Regardons de nouveau en direction de l’orgue et rendons nous dessous pour admirer les tombeaux que nous y voyons : 2 dorés et un en marbre blanc.
Comme nous l’avons déjà indiqué, la cathédrale de Berlin est le lieu de sépulture des membres de la famille Hohenzollern.
Regardons d’abord les deux tombeaux dorés.
Ce sont ceux du Grand Electeur Frédéric Guillaume et de sa seconde épouse Dorothée de Holstein –Glücksburg. Ils sont en zinc argenté et doré. Avec leur lourd décor de feuilles d’acanthe et d’enfants, ils sont représentatifs de la fin du 17e siècle.
Sur le flanc du tombeau de l’électeur, nous pouvons voir une frégate qui fait allusion à une entreprise prussienne en direction de la Nouvelle Guinée.
Le prince électeur Frédéric Guillaume reçut le surnom de « grand électeur » après une victoire obtenue sur les Suédois pendant la guerre de Trente ans. Mais il eut surtout l’ingénieuse idée de promulguer, en 1688, l’Edit de Potsdam en réaction à la Révocation de l’Edit de Nantes par Louis 14. Et alors que la France chassait les protestants, la Prusse ouvrait grande ses portes pour les recevoir. Ainsi, 500 000 protestants arrivèrent à Berlin et amenèrent avec eux la technologie française qui manquait à la Prusse. Par la suite, ils fondèrent de nombreuses manufactures et, au 17ème siècle, pas moins d’un tiers de la population berlinoise ne parlait que le français.
Regardons maintenant le tombeau de marbre
Il s’agit du mausolée de l’empereur Frédéric 3, mort en 1888, qui fut sculpté par Reinhold Begas, important artiste berlinois du 19e siècle.
Le personnage est vêtu d’un uniforme militaire du 19e siècle.
Le tombeau fut ramené de Potsdam par l’empereur Guillaume 2 qui souhaitait particulièrement honorer la mémoire de son père, Frédéric 3, qui n’avait régné que 99 jours. Frédéric 3 était libéral et entretenait de bons rapports avec l’Angleterre et la France. Certains historiens laissent entendre qu’il aurait pu empêcher la première Guerre Mondiale s’il avait vécu plus longtemps. Il était marié avec l’impératrice Victoria, fille de la reine Victoria d’Angleterre.
Son fils, Guillaume 2, avait une très mauvaise relation avec sa mère. La naissance de Guillaume 2 en 1859 fut particulièrement douloureuse. L’enfant resta un moment paralysé et il en garda toujours des séquelles. Le bras droit de l’empereur fut atrophié et presque inutilisable. Sa mère semble avoir toujours regardé ce défaut avec une certaine répulsion et fut très dure avec son fils. Elle lui montra très peu de tendresse maternelle, ce dont Guillaume souffrit pendant longtemps. Victoria préférait de beaucoup son second fils, Henri, né en 1862.
Victoria avait en plus une fâcheuse tendance à mettre sa terre d’origine, l’Angleterre, sur un piédestal et à sans cesse la comparer –en mieux- à l’Allemagne.
Une citation de Bismarck est révélatrice à ce sujet :
«Chez l’impératrice tout est anglais, comme le tea time at five o’clock. Mais regardez notre empereur Frédéric avec sa barbe rousse. Nous pouvons seulement dire devant ce gaillard : Made in Germany ».







