Maintenant, revenez sur vos pas et empruntez le petit escalier en colimaçon pour gagner la chapelle haute, joyau du gothique où art et architecture viennent sublimer la foi. En débouchant de cet étroit escalier, vous ne pouvez manquer d’être saisi avant tout par l’effet de lumière multicolore des vitraux. L’architecture est si bien subordonnée à ce décor translucide qu’il est difficile d’un premier coup d’œil de juger des dimensions et des structures de cette chapelle haute. Déjà au XIVe siècle, le clerc Jean de Jandin, subjugué par le spectacle qui s’offrait à ses yeux, le décrivait avec un grand lyrisme : ” La pure transparence de ses vitraux, les vertus merveilleuses de ses autels et les ornements extraordinaires de ses châsses aux joyaux éclatants donnent à cette maison de prière un tel degré de beauté qu’en y entrant on se croit ravi au ciel, et que l’on s’imagine avec raison être introduit dans une des plus belles demeures du Paradis ” Quittons le lyrisme de Jean de Jandin et analysons un instant la structure de l’édifice. Souvenons-nous que la chapelle basse a déjà rogné une partie de la hauteur c’est pourquoi les proportions de la chapelle haute laissent à désirer, car elles ne sont pas aussi élancées que celles des églises gothiques d’alors. Une constatation qui devait chagriner son architecte, c’est pourquoi il a mis au point toute une série d’artifices ingénieux pour recréer l’impression de légèreté. Les épais contreforts extérieurs sont ainsi totalement dissimulés à l’œil par les vitraux très colorés. De plus, chaque support intérieur, entre 2 colonnes principales, est recouvert d’un faisceau de neuf colonnettes distribuées de telle façon que le volume de la pile, c’est-à-dire de la colonne principale, n’est guère visible.

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