Continuez et passez sous la voûte qui enjambe la rue devant vous. Nous arrivons à la porte de Savoie. Le passage sous la voûte, que nous venons de prendre, était une des portes d’accès à la ville et vous comprenez pourquoi l’hôtellerie des pèlerins de St jacques se trouvait là, juste à l’entrée du village bien a l’abri derrière les remparts. De ces remparts, il ne reste hélas plus rien et des maisons ont été construites sur son emplacement. Cette porte était fortifiée : regardez dans l’arcade. Vous pouvez apercevoir des rainures creusées dans la pierre, traces de la herse qui bloquait l’entrée pendant les périodes d’insécurité. Ces remparts et portes fortifiées étaient toujours d’usage au moment des guerres de religion et ont permis aux seigneurs de Gordes de repousser les troupes des protestants très nombreux dans la région. Mais revenons à ce nom de porte de Savoie : il rappelle le nom de Béatrix de Savoie, comtesse de Forcalquier, qui n’accepta jamais la suzeraineté du roi de France sur ses états. Car n’oublions pas que, depuis 1032, la Provence à l’est du Rhône était province d’Empire. Et puis, Charles d’Anjou, le frère de Saint-Louis, épousera la fille de Beatrix et héritera de la Provence. Pendant 2 siècles, elle restera aux mains des Anjou qui la légueront à Louis 11 en 1481. Passons la porte donc : elle débouche sur une minuscule placette qui offre un superbe point de vue sur toute la campagne environnante et nous fait découvrir la vallée qui s’étend jusqu’aux montagnes du Luberon. Sinon, continuez à descendre la rue de la porte de Savoie sur quelques mètres. Au bout de la rue, prenez la ruelle qui remonte à gauche. Nous prenons la rue à gauche qui est ici la rue de l’église. Mais auparavant, regardez la jolie porte en face de la rue de la porte de Savoie. Elle date du 17e. Remarquez surtout le mascaron qui est au milieu de l’arc de la porte. On appelle ce genre de décor du milieu de l’arc : une agrafe. Regardez au-dessus de la porte maintenant : un peu à la manière des bâtiments antiques, elle est surmontée d’une frise sculptée de motifs géométriques. Dans ce pays, on utilise beaucoup de motifs décoratifs directement inspirés de l’art antique dont les artistes avaient de nombreux vestiges sous les yeux. On remarque aussi la très belle porte en bois sculpté dont les marteaux de bronze reprennent la forme de l’agrafe. Nous continuons en prenant à gauche et remontons cette autre calade, qui est la rue de l’église. Mais le panneau n’est pas visible. Au bout de la rue, prenez à droite la rue du belvédère et descendez en direction du point de vue et des caves St firmin. Elles appartiennent au palais du même nom dont l’entrée se trouve rue du Four. Lui ne se visite pas. L’entrée des caves St Firmin se trouve pratiquement au débouché de la rue de l’église sur la rue du Belvédère, sur votre droite quand vous descendez. Elles se visitent en saison et l’entrée est payante. Que pourrez-vous y voir ?: elles comportent des salles creusées dans la roc de la falaise, des citernes souterraines qui recevaient les eaux de pluie drainées à la surface dans les cours du palais, des escaliers souterrains et même un moulin à huile. Elles furent constamment utilisées au cours des siècles. Arrêtez-vous au point de vue et, là encore, prenez tout votre temps pour en profiter.

Provence Alpes Côte d’Azur
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