Arles

Le style du portail

Bien ! Et le style maintenant? Il est à la fois naïf et populaire, par exemple dans les brebis, ou dans le sommeil des mages, et même dans le cortège des damnés, avec ses petites flammes. Et en même temps, il peut-être sévère et d’une grandeur figée, dans l’air farouche des saints et dans le Christ-Juge. Le mot hiératique, souvent utilisé pour l’art égyptien, conviendrait assez bien. Ces 2 caractéristiques naïves et hiératiques font que c’est un portail roman, et pas du tout gothique, malgré sa date tardive. Mais, est-ce que ce style roman a au moins une caractéristique, par rapport à celui d’autres régions, ou d’autres villes ? Oui, sans aucun doute, une caractéristique commune avec le portail de[…]

Résumé du portail d’Arles

Donc, nous le voyons, le portail d’Arles était, bien sûr, une grande bande dessinée sculptée, conçue pour transmettre un message moral aux fidèles, au besoin en les effrayant un peu avec les flammes de l’enfer. Mais pourtant, l’écriture venait compléter l’image, alors même que la majorité des fidèles ne savait pas lire. Et on trouve plusieurs niveaux de signification, depuis le simple récit, à prendre au pied de la lettre, jusqu’à la pensée théologique exposée sur le parchemin de St Paul. Que faut-il en conclure ? Et bien que le portail a été conçu comme un discours destiné à des « publics » différents, sachant ou ne sachant pas lire, naïf ou érudit.

Les grands personnages

Sinon, prenons maintenant un peu de recul pour regarder les grands personnages tournés vers la place ou situés dans l’ébrasement du portail. Et commençons par le côté gauche. Voyez ces personnages en pied : ils sont représentés de face et tiennent pour la plupart un livre. Tous ont la tête entourée d’une auréole : ce sont donc des saints, leur nom figure sur le livre ou le parchemin qu’ils tiennent. Il s’agit, de gauche à droite, de Saint Barthélemy, puis de Saint Jacques le Mineur, puis dans le décrochement, d’un saint évêque, reconnaissable à sa mitre et à sa crosse d’évêque : Saint-Trophime, le 1er évêque d’Arles. Puis, dans l’ébrasement, et toujours du côté gauche, d’un personnage imberbe et plus

Les bas reliefs de la frise

Voyons maintenant les bas reliefs situés juste au dessous de la frise des élus et des damnés. Ces bas-reliefs sont plus petits, et sont moins visibles du côté de la place, car ils sont en partie cachés par les chapiteaux des colonnettes. Ils déroulent une histoire que tous les fidèles reconnaissaient sans peine. Pourtant, l’ordre du récit n’est pas évident. Regardez maintenant le montant gauche de la porte. Vous voyez une sorte de pilier cannelé. Et bien, c’est sur son chapiteau que commence l’histoire : Et il s’agit, bien sûr, de l’Annonciation où Marie apprend qu’elle enfantera Jésus. Ensuite sur le montant droit de la porte, c’est la Nativité, avec sur la face intérieure du chapiteau le bain donné à

La frise sculptée

Maintenant, venons-en au fait : c’est le Jugement Dernier, qui est représenté sur ce portail, et plus précisément la séparation des élus et des damnés, à la fin des temps, après qu’ils aient ressuscités afin de comparaître devant leur Juge. Curieusement, il manque 1 chose que l’on s’attendrait à voir représentée, et qui l’a souvent été, sur des portails romans, et surtout gothiques : la résurrection elle-même, avec des petits personnages sortant de leur tombe. Ici, on passe directement à l’étape suivante : la séparation des élus et des damnés. Eh bien, voyons comment. Commençons juste à droite de la porte. Et regardons la frise sculptée qui se déroule alors de gauche à droite dans le prolongement des 12 apôtres:

L’église Saint Trophime

Approchons-nous maintenant de l’église Saint Trophime, et regardons sa façade et son portail sculpté. L’église Saint-Trophime, est en fait l’ancienne cathédrale d’Arles. Et même l’ancienne Primatiale des Gaules, car ce rang honorifique de capitale religieuse des Gaules, avait échappé à Lyon au profit d’Arles en 417, mais pour un court temps seulement. L’église a été reconstruite entre 1078 et 1152 et appartient donc à la période de l’art roman, le 11e et le 12e siècle. Mais le portail sculpté est un peu plus tardif: il date de la 2e moitié du 12e : ce qui en fait un exemple remarquable de portail roman tout à fait contemporain de certains portails de cathédrales gothiques. Alors voilà, première impression : ce portail

Le grand obélisque de pierre

Voyons maintenant sur cette place les marques de cette histoire. Et tournons-nous tout d’abord vers l’obélisque. Ce grand obélisque de pierre, sans hiéroglyphes, et beaucoup plus aiguë, plus effilé, que celui de la place de la Concorde a été installé devant l’hôtel de ville d’Arles en 1676. L’idée était alors d’en faire un monument à la gloire de Louis 14. Il s’agit en fait de l’aiguille de pierre qui se trouvait à l’origine sur la spina du cirque romain. La spina (épine, en latin) est le mur qui partageait par le milieu, dans le sens de la longueur, la piste des cirques romains, et autour duquel tournaient les chars, lors des courses. Souvenons-nous de Ben Ur! Le cirque d’Arles se

Histoire d’Arles

Nous sommes sur la place, et face à l’Hôtel de Ville. Tournons-nous sur la droite. Nous voyons le reste de la place avec, au milieu sur notre droite, une fontaine, surmontée d’un obélisque, et en face de nous, de l’autre côté de la place, la façade et le portail roman de l’église Saint-Trophime. Cette place à échelle humaine et tranquille à la fois nous présente, à travers ses monuments, un raccourci assez vertigineux de l’histoire d’Arles. L’Antiquité est au milieu, avec l’obélisque, et également en sous-sol avec les galeries souterraines du forum, qui passent sous l’Hôtel de Ville. Alors, avant d’en venir aux monuments, résumons l’histoire d’Arles en 2/3 minutes. Tout d’abord, rappelons-le, Arles est située au bord du Rhône,

Découverte d’Arles : introduction

Et maintenant, qu’allons-nous découvrir ? Peu de villes françaises peuvent se vanter d’avoir été, comme Arles, le lieu de séjour de quelques empereurs romains, et plus tard, à la fin de l’époque Carolingienne, la capitale d’un royaume. L’importance qu’a pu avoir Arles, à plusieurs moments de son histoire explique le nombre, et la qualité de ses monuments, qui en font sans aucun doute une des plus belles villes d’art du sud de la France. Eh bien, c’est à travers le charme de ses rues et de ses places, et au fil de ses monuments remarquables, et d’une étonnante diversité, que nous allons découvrir l’histoire d’Arles. Nous y trouverons l’Arles antique, avec ses célèbres arènes, mais aussi son théâtre, ses thermes,

Place du forum

La place du Forum à Arles est l’un des lieux les plus emblématiques et vivants de cette ville au riche passé historique. Située en plein cœur du centre-ville, elle doit son nom à l’ancien forum romain, qui se trouvait autrefois sur ce site. Aujourd’hui, la place est un mélange fascinant de vestiges antiques et d’éléments modernes, où le charme provençal se mêle à l’histoire millénaire d’Arles. Bordée de cafés animés, de terrasses ombragées et de bâtiments historiques, c’est un lieu incontournable pour découvrir l’essence de la ville. Une place au cœur de l’histoire antique L’ancien forum romain La place du Forum se trouve à l’emplacement de ce qui était autrefois le centre névralgique de la cité romaine d’Arelate. Fondé au

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