Derrière l’iconostase, s’ouvre le chœur où se trouve l’autel principal de l’église. Comme vous pouvez le remarquer, cet ensemble architectural est surélevé de quelques marches. Pourquoi ? Pour abriter la crypte que l’on aperçoit grâce aux petites fenêtres situées au ras du sol, sous l’iconostase. Cette salle souterraine est, dans les églises, le lieu de sépulture d’un martyr ou d’un saint. La crypte de la basilique saint Marc est aujourd’hui fermée au public. Mais elle abritait à l’origine les fameuses reliques de l’évangéliste, donnant à l’édifice son caractère de basilique, c’est-à-dire d’église de pèlerinage. Mais ces reliques furent transférées dans le trésor de la basilique en 1811.
Alors parlons maintenant d’un autre chef-d’œuvre du chœur, toujours derrière l’iconostase : c’est le ciborium. Regardons au dessus du maître-autel : c’est ce baldaquin à quatre colonnes. Ce terme provient du ciboire, coupe placée sur l’autel, où sont conservées les hosties consacrées. Regardons sur les colonnes d’albâtre. Elles sont remarquablement ornées d’une multitude de petites saynètes sculptées. Bien que nous ne puissions les voir, sachez qu’elles représentent des épisodes des Evangiles, comme la Passion du Christ, et, des épisodes des Apocryphes, ensemble d’écrits non retenus par l’Eglise, comme la Vie de la Vierge ou l’Enfance du Christ.
Et maintenant, regardons vers le haut. Vous voyez une abside, la demi-coupole située au fond du chœur, et, une coupole située juste au-dessus du ciborium. Regardons tout d’abord l’abside. Y est figurée l’immense figure unique du Christ. Une mosaïque dominant toute l’église. On ne peut donc la manquer. Imposant et lumineux sur fond d’or, le Christ, assis sur son trône, règne dans toute sa majesté sur l’assemblée. De sa main droite, il bénit. De sa gauche, il livre son message en montrant les Evangiles.
Mais ce qui frappe avant tout, c’est cette puissance et cette grandeur qui s’en dégage. Le Christ est, ………….et c’est tout. Il s’impose comme une évidence vers laquelle tout converge.
Regardons maintenant la coupole située au-dessus du ciborium. Elle est appelée « la coupole de l’Emmanuel ».
Jésus y est ici figuré au centre et en gloire. Représenté imberbe, il est entouré de la Vierge et des Prophètes. Ceux-ci annoncent dans l’Ancien Testament la venue de Jésus. Et le prophète Isaïe annonce même la naissance d’un enfant appelé Emmanuel, ce qui signifie « Dieu avec nous ». Et Isaïe précise que cet enfant viendra délivrer le monde. Le message inscrit dans cette coupole est donc clair. Le Christ est là pour sauver le monde. C’est le thème du Salut qui est ainsi développé dans l’ensemble du programme iconographique que nous avons déjà évoqué.
Néanmoins, ces deux mosaïques ont aussi une valeur politique. Situées dans l’espace où étaient abritées les reliques de saint Marc, elles rappellent le lien entre le Christ et l’Evangéliste, ramené en ce lieu par les Vénitiens, et, par là-même, l’importance du rôle de Venise dans la Chrétienté.







