Nous commençons notre découverte devant le parvis de la cathédrale au niveau de l’espace vert planté de gazon qui se nomme le Lustgarten, ou Jardin de la Cour
Mais tout d’abord, remarquons la régularité de l’ensemble. C’est un rectangle planté de pelouses et départagé en surfaces rectangulaires symétriques par des allées pavées. Au centre, nous pouvons voir bouillonner (sauf en hiver) les jets d’eau d’une fontaine moderne.
Au niveau de la cathédrale, le jardin est bordé d’arbres qui le séparent de l’église. En effet, nous avons d’un côté le domaine sacré constitué par la cathédrale et son parvis et de l’autre, le domaine royal qui commence avec le jardin. N’est-ce pas un endroit charmant qui contraste avec la majestueuse architecture de pierre ? Les pelouses vertes donnent un peu d’humanité et de fraîcheur à coté de la large avenue Unter den Linden chargée de tant d’histoire.
Le jardin fut autrefois le jardin du château royal qui s’élevait exactement en face, de l’autre côté de l’avenue Unter den Linden.
Regardons sur notre droite, c’est à dire en direction de l’avenue Unter den Linden.
Nous voyons un bâtiment rectangulaire de couleur rouille réalisé en béton et métal. Il ressemble plus exactement à une carcasse d’architecture car il est plus ou moins en ruine.
Mais rassurons nous ! ce monument est amené à disparaître car, en plus d’être laid, il est rempli d’amiante.!
Cela dit, nous vous en parlons car il est l’un des derniers vestiges du gouvernement de l’EX-RDA. Il s’agit de l’ancien palais de la République construit en 1976 sur ordre d’Erich Honecker. En face de lui, nous voyons un terrain vague avec, au fond à droite, un bâtiment en brique et pierre percé de hautes fenêtres : c’est l’ancien conseil d’état de la RDA. Ce que nous voyons est donc un exemple d’architecture des années 1970. C’est à l’emplacement du terrain et du palais de la République que s’élevait –autrefois- le château de la famille régnante des Hohenzollern.
Endommagé par les bombardements de la seconde guerre, il resta à l’état de coquille vide jusqu’en 1951. A cette date, le gouvernement communiste ordonna de le raser au lieu de le restaurer. Il ne pouvait pas supporter de voir à Berlin ce qu’il surnommait un « symbole de l’impérialisme militariste des Hohenzollern ».
Mais revenons au jardin situé devant la cathédrale en face de nous!
Il est facile de nous représenter que le jardin de la cour n’eut pas toujours l’aspect actuel. Permettons nous un petit retour dans le passé.
L’espace occupé par le jardin fut d’abord le potager du château royal. Puis le prince électeur Frédéric Guillaume le fit aménager au milieu du 17e siècle dans le goût hollandais avec sculptures, grottes, jets d’eau et sentiers. A cette époque, les Berlinois purent y voir, pour la première fois, des pommes de terre que l’épouse du souverain avait fait planter comme une nouveauté exotique.
En 1871, l’empereur Guillaume 1er fit élever une statue équestre de son père, le roi Frédéric Guillaume 3, dans l’axe central car il ne supportait pas la vue du musée. Sous Hitler, la sculpture fut retirée tandis que le jardin était pavé pour les parades du parti Nazi. De même que la RDA qui l’utilisa pour ces défilés militaires. Mais depuis la réunification, on n’y voit plus de parade militaire car elles sont interdites par la constitution allemande.
Au printemps 1998, le jardin fut donc restauré et retrouva sa perspective dégagée sur la colonnade du musée que nous apercevons au fond du jardin sur notre gauche.
Tournons nous désormais vers la façade de la cathédrale dominée par son imposante coupole.
Nous sommes devant la façade de l’entrée principale de la cathédrale.
Vous êtes sûrement frappé par le gigantisme de cet édifice et par son imposante façade rappelant une basilique italienne. Le commanditaire, l’empereur Guillaume 2, désirait que Berlin possède une église protestante qui fasse pendant à la basilique Saint-Pierre de Rome.
Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit de la plus importante église luthérienne d’Europe. Le terme de cathédrale ne doit pas vous surprendre car l’église luthérienne possède également une hiérarchie ecclésiastique. S’il n’y a pas de cardinaux, en revanche, nous y trouvons des évêques. Et la cathédrale en question est le siège principal de l’église protestante prussienne.
Et maintenant, étudions plus en détail son style et sa structure!
Tout d’abord : quel est le style ?. En fait, nous retrouvons mêlés les caractéristiques architecturales de la Renaissance: des colonnes monumentales, de grandes fenêtres, un porche imposant en forme d’arc de triomphe, ainsi qu’une coupole centrale et deux tours à dôme. De part et d’autre de ce porche, nous observons une symétrie parfaite des éléments, ce qui est typique du style Renaissance. Il semble que l’architecte ait simplement collé les éléments essentiels de la Renaissance italienne sur une monumentale structure prussienne de la fin du 19e siècle. Le souhait de l’empereur Guillaume 2 était de posséder une église luthérienne pouvant rappeler Saint Pierre de Rome et glorifier la foi protestante comme le Vatican glorifie le catholicisme.
Et maintenant, penchons nous sur la structure du bâtiment. Il est constitué de trois niveaux superposés que nous allons suivre du regard.
Tout d’abord, en regardant cette façade, la première chose qui saute aux yeux est bien sûr l’imposant dôme qui s’élève au dessus du bâtiment et semble recouvrir une grande partie de l’espace. En plus, avec les 4 tours d’angle qui encadre le bâtiment, pour notre part, il nous ferait presque penser à une araignée ! vous savez la mygale, avec sa grosse tête qui domine au milieu de ces pattes.
De façon plus élégante, reconnaissons que le bâtiment est très carré et très massif. Et on voit des pilastres corinthiens –c’est à dire décorés de petites feuilles d’acanthe- qui couvrent les deux étages et semblent les fusionner pour n’en faire qu’un. Cela renforce encore le caractère massif. D’ailleurs, la cathédrale fut critiquée dès sa construction pour son peu de délicatesse et son aspect massif démuni de légèreté.
Cela dit, pour l’excuser, mentionnons, qu’en réalité, ce bâtiment est aujourd’hui incomplet. Il lui manque un ensemble de chapelles qui se situait sur la gauche et formait une aile visible de l’extérieur. Il s’agissait d’un sanctuaire mémorial à la gloire de membres importants de l’ancienne famille régnante des Hohenzollern. Naturellement, le gouvernement de la RDA ne voulait pas conserver, pour des raisons politiques évidentes, ce lieu qui fut rasé en 1976. En revanche après nombreuses discutions entre historiens, architectes et autorités, la restauration du reste de la cathédrale fut entreprise et achevée en 1983. L’intérieur fut réalisé entre 1984 et 1994.







