A quelques pas de distance de l’Arc de Germanicus, le musée archéologique de Saintes abrite une remarquable collection lapidaire, dont la majeur partie des pièces sont issues de fouilles ayant eu lieu au début du XIXe après la démolition des anciens remparts de la ville. Ces pièces d’exception furent longtemps gardées à l’abri puis exposées dans ce musée à partir de 1933. On parcourt ainsi dans le « musée des Pierres » installé dans les anciens abattoirs : un festival de vieilles pierres sculptées, qui composaient en leur temps l’architecture des édifices de Mediolanum (l’antique Saintes gallo-romaine), publics et funéraires : inscriptions, sculptures, statuaires, bas et hauts-reliefs, colonnes, tombeaux… témoignent d’un important atelier de sculpture actif à Mediolanum dès le Ier siècle de notre ère. Une exposition permanente est consacrée quant à elle plus particulièrement à la vie quotidienne à l’époque gallo-romaine : objets d’artisanat, vaisselle, vêtements et parures issues des fouilles effectuées à différents moments à Saintes illustrent les six thèmes principaux abordés par durant le parcours, comprenant les rites, les jeux, l’alimentation, la maison… Des visites guidées sont possible par le biais de l’Office du tourisme (renseignement : +33546742382).
Le musée archéologique de Saintes : mémoire sculptée de Mediolanum
À deux pas de l’Arc de Germanicus, dans l’un des quartiers les plus riches en vestiges gallo-romains de la ville, le musée archéologique de Saintes invite à une immersion dans l’histoire antique de Mediolanum Santonum, capitale des Santons et grande cité de la Gaule romaine. Ce musée discret, surnommé le “musée des Pierres”, constitue l’un des ensembles lapidaires les plus importants de Nouvelle-Aquitaine, avec une collection impressionnante de sculptures, fragments architecturaux et objets du quotidien.
Un musée né de la redécouverte des pierres
La collection du musée trouve son origine au début du XIXe siècle, lorsque la ville de Saintes décide de démolir ses remparts médiévaux pour s’ouvrir et s’agrandir. À cette occasion, de nombreuses pierres gallo-romaines réemployées dans les murailles — bas-reliefs, blocs inscrits, stèles funéraires — sont extraites et mises de côté par des érudits locaux conscients de leur valeur patrimoniale.
Pendant plus d’un siècle, ces vestiges sont stockés à l’abri, jusqu’à ce qu’en 1933, la ville les installe dans un lieu original : les anciens abattoirs municipaux, un bâtiment du XIXe siècle réaménagé pour accueillir cette collection atypique. Ce choix architectural confère au musée une atmosphère sobre et industrielle, qui met en valeur la matière brute de la pierre.
Une collection lapidaire exceptionnelle
Le cœur du musée est constitué d’une collection lapidaire d’une rare richesse, issue pour l’essentiel de la ville antique de Mediolanum. On y découvre des :
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colonnes cannelées et chapiteaux corinthiens provenant d’anciens temples ou édifices civils,
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autels votifs, inscriptions funéraires, blocs épigraphiques,
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fragments de mausolées et sarcophages sculptés,
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statues et bustes, dont certains attribués à des divinités romaines locales ou à des notables de la cité.
La diversité stylistique et la qualité d’exécution témoignent de l’existence, dès le Ier siècle de notre ère, d’un important atelier de sculpture à Saintes, actif durant toute la période impériale. Les éléments exposés évoquent autant la vie publique et religieuse de la cité que la commémoration individuelle et familiale.
Le parcours, en grande partie en plein air ou sous des verrières, permet d’admirer ces œuvres dans une lumière naturelle, au plus proche de leur matérialité originelle. L’ensemble compose une véritable promenade archéologique, où l’on lit dans la pierre l’évolution d’une cité romaine de premier plan.
Une exposition permanente sur la vie gallo-romaine
En complément du parcours lapidaire, le musée présente dans un espace dédié une exposition permanente sur la vie quotidienne à l’époque gallo-romaine, structurée autour de six thématiques accessibles et pédagogiques :
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Les rites religieux, avec des objets votifs, figurines et amulettes,
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La maison, illustrée par des fragments de mosaïque, ustensiles, clés et lampes à huile,
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L’alimentation, via des vases de stockage, des mortiers, des amphores,
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L’artisanat, avec des outils, moules et objets manufacturés,
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Les jeux et loisirs, dont des dés, toupies et jetons,
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Le vêtement et les parures, présentés à travers fibules, épingles, perles et éléments de toilette.
Ces objets, issus de fouilles menées à différentes époques dans la ville, permettent de mieux comprendre la vie intime et matérielle des habitants de Mediolanum, bien au-delà des grandes constructions publiques.
Une visite adaptée à tous les publics
Le musée offre plusieurs niveaux de lecture, appréciés aussi bien par les passionnés d’archéologie que par les visiteurs curieux. Des cartels clairs, parfois enrichis d’illustrations ou de reconstitutions, facilitent la compréhension. L’accueil est convivial, et des visites guidées sont proposées via l’Office de Tourisme de Saintes (+33 5 46 74 23 82) pour découvrir le site sous un angle expert.
En été, des parcours thématiques sont parfois organisés en lien avec d’autres monuments antiques de la ville, comme l’amphithéâtre, l’abbaye aux Dames ou l’Arc de Germanicus, pour replacer les pièces dans leur contexte urbain d’origine.
Conseils pratiques pour votre visite
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Localisation : à 5 minutes à pied de l’Arc de Germanicus, dans un quartier agréable en bord de Charente.
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Horaires : ouverts généralement du mardi au samedi, fermés les jours fériés. Consultez les horaires selon la saison.
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Tarifs : entrée à tarif modeste, gratuit pour les moins de 18 ans et les étudiants de l’UE.
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Durée conseillée : comptez environ 1h pour la visite libre, davantage avec guide.
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Accessibilité : site partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite.
Une étape archéologique incontournable en Charente
Le musée archéologique de Saintes est l’un des témoins les plus tangibles de la grandeur passée de Mediolanum Santonum. En parcourant ses galeries silencieuses et ses cours à ciel ouvert, on sent résonner l’écho des tailleurs de pierre, des artisans, des magistrats et des citoyens d’une ville gallo-romaine prospère.
C’est une halte culturelle et contemplative, idéale à combiner avec les autres sites antiques de Saintes, pour saisir la richesse patrimoniale de cette cité trop souvent éclipsée par ses voisines. Un musée de matière et de mémoire, à découvrir dans le calme, en écoutant ce que les pierres ont à dire.
