Venise

Les Pigeons de la place st Marc

Terminons cette promenade par un autre symbole de cet ensemble monumental : les pigeons. Car que serait la Place Saint Marc sans ses pigeons et ses vendeurs de graines ? Il est vrai que, même s’ils sont désormais des éléments pittoresques du décor, ces oiseaux constituent une nuisance pour le patrimoine Mais ce qui étonne surtout, c’est leur nombre. La place Saint Marc et la Piazzetta semblent littéralement recouvertes de ces pigeons. Pourquoi diantre y en a-t-il autant ? Pour deux raisons majeures. Tout d’abord, ils sont présents depuis des siècles, car les villes conquises par Venise offraient à la dogaresse, la femme du doge, des pigeons en guise d’hommage. Ils s’installaient notamment sur la place Saint Marc, et le[…]

Les Colonnes de la Piazzetta

Mais ce qui frappe probablement le plus sur cette place, ce sont les deux colonnes que vous voyez face à vous. Elles font partie des clichés de Venise tant elles incarnent la Sérénissime dont elles marquent l’entrée. Par ailleurs, elles symbolisent la cité en nous présentant, par les deux statues qui les surmontent, ses saints patrons. Enfin, c’est là que se dressait l’échafaud des exécutions et les Vénitiens superstitieux ne passent jamais entre les deux colonnes ! Les fûts des colonnes appartiennent aux trésors ramenés de Constantinople. Ils furent érigés sur la Piazzetta au moment de son réaménagement, au 12ème siècle. De granite rouge et gris d’Egypte, ils reposent sur des socles octogonaux, autrefois ornés de sculptures. Les colonnes sont

La Bibliothèque Saint Marc

A notre droite, le Palais des Doges. A notre gauche, la Libreria vecchia, aussi appelée Libreria marciana ou sansovinia, c’est-à-dire la Vieille Bibliothèque ou la Bibliothèque Saint Marc dite aussi de Sansovino, du nom de son architecte. Cette bibliothèque d’Etat est non seulement l’une des plus anciennes d’Italie, mais aussi l’une des plus importantes aujourd’hui. Son histoire remonte au 15ème siècle alors que de grandes figures de l’Humanisme font don à la Sérénissime de leur bibliothèque privée. En particulier une collection exceptionnelle de manuscrits byzantins remontant au 9ème siècle. Que faire d’autre d’un si précieux trésor si ce n’est lui offrir un écrin ? La Cité invite donc Jacopo Sansovino, encore lui, à construire un bâtiment sur le côté ouest

La petite place de « Piazzetta »

Notre visite de cet ensemble monumental de Saint Marc se terminera par la découverte de la Piazzetta. Pour en apprécier toute l’ampleur, allons au bord de la lagune en direction des deux colonnes situées en bord de mer, à gauche de la loggia. Nous les dépasserons pour nous mettre quasiment au bord de l’eau, dos à la mer. Au bord de la lagune, nous pouvons maintenant admirer la Piazzetta, cette « petite place » située perpendiculairement à la place Saint Marc. Ici se trouvait un bassin pouvant accueillir les navires et il ne fut remblayé qu’à la fin du 12ème siècle. D’ici, la Piazzetta donne l’impression d’être la plus grande des deux places. Illusion d’optique due à l’effet de perspective,

La Loggetta : l’œuvre de Jacopo Sansovino

Dirigeons nous à présent vers la piazzetta en longeant la façade principale de la basilique Saint Marc. Arrêtons nous, dans un premier temps, devant la Loggetta de Sansovino, le petit édifice en marbre situé en contrebas du campanile. La Loggetta, accolée au campanile, fut achevée en 1546 par Jacopo Sansovino. Elle est l’une des œuvres les plus raffinées de l’artiste et de loin sa plus célèbre à Venise. Lors du réaménagement de la place Saint Marc au 16ème siècle, ce grand architecte, déjà évoqué au cours de la visite, souhaita atténuer l’aspect massif du campanile, avec une construction légère. L’élégance réelle Loggetta est due à sa structure. Mais aussi à l’utilisation du marbre blanc surligné de marbre rose, polychromie utilisée

La place Piazzetta dei Leoni

Et maintenant, gagnons la Piazzetta dei Leoni, la petite place située à gauche de la Basilique Saint Marc. Placez-vous au centre de cette place, dos à la basilique. Andrea Tirali modifie ici aussi le pavement de cet espace. Vous avez probablement remarqué que cette place est légèrement rehaussée. En effet, l’architecte a été obligé d’en surélever le sol afin de conserver à la fois le puits, et la citerne située sous la place. Les deux magnifiques lions de porphyre rouge qui ouvrent l’accès à cet espace, de par et d’autre des quelques marches qui en marquent l’entrée, lui ont donné son nom de Piazzetta dei Leoni ou Leoncini, c’est-à-dire la place des lions. Mais c’est au 19ème siècle, sous domination

Le Pavement par l’architecte Andrea Tirali

Le dernier élément de la place, ce « salon splendide dont le ciel est digne d’être la voûte » selon les termes de Napoléon, est: le Pavement. On le doit à l’architecte Andrea Tirali. C’est au début du 18ème siècle que ce dernier remplace les briques médiévales, usées et disposées en chevrons, par un pavement en pierre de lave appelée trachyte. Cette pierre provient de Vérone, et alterne avec de la pierre blanche d’Istrie, si prisée à Venise depuis la conquête de la côte dalmate à l’époque médiévale. Regardez bien comment Tirali a créé avec ces contrastes un jeu élégant de perspectives qui accentuent la profondeur de la place.

L’Aile napoléonienne

Maintenant tournez-vous vers la dernière aile de cet ensemble, l’aile ouest, située face à la Basilique Saint Marc. Elevée vers 1810, sur ordre de Napoléon, l’aile dite napoléonienne n’appartient évidemment pas au plan élaboré par les artistes du 16ème siècle. Jacopo Sansovino avait, à cette époque, fait édifier l’église San Geminiano. Bien évidemment, en bon architecte de la Renaissance, il était désireux de créer une symétrie parfaite entre les deux églises et les deux ailes administratives qui se faisaient face 2 à 2. Mais Napoléon et son représentant, le Prince d’Italie Eugène de Beauharnais (son beau fils), souhaitaient installer leurs appartements et leur pouvoir sur cette place hautement symbolique de la République déchue. L’église fut alors détruite et remplacée par

Les célèbres cafés Florian et Quadri

Revenons à la place elle-même. Sous les arcades des Procuraties, vous avez certainement remarqué les terrasses de deux cafés qui se font face. Ce sont les célèbres cafés FLORIAN et QUADRI, véritables institutions vénitiennes depuis leur fondation au 18ème siècle !. Le Florian est situé sous les Nouvelles Procuraties et le Quadri sous les Vieilles Procuraties. Si ces cafés sont devenus de réels monuments historiques, c’est tout d’abord parce que ce sont les seuls sur les 24 cafés de la fin du 18ème à avoir survécu. Ces cafés appelés autrefois « boutiques de café » ouvrirent à la fin du 17ème siècle. Le café est alors importé à Venise. Cette graine y est d’abord commercialisée en tant que médicament utilisé

La place « Nouvelles Procuraties »

Mais pourquoi ces procuraties sont-elles qualifiées de « vieilles » ? Tout simplement parce qu’il en existe de nouvelles ! Retournez-vous et observez, face à elles, l’aile opposée aux vieilles procuraties. Vous êtes maintenant face à l’aile sud de la place : elle porte le nom de « nouvelles procuraties ». Pas moins de 3 architectes travailleront à la réalisation de cette aile : depuis Sansovino dans la première moitié du 16ème jusqu’à Longhena près de 100 ans plus tard dans les années 1640. Rappelons que Baldassare Longhena est le plus grand représentant de l’art baroque à Venise. Sous la République de la Sérénissime, cet édifice accueille les annexes du cabinet des procurateurs. Le fort développement de leurs activités administratives

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