Toutes ces verrières évoquent des épisodes bibliques de façon chronologique. Le plus simple, pour bien les suivre, est de retourner à l’entrée de la chapelle haute. Tournons-nous maintenant vers le chœur et regardons la première verrière à gauche. C’est ici que commence le cycle biblique avec la Genèse, c’est-à-dire le récit de la création du monde. Du même côté, il se poursuit sur la fenêtre suivante avec l’Exode, qui raconte le départ du peuple hébreu d’Egypte sous la conduite de Moïse. Les deux verrières suivantes retranscrivent le livre des Nombres et le livre des Juges, c’est-à-dire le récit de l’installation en terre promise. Comme nous vous l’avons déjà dit, les vitraux suivants évoquent Saint-Jean Baptiste et le Christ. Puis symétriquement aux fenêtres de gauche sont évoqués, sur la droite d’autres thèmes bibliques comme les Rois, Esther, Judith et Tobie. Enfin, la dernière fenêtre, face à celle de la Genèse, raconte l’histoire des reliques depuis leur découverte par sainte Hélène jusqu’à leur transfert à Paris. Examinons maintenant la rose occidentale, c’est-à-dire le grand vitrail en forme de rosace au dessus de l’entrée de la chapelle. Pour ce faire, prenez un peu de recul. On y voit les scènes de l’Apocalypse. Il est d’usage, au 13e siècle, que les personnages des verrières se détachent sans souci de perspective sur des fonds monochromes. Ici, il n’en est rien : les figures de l’apocalypse sont placées dans un espace bien réaliste où la profondeur est très importante. Visiblement, les maîtres verriers ont cherché à reproduire les innovations que les peintres commençaient à utiliser pour leurs tableaux. Ainsi, avec cette rosace, s’achève le récit de l’histoire spirituelle de l’humanité, de la Création à la fin des temps. Mais au-delà de ce parcours chronologique, ces vitraux développent également avec insistance le thème du couronnement royal, thème fondamental pour la signification globale de la Sainte Chapelle. Ainsi, sur la troisième verrière à gauche, la nomination par Moïse des chefs des tribus est évoquée par vingt scènes successives de couronnement. Il faut y voir sans doute aussi une allusion à la monarchie médiévale. Le roi, comme Moïse, reçoit son mandat de Dieu et nomme ceux, ducs et seigneurs, qui sont ses vassaux. Souvenons-nous que le premier des rois capétiens, Hugues Capet était Duc, certes le plus puissant des ducs, mais néanmoins «simple Duc». Comment est-il devenu roi ? Et bien, il fut élu Roi par ses pairs en 987, je dis bien élu, comme le furent à sa suite les souverains capétiens, se soumettant ainsi, en quelque sorte au bon vouloir des ducs et seigneurs. 250 ans plus tard, le grand roi Saint Louis, descendant d’Hugues Capet, semble vouloir tirer un trait définitif sur ce pénible souvenir, d’une puissance royale restreinte et d’une obligation relative d’allégeance aux vassaux ainsi, des souverains de l’Ancien Testament à Saint Louis s’établissent une continuité symbolique et historique placée sous la protection du Christ-Roi. Tel est le message que les artistes appelés par Saint-Louis nous livrent, par-dessus les âges, dans la somptuosité de cette chapelle à la légitime réputation de merveille.

Monuments de Paris
Rares sont les villes à






