Parlons un instant de cet ordre des Jésuites. Il est fondé en 1540 par l’espagnol Ignace de Loyola, la compagnie de Jésus, plus connue sous le nom d’ordre des Jésuites, avait pour but de défendre la doctrine catholique face au succès croissant et inquiétant du protestantisme. A Paris, les Jésuites s’installèrent en 1580, mais, quinze ans plus tard, ils furent obligés de quitter la France. Le roi Henri 4 les accusant d’avoir incité l’un de leurs élèves, Jean Chatel, à tenter de l’assassiner. Pour ce crime présumé, ils furent chassés du royaume. Quelques années plus tard, en 1606, l’affaire oubliée, Louis 13 les autorisa à revenir en France. Témoin de leur retour en grâce, de nouveaux bâtiments furent construits en bordure de la rue Saint-Antoine. Et c’est le roi Louis 13, lui même qui, en 1627, posa la première pierre de la nouvelle église. En 1641, il tint à assister en personne à la première messe célébrée dans l’édifice flambant neuf et placé, pour la circonstance, sous le patronage de saint Louis. Le frère Martellange, à la fois architecte et Jésuite, en fournit les plans, mais il fut remplacé alors que les travaux étaient loin d’être achevés. Son successeur, le père Derand, les termina en édifiant la coupole et la façade. Très vite, cette église, dite des grands jésuites, acquit une renommée considérable. Cette renommée : à quoi était-elle due ? Très certainement, il y avait le talent de ses orateurs qui, comme le célèbre Bourdaloue, attiraient à leurs prêches une foule considérable ; mais il y avait aussi la qualité des concerts de musique sacrée, souvent dirigés par Marc Antoine Charpentier ; enfin, la profusion de ses oeuvres d’art devait aussi renforcer cette réputation. En bref, tout cela en fit un des hauts lieux de la vie spirituelle parisienne. Mais cette prospérité fut de courte durée: une sombre affaire de détournement de fonds amena en 1762 le parlement de Paris à prononcer un nouvel arrêt d’expulsion des Jésuites. Leur domaine fut alors donné à la communauté voisine des religieux de Sainte-Catherine du val des écoliers. Saccagée à la Révolution, l’église devint finalement paroisse en 1802 sous le nom de Saint Paul-Saint Louis, vocation qu’elle a conservée jusqu’à aujourd’hui. En 1795, une école, ancêtre de l’actuel lycée Charlemagne, fut installée dans les bâtiments où résidaient à l’origine les Jésuites.

Monuments de Paris
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