L’existence d’Empuriès remonte à loin, puisque ce sont les Grecs qui fondèrent ici un comptoir commercial dès le VIe siècle avant J.C. : d’où ce nom d’Empuries, découlant du grec Emporion, ”marché”. Le morphologie du site d’Empuries rappelle une succession en trois étapes distinctives de peuplement durant la période antique : la moins visible et la plus ancienne conserverait la plupart de ses vestiges enfouis sous Sant Marti d’Empuries, le petit village voisin du site. C’est ici que les premiers fondateurs, des Phocéens, s’installèrent. Vient ensuite Néapolis, la ville nouvelle (-546 quand même), qui s’épanouit par un afflux de population grecque. L’essor d’Empuries en font un port d’importance en Méditerranée occidentale. Ce qui n’échappera pas aux Romains, qui s’emparent de la cité au IIIe siècle avant J.C. : ils s’attachent dès lors à développer Emporiae (son nom romain), agrandissant la ville, la fortifiant. Si l’Antiquité fut une période prospère pour Empuriès, la suite le fut beaucoup moins, et la ville disparut de la carte à partir du IIIe siècle.Les pêcheurs de l’Escala ne viendront s’établir qu’au XVIIe siècle. Empuriès ne sera redécouvert qu’à partir de 1908, lorsque les fouilles du site débutent.
Empúries : cité antique aux trois visages, entre mer, colonisation grecque et empire romain
Empúries, joyau archéologique de la Costa Brava, est l’un des seuls sites d’Espagne où se superposent une colonie grecque et une ville romaine dans une configuration lisible. Fondée il y a plus de 2 500 ans, cette cité antique, dont le nom vient du grec Emporion signifiant « marché », conserve encore aujourd’hui un front de mer quasi intact, des mosaïques étonnamment bien conservées, et une trame urbaine qui raconte l’évolution politique et culturelle du monde méditerranéen entre le VIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle après. À ciel ouvert et baignée par la mer, Empúries n’est pas un simple champ de ruines, mais une leçon de civilisation à taille humaine, dans un cadre naturel sublime.
Une fondation phocéenne discrète mais essentielle
L’histoire d’Empúries commence au VIe siècle avant J.-C., lorsque des colons venus de Phocée, en Asie Mineure (l’actuelle Foça, en Turquie), établissent un premier comptoir sur un petit îlot aujourd’hui intégré au littoral, à l’emplacement de l’actuel village de Sant Martí d’Empúries.
Ce premier noyau, très peu fouillé à ce jour, correspond à Palaia Polis (la ville ancienne). Elle reste en grande partie enfouie sous les maisons médiévales du village, mais on y devine encore, dans le plan urbain et les fondations, les bases de l’installation grecque primitive. Ce site est fondamental car il marque l’un des tout premiers établissements grecs permanents sur la façade ibérique.
Néapolis : une ville grecque tournée vers le commerce
Rapidement, les colons s’étendent plus au sud et fondent Néapolis, la « ville nouvelle », probablement autour de -550 avant J.-C. Cette seconde ville est mieux conservée et partiellement fouillée sur le site actuel d’Empúries.
Ce que l’on y découvre :
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Un tracé urbain orthogonal, typique de la tradition grecque classique
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Les fondations de maisons commerçantes, ateliers et entrepôts
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Des vestiges de temples et sanctuaires, dont celui d’Asclépios, dieu de la médecine, dont la célèbre statue (2,2 m de haut, en marbre de Paros) est exposée au musée du site
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Un rempart hellénistique bien conservé, protégeant la cité
Néapolis devient un port d’escale majeur sur les routes commerciales entre Marseille, Carthage et la Bétique, diffusant vin, huile, poterie grecque et influençant durablement les sociétés ibères voisines, notamment à travers l’écriture et la religion.
Emporiae : la ville romaine, outil de conquête et de romanisation
L’irruption de Rome dans l’histoire d’Empúries se produit en -218 avant J.-C., lorsqu’une flotte romaine débarque à Emporion pour débuter la Seconde Guerre punique contre Hannibal. Le site devient alors une tête de pont stratégique pour la conquête de l’Hispanie.
Rome ne se contente pas d’utiliser le port grec : elle y construit, à l’est, sa propre ville, nommée Emporiae. Ce nouveau noyau urbain se développe sur un schéma classique, selon les principes du cardo (axe nord-sud) et du decumanus (axe est-ouest).
Ce que l’on y voit encore aujourd’hui :
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Le forum, centre civique et religieux, entouré de portiques
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Une basilique civile, lieu d’administration
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Une curie, salle de réunion du Sénat local
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Des thermes publics, avec hypocaustes
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De nombreuses mosaïques de sols dans les maisons patriciennes, notamment celle de la Domus des mosaïques (scènes géométriques et mythologiques)
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Des égouts et conduites d’eau encore visibles
Emporiae devient rapidement un symbole de la romanisation de la Catalogne, cohabitant pendant deux siècles avec la ville grecque.
Déclin et oubli : une ville abandonnée pendant plus d’un millénaire
À partir du IIIe siècle après J.-C., la cité d’Empúries décline. Elle subit probablement :
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Des attaques de pirates, devenues fréquentes sur la côte
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Le retrait de l’administration romaine, lié à l’effondrement de l’empire
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Un ensablement progressif du port, rendant l’accès maritime difficile
Elle est progressivement abandonnée, puis recouverte de dunes. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que des pêcheurs venus de l’Escala s’installent dans les environs.
Redécouverte archéologique au XXe siècle
C’est en 1908 que commencent les fouilles archéologiques, à l’initiative de l’Institut d’Estudis Catalans. Depuis, des campagnes régulières ont permis de mettre au jour environ 25 % du site, le reste demeurant sous les terres ou les constructions modernes.
La visite actuelle est facilitée par :
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Des parcours balisés et panneaux explicatifs
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Un musée in situ, présentant objets grecs, romains et ibères (statuettes, monnaies, amphores, bijoux)
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Une connexion directe avec le littoral, ce qui permet d’imaginer le port antique dans sa configuration d’origine
L’ensemble du site, face à la mer et bordé de pinèdes, offre une ambiance propice à la contemplation, sans être écrasé par le tourisme de masse.
Informations pratiques
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Adresse : C/ Puig i Cadafalch s/n, 17130 L’Escala (Catalogne)
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Accès :
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Depuis Figueres ou Gérone en voiture (parking sur place)
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À pied depuis Sant Martí d’Empúries (15 minutes via le sentier côtier)
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Horaires : toute l’année (fermés les lundis hors saison)
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Tarifs : environ 6 € (réduction pour étudiants et familles)
Conseils de visite
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Préférez le matin ou la fin de journée, surtout en été, pour éviter la chaleur sur le site exposé
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Apportez de bonnes chaussures, l’itinéraire se fait à pied sur terrain irrégulier
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Combinez avec une visite de Sant Martí d’Empúries pour prolonger l’expérience grecque
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Une application mobile propose une visite augmentée du site avec reconstitutions 3D
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À proximité, profitez des plages sauvages de L’Escala ou d’un repas de poisson grillé au port