Paris

Le village Saint-Paul

Vous voici dans la rue de l’Ave Maria. Ce nom quelque peu inhabituel s’explique par la présence en ces lieux d’une communauté religieuse de béguines, femmes pieuses se consacrant à la prière et aux oeuvres charitables, mais ne vivant pas cloîtrées. Au niveau du numéro 15, une salle de jeu de paume avait été aménagée au 16e siècle le long de l’ancienne enceinte de Philippe-Auguste que nous avons évoquée précédemment. En 1645, Molière, venant du jeu de paume des Métayers, situé rive gauche, s’y installa avec sa troupe « l’Illustre Théâtre ». Mais ses créanciers le poursuivirent sans répit et le firent emprisonner pour dettes dans la prison du Grand- Châtelet. Libéré, il dut quitter Paris et sillonna pendant douze[…]

La cour de L’hôtel de Sens

Rentrons maintenant dans la cour de l’Hôtel. Au fond de la cour, le corps de bâtiment central était réservé à l’origine aux appartements de réception des archevêques: les débuts de la Renaissance y sont perceptibles, entre autres dans les vastes fenêtres à meneaux du premier étage. En sortant, faites le tour de l’Hôtel et tournez à droite sur la rue de l’Hôtel de Ville pour voir le revers de la façade. Vous y verrez, en haut des fenêtres, les armoiries des archevêques de Sens. Puis longez le jardin pour revenir rue du figuier.

L’hôtel de Sens

Restez sur la rue Charlemagne et arrêtez-vous, un peu plus loin à droite, à l’entrée de la rue du Prévôt. Vous voici à l’entrée de la rue du Prévôt. Très étroite elle doit son nom à l’un de ses habitants célèbres, Hugues Aubriot, prévôt des marchands ou si vous préférez maire de Paris au 14e siècle. Continuez dans la rue Charlemagne jusqu’à la prochaine intersection. A gauche, empruntez la rue du figuier, le figuier en question a été enlevé au début du 17e siècle- A son extrémité, donnant sur une petite place, se dresse la façade d’un des rares hôtels particuliers du moyen-âge encore debout à Paris : c’est l’Hôtel de Sens. Traversez la rue Fauconnier et rejoignez le début

La rue Charlemagne

Continuez à descendre la rue Saint-Paul en restant sur le trottoir de droite jusqu’à la rue Charlemagne, que nous allons emprunter. A l’origine simple chemin, cette rue est bordée à gauche par de vieilles maisons qui ont gardé leur aspect du 15e siècle. Un peu plus loin, une jolie fontaine de 1846 agrémente le trottoir de droite. Près de la fontaine, en traversant la rue pour être sur le trottoir de gauche, retournez-vous : vous pouvez de là apprécier les élégantes proportions de la coupole saint Paul-Saint-Louis qui domine les toits des immeubles environnants. Face à vous, vous verrez un vaste terrain de sport cerné par trois rues. Sur un seul côté, un pan de mur est bien dégagé. Il

La façade de l’Église Saint-Paul

Une fois sortis de l’église, retournez-vous pour contempler sa façade monumentale . Par sa structure assez rare à trois étages, elle rappelle celle de Saint-Gervais, la paroisse toute proche de l’Hôtel de Ville. C’est surtout par la richesse de sa décoration sculptée qu’elle attire l’attention. A son sommet, une statue de Saint-Louis, datant du 19e siècle est surmontée des armes de France et de Navarre. La curieuse horloge de bronze dorée date de 1627 et rythme encore de nos jours les activités des habitants du quartier. En tournant le dos à la façade, dirigez-vous sur la droite jusqu’à la première rue à droite, qui est la rue Saint-Paul. Prenez cette rue St Paul et marchez jusqu’au niveau du numéro 32,

L’intérieur de l’Église Saint-Paul

Maintenant, rendez-vous sous la coupole pour bien apprécier l’harmonie de ses proportions. Ensuite, dirigez-vous vers le bras gauche du transept, c’est à dire à gauche lorsque vous êtes dos à l’entrée de l’église. Dans ce bras gauche du transept, une inscription gravée sur une plaque de pierre rappelle le souvenir du fameux prédicateur Bourdaloue mentionné précédemment. Les dames de la cour se pressaient à ses sermons et, pour ne pas en perdre une miette, emportaient avec elles un récipient en faïence, baptisé ironiquement «Bourdaloue», dont elles se servaient pour éviter de s’absenter si elles ressentaient quelques besoins bien naturels. A côté, deux tableaux, accrochés à mi-hauteur, méritent de retenir quelques instants votre attention. Côté nef, une toile de Simon Vouet

L’Architecture de l’Église Saint-Paul

Nous allons faire ici une courte analyse de l’architecture de l’édifice. Son plan est très simple, la nef, c’est-à-dire l’espace où se tiennent les fidèles, est composée de quatre travées avec des chapelles latérales. Le transept, partie de l’église coupant l’extrémité de la nef pour former une croix, est très peu saillant. Le chœur enfin, où le prêtre célèbre la messe, se termine par un demi-cercle quasi parfait. En revanche, sa décoration sculptée est très exubérante. Ce contraste traduit parfaitement la forte influence de l’Italie baroque qui prédomina dans l’architecture parisienne sous le règne de Louis 13. Rappelons que les Jésuites jouèrent alors un rôle fondamental dans la transmission en France des modèles italiens. Ainsi, si vous connaissez Rome, vous

Histoire de l’Eglise Saint-Paul

Parlons un instant de cet ordre des Jésuites. Il est fondé en 1540 par l’espagnol Ignace de Loyola, la compagnie de Jésus, plus connue sous le nom d’ordre des Jésuites, avait pour but de défendre la doctrine catholique face au succès croissant et inquiétant du protestantisme. A Paris, les Jésuites s’installèrent en 1580, mais, quinze ans plus tard, ils furent obligés de quitter la France. Le roi Henri 4 les accusant d’avoir incité l’un de leurs élèves, Jean Chatel, à tenter de l’assassiner. Pour ce crime présumé, ils furent chassés du royaume. Quelques années plus tard, en 1606, l’affaire oubliée, Louis 13 les autorisa à revenir en France. Témoin de leur retour en grâce, de nouveaux bâtiments furent construits en

Le quartier et l’Église Saint-Paul

Ancienne voie romaine, la rue Saint Antoine traverse de part en part le quartier du Marais. Mais d’où vient ce nom de Marais ? Et bien, ce nom rappelle, qu’à l’époque médiévale, ce quartier était surtout occupé par des cultures maraîchères qui, notons-le au passage, dépendaient principalement de communautés monastiques. Dès la fin du 14ème siècle, comme nous le verrons, les rois de France s’y installèrent et pour trois siècles, l’aristocratie les y rejoignit. Revenons à présent à cette église saint Paul – saint Louis devant laquelle vous vous trouvez en ce moment. Elle fut construite au 17ème, non pas pour les habitants du quartier, mais comme chapelle, évidemment grandiose, de la communauté religieuse des Jésuites.

Découverte des insolites dans le quartier Saint-Paul : introduction

Partons ensemble à la découverte de la partie sud du quartier du Marais. Il recèle des trésors : un village d’antiquaires à l’abri des regards, un impressionnant fragment de l’enceinte médiévale de Philippe Auguste, la maison d’une célèbre empoisonneuse du temps de Louis 14 et bien d’autres lieux insolites. À la Découverte des Trésors Cachés du Quartier Saint-Paul Niché au cœur du Marais, le quartier Saint-Paul est un véritable voyage dans le temps, où chaque rue, chaque passage recèle une part d’histoire et de mystère. Moins fréquenté que d’autres secteurs du Marais, ce quartier offre une atmosphère unique, loin du tumulte des grandes artères parisiennes. Ici, le passé s’invite à chaque coin de rue : vestiges médiévaux, cours secrètes, anecdotes

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