Continuez à descendre la rue Saint-Paul en restant sur le trottoir de droite jusqu’à la rue Charlemagne, que nous allons emprunter. A l’origine simple chemin, cette rue est bordée à gauche par de vieilles maisons qui ont gardé leur aspect du 15e siècle. Un peu plus loin, une jolie fontaine de 1846 agrémente le trottoir de droite. Près de la fontaine, en traversant la rue pour être sur le trottoir de gauche, retournez-vous : vous pouvez de là apprécier les élégantes proportions de la coupole saint Paul-Saint-Louis qui domine les toits des immeubles environnants. Face à vous, vous verrez un vaste terrain de sport cerné par trois rues. Sur un seul côté, un pan de mur est bien dégagé. Il s’agit en fait d’un vestige de la plus vénérable enceinte de Paris, l’enceinte dite de Philippe-Auguste. Un bref rappel historique s’impose. Le roi Philippe-Auguste, partant pour la troisième croisade en 1389, décida, avant son départ, de mettre Paris à l’abri d’une éventuelle incursion de troupes ennemies, en l’occurrence anglaises. D’où la construction de cette enceinte, commencée en 1190 sur la rive droite, continuée vers 1200 et terminée en 1213. A l’ouest de Paris, la forteresse nouvellement édifiée du Louvre surveillait les abords de la capitale alors qu’à l’est , moins exposé, un simple rempart percé d’une poterne, marquait les limites de Paris. Ce rempart était constitué de deux murs de pierres taillées : le premier, à l’extérieur, était parfaitement vertical alors que le second, situé côté ville, était légèrement incliné. A neuf mètres au dessus du sol, le sommet formait un chemin de ronde dallé et crénelé. Cette enceinte perdit toute fonction défensive au 14ème siècle, c’est à dire au moment où la population parisienne de plus en plus nombreuse dut s’installer au delà de son périmètre. La nécessité de la construction d’un nouveau système défensif s’imposa alors. D’où l’enceinte dite de Charles 5, beaucoup plus longue qui, à la fin du 14e siècle, ceintura Paris du Louvre à la prison de la Bastille. De nouvelles maisons s’adossèrent à l’ancien rempart, c’est-à-dire à celui que vous observez maintenant. Leur destruction permit de le remettre à jour en plusieurs endroits et notamment ici. Juste à cet emplacement se situait une poterne, c’est-à-dire une porte monumentale protégée par deux tours latérales.

Monuments de Paris
Rares sont les villes à






