régna au tout début du 12ème siècle. Elle fait pendant au personnage placé à gauche de la Vierge : le doge de Venise Ordelafo Falier, qui vécut à la même époque que l’impératrice. Il est surtout le donateur de l’œuvre à la basilique. Et c’est là tout un symbole politique puisque le doge, la Vierge et l’impératrice sont tous les trois figurés sur le même plan et de la même taille. Chose surprenante car le donateur est généralement représenté plus petit et agenouillé, en adoration devant la Vierge. En fait, Venise réaffirme ainsi son pouvoir politique en se faisant lien entre Orient et Occident, par la grâce de sa puissance commerciale et l’a propos d’une justification religieuse.

La « Pala d’Oro » est aussi un chef-d’œuvre de l’art. Une œuvre byzantine mais pas totalement. Byzantine car elle est pensée comme une iconostase byzantine dans sa composition : les différentes figures que vous voyez sont en adoration devant le Christ et l’histoire du Salut est relaté à travers les grandes fêtes religieuses. Byzantine aussi car, comme nous l’avons dit précédemment, les émaux proviennent en grande partie de Byzance mais aussi parce qu’ils respectent le style artistique byzantin, avec ses fonds dorés et le côté figé des personnages. Cependant, ce n’est pas totalement une œuvre byzantine : tout d’abord parce qu’il n’existe pas de tel retable dans l’univers byzantin ; puis parce que cet ensemble a été réalisé par des artistes grecs et des artistes vénitiens. Donc ce n’est pas une œuvre d’importation mais bien une œuvre originale !
Prenez le temps d’admirer avec attention la magnificence de ce retable d’or si riche de détails et pour ce faire : APPUYEZ SUR PAUSE

Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025

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Questions les plus fréquentes des voyageurs

La Pala d’Oro est l’un des joyaux artistiques de la ville de Venise, en Italie. Cette magnifique pièce d’orfèvrerie est une œuvre d’art unique, célèbre pour ses pierres précieuses et ses émaux délicats.

La Pala d’Oro est une sorte de retable en or fin, qui se trouve dans la basilique Saint-Marc de Venise. Elle est constituée de 250 plaques d’or et d’émaux cloisonnés, qui ont été réalisées entre le VIIIe et le XVe siècle. Les émaux sont d’une grande finesse, et représentent des scènes bibliques et des portraits de saints.

La Pala d’Oro est un objet précieux qui a connu une histoire mouvementée. Elle a été créée à l’origine pour la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, mais a été pillée par les Croisés lors du sac de la ville en 1204. Elle a ensuite été envoyée à Venise, où elle a été modifiée et enrichie de nouvelles pièces au fil des siècles.

Aujourd’hui, la Pala d’Oro est considérée comme l’une des plus belles pièces d’orfèvrerie de l’art chrétien. Elle est exposée dans la basilique Saint-Marc de Venise, dans une chapelle spécialement conçue pour la mettre en valeur. L’accès à la chapelle est soumis à des horaires stricts, et il est recommandé de vérifier les heures d’ouverture avant de s’y rendre.

La Pala d’Oro est une œuvre d’art exceptionnelle qui mérite d’être admirée de près. Sa beauté, sa richesse et sa complexité en font l’un des trésors les plus précieux de la ville de Venise.

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