Les sculptures de l’intérieur de la Sainte Chapelle

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Maintenant, regardons mieux ce qui nous entoure. Bien sûr, ce sont surtout les vitraux qui retiennent notre attention. Nous en parlerons tout à l’heure. Pour autant, ne négligeons pas le reste de la décoration peinte et sculptée. Le programme iconographique, c’est-à-dire le choix des thèmes à illustrer, est très complexe. Il est illustré dans la décoration des murs tant à gauche qu’à droite en dessous des vitraux. Il s’agissait avant tout de souligner que la dévotion au Christ était universelle. Tous les ordres de la création participent à cet acte d’adoration. Promenez-vous et regardez ainsi au hasard quelques-uns des chapiteaux miniaturisés où est évoqué le monde végétal et animal. Comme vous pouvez le constater, les plantes sont représentées de façon réaliste : vous reconnaîtrez peut-être les feuilles d’érable, de chêne, de vigne ou de lierre voire même un rosier fleuri. De petits lézards ainsi que de gracieux oiseaux se mêlent parfois aux feuillages Au dessus de ces chapiteaux sont représentés des anges aux ailes déployés portant des encensoirs, des couronnes et des palmes. Il s’agit bien sûr d’une allusion aux martyrs qui, pour témoigner de leur foi, n’ont pas hésité à sacrifier leur vie Regardez au-dessus des chapiteaux qui courent autour des murs. Des médaillons en forme de quatre-feuilles surmontés par les anges montrent les détails de leur exécution. Ces scènes sont peintes sur des fonds brillants souvent bleus ornés de dorures et de pierreries imitant les techniques de l’orfèvrerie des reliquaires présentés dans la chapelle. Maintenant, placez-vous, à partir de l’entrée au niveau de la troisième travée où, à gauche et à droite, ont été aménagées deux vastes niches. Le roi et ses familiers devaient sans doute s’y tenir un peu à l’écart des chanoines. Remarquez la délicatesse du décor sculpté de l’arc les surmontant : huit anges d’à peine vingt centimètres se tournent vers le buste du Christ. Mais la décoration sculptée culmine dans la série des douze apôtres placés contre les piliers séparant les verrières de vitraux. Les théologiens médiévaux ont très souvent comparé les supports architecturaux des églises aux disciples du Christ, eux-mêmes soutiens de la communauté chrétienne. Mais jusqu’alors c’était à l’extérieur, sur les portails, qu’étaient représentés les apôtres autour de Jésus. Ici, au contraire, ce programme, ce jeu de symboles, se trouve à l’intérieur de l’édifice: chaque saint se dresse le long des colonnes, les pieds reposant sur un socle et la tête abritée par un dais. Cette disposition, très originale pour l’époque, sera souvent reprise par la suite. Arrêtons-nous sur ces statues. Six d’entre eux jugées trop abîmées furent remplacées par des copies. Malgré ces vicissitudes, sachez que les apôtres de la Sainte-Chapelle constituent indéniablement l’un des sommets de la sculpture gothique. Deux artistes, au moins les ont taillés. Si vous retournez à l’entrée de la chapelle haute, la vue d’ensemble de la nef vous permettra facilement d’en distinguer les deux styles. Regardez attentivement le troisième apôtre sur le mur de gauche. Il illustre parfaitement un premier style, identifiable grâce à la souplesse des drapés et à l’expression sereine des visages. S’y révèle l’influence directe de la partie gauche du tympan du portail central de Notre-Dame, preuve, s’il en est, que les artistes qui y ont travaillé avaient acquis une renommée telle qu’ils participaient à tous les chantiers importants de leur temps. Le style du second artiste, lui, est le plus identifiable dans les deux statues situées juste à côté de celle dont nous venons de parler. Adossées aux piliers des troisièmes et quatrièmes travées, elles sont d’un style très différent. Les plis des vêtements sont cette fois profondément creusés. Grâce à ce violent contraste entre l’ombre et la lumière, les personnages paraissent en mouvement. L’expression des visages est également très marquée. C’est à ce même sculpteur que l’on peut sans doute attribuer le célèbre « ange au sourire » de la façade de la cathédrale de Reims.

Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025

FAQ sur les sculptures de l’intérieur de la Sainte‑Chapelle

  • Quelles sculptures ornent la chapelle ?
    Dans la chapelle haute, on trouve douze statues d’apôtres adossées aux piliers, symbolisant les fondations de l’Église. D’autres éléments sculptés incluent des anges et des éléments décoratifs religieux qui enrichissent la spiritualité du lieu.

  • Qu’est-ce qui rend ces sculptures remarquables ?
    Les statues des apôtres, typiques du gothique rayonnant du XIIIᵉ siècle, sont caractérisées par des visages expressifs, des postures individualisées et des attributs spécifiques. Certaines sont pieds nus, d’autres portent un disque cruciforme sur la tête, signe de consécration.

  • Comment sont décorés les chapiteaux ?
    Les chapiteaux de la chapelle haute et basse sont ornés de motifs végétaux finement ciselés : vignes, houx, chardons, boutons d’or, roses… Ils forment un véritable jardin sculpté, hommage à la Création, en harmonie avec la théologie médiévale.

  • Quelle iconographie sculpturale trouve-t-on ?
    On observe une iconographie foisonnante mêlant anges musiciens, motifs floraux et détails inspirés de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ces figures en relief complètent les vitraux en apportant un récit sculpté aux visiteurs attentifs.

  • Y a-t-il d’autres sculptures notables ?
    La chapelle basse abritait autrefois une Vierge à l’Enfant en ivoire du XIIIᵉ siècle, exemple parfait de l’élégance gothique. Bien que déplacée aujourd’hui, elle reste associée à l’histoire du lieu et reflète l’art raffiné du temps de Saint Louis.

  • Quelle est la relation sculpture‑vitrail‑décoration ?
    La Sainte-Chapelle est conçue comme un ensemble harmonieux où sculpture, vitrail et peinture polychrome se complètent. Les sculptures encadrent les verrières et renforcent leur message spirituel dans une véritable symphonie visuelle.

  • Quel fut le destin des statues pendant la Révolution ?
    Les statues d’apôtres furent démontées à la Révolution. Certaines furent détruites, d’autres enfouies. Six d’entre elles sont aujourd’hui conservées au musée de Cluny, tandis que les autres furent recréées ou restaurées au XIXᵉ siècle.

  • Comment ont-elles été restaurées au XIXᵉ siècle ?
    La restauration supervisée par Duban, Lassus et Viollet-le-Duc au XIXᵉ siècle reconstitua plusieurs statues disparues. Des sculpteurs recréèrent des figures dans l’esprit gothique originel, et la polychromie fut restaurée selon les traces conservées.

  • Que signifient ces sculptures pour la spiritualité du lieu ?
    Les apôtres représentent l’autorité spirituelle et la stabilité de l’Église. Les anges rappellent la présence divine et les végétaux font écho au paradis. Chaque élément sculpté est porteur d’un message théologique et symbolique destiné aux fidèles.

  • Peut-on voir ces sculptures facilement ?
    Oui, elles sont accessibles à tous les visiteurs de la chapelle haute. Les apôtres sont alignés de chaque côté, bien visibles, tandis que les chapiteaux et les anges demandent de lever les yeux. Une visite attentive permet d’en saisir toute la richesse.

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