Et maintenant, nous vous proposons de retourner sur la place centrale du village. Nous allons parler du nombre important de moulins qu’il y avait autrefois au bord de la Sorgue. Depuis que nous marchons sur le chemin de la fontaine, nous longeons la Sorgue. C’est la rivière qui sort de la fontaine : sa limpidité, sa couleur verte, l’excellente qualité des eaux et leur température constante de 13° confèrent à la sorgue un caractère exceptionnel. C’est aussi la plus régulière des petites rivières du département. Et cette régularité lui a valu de voir s’installer sur le long de son cours des moulins dont on aperçoit encore aujourd’hui quelques roues à aubes. Il en existait plus de 200 à la fin du 19e siècle. Moulins à huile, à fouler le drap, à tanner le cuir, animant des martinets pour battre les métaux, ou bien encore fournissant la force motrice aux métiers à tisser. Il y avait des moulins à blé, des moulins à garance, et des moulins à papier. Toute sorte de moulins, donc. Cela a permis l’aménagement de petites chutes dans lesquelles des roues à aube, ont été installées. Les moulins à garance servaient à broyer les racines de cette plante connue et exploitée pour donner une couleur rouge garance. C’était la couleur du pantalon des officiers de l’armée française jusqu’à la 1re guerre mondiale. Évidemment, les Allemands les repéraient bien et les tiraient comme au ball-trap. Et il fallut attendre la deuxième année de la guerre 14-18 pour que les officiers français changent pour des uniformes moins voyants.

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