Tournons-nous maintenant vers l’iconostase, cet élément architectural qui sépare la nef du chœur.
APPUYEZ SUR PAUSE.
Alors, l’iconostase c’est quoi? Et bien, elle a pour fonction de séparer les fidèles du clergé. Erigée sous la forme d’un portique à colonnes comme vous pouvez le voir ici, elle était présente dans toutes les plus grandes églises du début du christianisme.
Parlons en un peu plus et voyons sa composition et son rôle. Si cela ne vous intéresse que moyennement, vous pouvez gagner le chapitre « ciborium ».
Mais sinon, parlons de l’iconostase : elle fut remplacée en Occident, à l’époque médiévale, par le jubé qui avait la même fonction. Mais elle pouvait aussi se présenter sous la forme d’un mur recouvert d’icônes en bois et ouvert par trois portes. Un autre modèle encore en usage dans les églises orthodoxes.
Comme son nom l’indique, l’iconostase avait pour rôle d’exposer les images sacrées qu’elles soient peintes ou sculptées, ce qui n’est pas le cas du jubé. Observons maintenant cette iconostase et regardons vers le haut, et plus spécifiquement vers la poutre horizontale supérieure. Ici les images sacrées sont des personnages sculptés et une croix.
Toutes ces œuvres révèlent combien le culte des croix et des images s’était développé dans l’empire byzantin. Regardons les ensemble : au centre, nous voyons un crucifix en argent, et de part et d’autre les statues de Saint Jean l’Evangéliste et de la Vierge, ainsi que celles des douze Apôtres. Ces quatorze sculptures sont l’œuvre de Jacobello dalle Masegne, un artiste en vogue à la fin du 14ème siècle. Et contemplons l’un des apôtres : choisissez en un au hasard. Alors, c’est vrai qu’avec ses bras plaqués le long du corps et ses vêtements trop serrés, il manque de naturel. Mais la qualité de cette œuvre est surtout due à la maîtrise des détails. Portons notre attention aux doigts et au regard. Surtout au regard, car il nous semble marquer une expressivité toute nouvelle. C’est une marque de l’auteur qui s’est, pour cela, inspiré à la fois des mosaïques médiévales de saint Marc, et des œuvres du plus grand peintre vénitien de l’époque, Paolo Veneziano.







