A la fin du 16e siècle, TSUKIJI fut une zone spécialement réclamée au grand shogun TOKUGAWA IEYASU (Tokougawa Iyeyasou) par les pêcheurs d’Edo qui est l’ancien nom de Tokyo. La zone actuelle en bord de mer se prêtait bien à l’installation d’une nouvelle halle à poissons mais elle ne fut pas retenue tout de suite, car ce quartier portuaire pâtissait d’une fâcheuse réputation. Après la restauration de l’ère MEIJI (1868-1912), le quartier devint le point d’ancrage des étrangers à Tokyo et aussi le paradis des maisons closes. Les étrangers étaient étroitement surveillés et cantonnés à certains quartiers. Puis le quartier fut investi par la marine nipponne. En 1923, le grand séisme fut l’occasion de faire table rase du vieux marché aux poissons situé près de NIHOMBASHI –où se trouve le grand pont actuellement en haut de l’avenue Ginza-. On décida alors de le reconstruire à TSUKIJI : le nouveau marché ouvert en 1935. Les années 50 et 60 apportèrent un nouveau souffle au marché avec des prises et des volumes de plus en plus importants qui suivaient le fort développement économique du pays. Bon nombre d’employés étaient alors fréquemment gratifiés par des dons en poisson. Mais cette pratique devint une source de litiges et de rixes. La police, amenée à intervenir de plus en plus souvent, se retrouva installée dans des locaux au sein du marché et les boissons alcoolisées y furent interdites. Les années 70, 80 et 90 furent marquées par une grande prospérité, mais au tournant du 21e siècle, les sociétés de pêches s’accordent pour dire que les réserves de thon rouge diminuent dans les eaux maritimes nipponnes. L’ambiance aussi a changé : quelques années auparavant, des vétérans derrière leurs étals invitaient les touristes à venir découper les filets, le long couteau-scie entre les mains, l’Occidental était contraint de goûter une lamelle de thon à peine trempée dans la sauce de soja SHOYU (Choyou). Certains stands affichaient fièrement les photos des Présidents et des Princes de ce Monde venus en voyage diplomatique, pour lesquels la visite à TSUKIJI était incontournable. La jeune génération n’accorde plus d’intérêt à ce folklore.

Tokyo
Tokyo regorge de monuments surprenants