Nous voilà donc dans La salle 9 qui accueille l’original des célèbres Chevaux de St Marc. Chacune de ces statues pèse près de 900 kg. Leur élégance apparaît d’autant plus grande que vous pouvez ici les admirer de près. Alors regardez-les sous toutes les coutures ! Et tournez autour si possible. Ces chevaux resteront dans votre mémoire. Au nombre de quatre, ils devaient probablement être attelés à un char.
Ces chevaux qui semblent « presque hennir et trépigner » selon les termes de Pétrarque, sont des chefs-d’œuvre de l’art. Œuvre grecque ou romaine selon les hypothèses, ce serait le seul quadrige conservé de l’Antiquité.
Cette œuvre est célèbre tant par la technique utilisée que par son aura. Tout d’abord la technique: contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’ensemble est en cuivre, et non en bronze ; la dorure y adhère ainsi plus facilement. Puis, coulée en deux parties, le raccord est adroitement dissimulé au niveau du harnais. Par ailleurs, les têtes ont probablement été séparées des corps lors du transport depuis Constantinople. Il semblerait, en effet qu’elles aient été remontées arbitrairement.
Ensuite, parlons de son aura : cette œuvre antique aura un fort retentissement artistique puisqu’elle influença durablement les sculpteurs de la Renaissance du 15ème siècle, lorsqu’ils coulèrent les premières statues équestres de l’ère moderne.
Mais en plus, cette œuvre est aussi un symbole politique fort.
Pour ceux qui le souhaitent, rappelons son histoire. Les autres peuvent se rendre au chapitre suivant intitulé « mosaïques». Et sinon, voilà son histoire.
Ce quadrige présente l’originalité d’avoir été butin de guerre, rapporté de l’hippodrome de Constantinople, à la suite du sac, par les Croisés, de cette cité chrétienne en 1204. Mais ô miracle ! Alors qu’il dormait dans les entrepôts du port de Venise, il fut redécouvert par hasard une cinquantaine d’années après. Et la chance lui sourit puisqu’un destin extraordinaire l’attendait.
Effectivement, le doge alors en place décide de hisser ces chevaux au centre de la façade de la basilique. Une bien curieuse idée pour une œuvre qui trônait auparavant dans un cirque où se déroulaient des courses de chars ! Et c’est là où l’on comprend le symbole politique voulu par le doge. A travers cette statue, il veut commémorer la victoire de la République lors de la fameuse quatrième croisade et, avec elle, affirmer sa domination méditerranéenne. Mais pourquoi peut-on parler de « victoire vénitienne » ?
Revenons à l’histoire de cette croisade. Nous sommes en 1204 et en prêtant sa flotte aux Croisés, à la demande du pape, la Sérénissime détourne la guerre sainte de son objectif initial : Jérusalem. Son véritable but est en fait la destruction de Constantinople, sa grande rivale commerciale. Destruction qui lui permet dès lors d’avoir la voie libre vers l’Orient et donc d’accroître son commerce avec celui-ci. Et c’est ainsi que les chevaux de Saint Marc sont devenus symbole de la puissance militaire et commerciale de la République. Et quoi de plus fort, finalement, que d’afficher ce symbole sur la place et l’église les plus en vue de Venise, sacralisant ainsi toute l’opération ! Voilà pour son histoire
Quand vous aurez fini de profiter de ce chef-d’œuvre, nous pourrons retraverser l’enfilade des salles et redescendre vers la basilique dans la nef au début de laquelle nous vous attendons.
APPUYEZ SUR PAUSE.







