Maintenant, rendez-vous sous la coupole pour bien apprécier l’harmonie de ses proportions. Ensuite, dirigez-vous vers le bras gauche du transept, c’est à dire à gauche lorsque vous êtes dos à l’entrée de l’église. Dans ce bras gauche du transept, une inscription gravée sur une plaque de pierre rappelle le souvenir du fameux prédicateur Bourdaloue mentionné précédemment. Les dames de la cour se pressaient à ses sermons et, pour ne pas en perdre une miette, emportaient avec elles un récipient en faïence, baptisé ironiquement «Bourdaloue», dont elles se servaient pour éviter de s’absenter si elles ressentaient quelques besoins bien naturels. A côté, deux tableaux, accrochés à mi-hauteur, méritent de retenir quelques instants votre attention. Côté nef, une toile de Simon Vouet représente Saint Louis recevant la couronne d’épines des mains du Christ. Allons la voir. Elle fait partie des oeuvres d’art commandées par les Jésuites pour décorer cette église lors de sa construction. La chatoyance des couleurs et la théâtralité des attitudes traduisent une nouvelle fois le goût pour le baroque qui règne dans toute l’église. Quand nous aurons fini de la regarder, nous irons juste en face voir une toile de Delacroix.. Juste en face donc à même hauteur, se trouve le Christ au Mont des Oliviers peint en 1826 par Eugène Delacroix, qui est, rappelons-le, le peintre de quelques-uns des tableaux les plus célèbres du 19e siècle comme « La Liberté guidant le peuple » ou « la mort de Sardanapale ». Regardons bien les personnages : leurs sentiments se lisent sur leur visage. L’air mélancolique des anges et l’attitude pathétique de Jésus nous plongent directement dans l’univers du Romantisme fondé sur l’expression des sentiments et des émotions. Sur ce plan, la peinture de Delacroix répond à l’atmosphère des poèmes de Victor Hugo ou d’Alfred de Vigny. En dessous de ce tableau s’ouvre une chapelle dont l’autel est orné d’une étonnante statue en terre cuite de Marie. Elle date de 1586, période à laquelle l’église n’était pas encore construite. Elle provient de l’abbaye royale de Saint-Denis et en fut enlevée à la révolution. Après de nombreuses pérégrinations, elle fut finalement installée dans cette chapelle. La fluidité des draperies de Marie et le refus systématique de toute ligne droite rattachent cette oeuvre au style des artistes du château de Fontainebleau, construit sous le règne de Henri II. Nous sommes très éloignés des représentations de Marie de la fin du moyen-âge où les sculpteurs soulignaient souvent l’aspect longiligne du corps. Peut-être l’artiste a’il voulu ici donner à Marie une pesanteur toute terrestre, symbole de ses souffrances au moment de la mort de son fils. Revenez sur vos pas et avant de sortir de l’église, jetez un coup d’œil aux deux bénitiers. Même s’ils n’ont en apparence rien d’exceptionnel, ils méritent d’être mentionnés, car c’est Victor Hugo, qui résidait à proximité place des Vosges, qui les a offerts à la paroisse, peut-être pour se faire absoudre de ses infidélités conjugales!

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