Juste après l’église des propylées, à droite du cardo maximus, se dresse une mosquée omeyyade, la seule connue à Jérash. Regardez, c’est elle derrière ces quatre colonnes corinthiennes toujours debout ! Elle fut construite au VIIème ou VIIIème siècle, on ne sait pas exactement, mais ce qui est sûr, c’est que ce sont les pierres de l’atrium d’une maison romaine qui se trouvait là qui ont servi à sa construction.
La mosquée omeyyade de Jérash : un témoin rare de l’Islam primitif en Jordanie
Dans le dédale des ruines antiques de Jérash, où l’héritage gréco-romain est omniprésent, un édifice discret mais fascinant attire l’attention des visiteurs : la mosquée omeyyade, la seule mosquée connue de la cité antique. Située à droite du cardo maximus, juste après l’église des Propylées, elle s’inscrit dans une période charnière où Jérash, sous domination musulmane, commence à s’adapter aux nouveaux codes architecturaux et culturels.
Une mosquée bâtie sur les vestiges romains
Construite au VIIe ou VIIIe siècle, cette mosquée se distingue par son architecture atypique, fruit de la réutilisation de matériaux antiques. Les Omeyyades, dynastie qui régna sur le monde islamique entre 661 et 750, avaient pour habitude d’intégrer des éléments romains et byzantins dans leurs constructions.
Ici, les pierres utilisées proviennent de l’atrium d’une ancienne maison romaine, signe du passage progressif de Jérash d’une cité antique païenne puis chrétienne à une ville sous influence musulmane. Derrière quatre colonnes corinthiennes encore debout, les fondations de la mosquée révèlent des traces de son plan d’origine, avec une salle de prière relativement modeste, un mihrab (niche indiquant la direction de La Mecque) et peut-être un petit minaret, aujourd’hui disparu.
Un témoignage de la transition entre deux civilisations
La présence de cette mosquée dans une ville où l’empreinte romaine est omniprésente illustre la cohabitation et la superposition des cultures. À l’époque omeyyade, Jérash connaît un déclin progressif, mais reste un centre important, notamment pour le commerce. L’édifice témoigne de cette adaptation des infrastructures existantes aux nouveaux besoins religieux et sociaux.
Bien que peu de détails subsistent, la structure de la mosquée laisse entrevoir les caractéristiques de l’architecture islamique primitive, qui s’inspirait encore fortement des influences byzantines et gréco-romaines. Les Omeyyades, grands bâtisseurs de l’histoire islamique, sont d’ailleurs connus pour des réalisations spectaculaires comme la Grande Mosquée des Omeyyades à Damas ou le Dôme du Rocher à Jérusalem.
Un site discret mais fascinant à observer
Lors de votre visite, prenez le temps d’observer :
- Les colonnes corinthiennes, vestiges de l’époque romaine, qui contrastent avec la sobriété de la mosquée.
- Les pierres sculptées réutilisées, qui portent parfois encore des inscriptions antiques ou des motifs décoratifs.
- Le mihrab et les traces de la salle de prière, qui rappellent la fonction initiale du lieu.
Conseils de visite
- Associez cette visite à celle du cardo maximus pour mieux comprendre la transformation urbaine de Jérash sous l’influence islamique.
- Observez les détails sculptés sur les pierres, qui témoignent du recyclage des matériaux antiques dans la construction omeyyade.
- Visitez le site en fin d’après-midi, lorsque la lumière dorée sublime les ruines et crée une atmosphère intemporelle.
Un vestige rare de l’époque omeyyade à Jérash
Si les ruines romaines et byzantines dominent largement Jérash, cette petite mosquée omeyyade apporte un éclairage précieux sur la période de transition entre l’Antiquité et l’ère islamique. Discrète mais porteuse d’histoire, elle est une pièce unique du puzzle archéologique de Jérash, un témoignage de l’évolution d’une ville aux multiples influences.
