Rome

A propos du Titien

Sur le mur qui fait face aux deux Vénus est présenté « L’éducation à l’amour ». Nous y voyons la déesse Vénus couronnée, conseillée par un amour ailé appuyé sur son épaule. Elle bande les yeux d’un autre amour. Pourquoi ? Eh bien parce que, comme nous le savons tous, l’amour est aveugle ! Des nymphes apportent arc et flèches, que l’amour aveugle tirera. C’est une vision raffinée, voire courtisane, de l’amour que nous donne ici ce tableau, en parfaite adéquation avec la vision vénitienne. L’institution des courtisanes, ces belles qui sont entretenues, est à Venise plus qu’une chose naturelle. C’est un élément fort de la culture de la haute société. Si les peintres vénitiens sont, en Italie, les grands[…]

L’œuvre du Titien

Sur chaque long côté de cette salle est exposée une œuvre du Titien. Lorsque nous tournons le dos à l’entrée, nous avons, à gauche « l’éducation à l’amour » et à droite « L’amour sacré et l’amour profane. » Commençons par le tableau de droite. Sur le mur de droite se trouve le long tableau représentant « l’amour sacré et l’amour profane », cette toile est devenue aujourd’hui le véritable emblème de la Villa Borghèse. Cette œuvre superbe fut peinte en 1514, à l’occasion de noces. Le Titien avait alors 25 ans. Ce n’en est pas moins l’un de ses chefs-d’œuvre. Un paysage typique de la peinture vénitienne, très doux, centré autour d’un arbre touffu, sous un ciel nuageux, sert

Les œuvres d’Antonello da Messine

Passons maintenant directement dans la dernière des salles, c’est la salle de Psyché. Pour cela, prenons la porte qui se trouve dans le mur de droite lorsque nous faisons face aux tableaux du Bernin. Nous débouchons dans une toute petite salle, traversons-la. En en sortant, une porte s’ouvre à notre gauche. Prenons-la et traversons la grande salle jusqu’au bout. La salle suivante, dite « salle de psyché », nous offre alors quelques merveilles, en particulier deux tableaux du Titien. Nous vous y attendons. La salle dite de Psyché contient essentiellement des œuvres d’artistes venus de Venise ou de la région : Antonello da Messine, Giovanni Bellini, Véronèse, Titien et d’autres. Commençons par le portait d’homme d’Antonello da Messine, qui se

La galerie de Lanfranco

Revenons maintenant sur nos pas en direction de l’escalier. Une fois, sur le palier, l’escalier à notre droite, prenons la porte de gauche. Nous pénétrons alors dans une très grande salle, dite « galerie de Lanfranco. » Nous voilà dans la plus grande des salles de cet étage. Elle correspond, à la galerie des empereurs du rez-de-chaussée. Elle tire son nom de Giovanni Lanfranco, important artiste décorateur du 17ème siècle. Il peignit ici le plafond, représentant « Le conseil des dieux », soit l’ensemble des principales divinités du panthéon gréco-romain. Sans pour autant nous attarder, signalons tout de même un ensemble de trois portraits au milieu du mur de gauche : un portrait d’enfant et deux autoportraits, réalisés par le

Le tableau du Corrège

Face à la Vénus de Cranach, au dessus du manteau de la cheminée, se trouve un tableau du Corrège représentant Danaé fécondée par Jupiter sous la forme d’une pluie d’or. La femme est étendue sur un lit, pendant qu’un amour ailé aux allures adolescentes, écarte le drap pour que la pluie d’or tombe là où il faut. A gauche, un morceau de fenêtre s’ouvre sur un paysage lointain. Au pied du lit, deux petits amours vérifient la qualité de l’or de leur flèche. Les amours avaient, dans la mythologie, deux sortes de flèche: il y avait celles à pointe d’or qui éveillent l’amour, et celles à pointe de plomb qui, hélas, l’éteignent. Le thème de Danaé n’est que l’une des

L’œuvre de Lucas Cranach

Passons maintenant dans la salle suivante, par l’une des deux portes encadrant la Déposition de Raphaël. Faisons immédiatement face au mur par lequel nous sommes entrés. En son centre, un grand tableau, rectangle vertical, représentant une longue Vénus nue, sur fond noir. Elle est accompagnée, à gauche d’un tronc d’arbre qui accentue encore l’aspect étiré de la composition, ainsi que d’un petit amour mangeant une galette de miel autour de laquelle volent des abeilles. Il s’agit d’une œuvre du grand artiste allemand du 16ème siècle, Lucas Cranach l’Ancien. La nudité de cette déesse de l’amour et de la beauté est accentuée par son collier, sa superbe coiffure ornée d’une résille, son chapeau aristocratique, et le très léger voile de gaze

Le portrait de la femme à licorne

Sur le mur percé de fenêtres, à votre gauche, se trouve le célébrissime portrait de Raphaël intitulé « la femme à la licorne». Allons-y. Une jeune femme blonde aux yeux bleus, dont le visage se détache sur le fond bleu d’un ciel méditerranéen, tient dans ses bras une petite licorne. On ne sait pas qui est ce beau personnage. L’œuvre était d’ailleurs peu connue jusqu’en 1928. Jusque-là en effet, cette jeune femme avait l’aspect d’une Sainte-Catherine : la licorne ayant été cachée sous les attributs de la sainte. Une transformation maladroite exécutée sans doute au 16ème siècle par un artiste inconnu. Une restauration heureuse rendit au tableau son aspect d’origine, et permit de l’attribuer définitivement au grand maître. Cette belle

La Déposition de Raphael

En tournant le dos à la porte franchie pour entrer dans cette salle, une autre porte s’ouvre à notre gauche. En la prenant, nous nous retrouvons dans la salle d’entrée d’où nous pouvons éventuellement refaire le tour du rez-de-chaussée. Nous pouvons aussi rebrousser chemin jusqu’à la galerie des empereurs, où se trouve l’escalier qui conduit à l’étage supérieur. Prenez d’ailleurs la peine de regarder, par les fenêtres de l’escalier, les belles perspectives des jardins. Quel que soit votre choix, nous vous attendons au premier étage. Dans le petit hall où débouche l’escalier, Vous voilà au sommet de l’escalier ? Bien. Nous vous proposons de prendre sur votre gauche vers la salle des peintures florentines. Traversez la première petite salle pour

Le tableau aux fruits : un Bacchus tenant une grappe de raisin

Pour finir, portons notre attention sur le tableau du Bacchus placé juste à côté du David avec la tête de Goliath. Ce tableau, comme celui qui lui fait face, représente un Bacchus tenant une grappe de raisin. Il date des débuts de l’activité du Caravage à Rome, vers 1593-1594. On remarquera que le clair-obscur n’y est pas encore aussi tranché que dans ses œuvres ultérieures. Les limites entre ombre et lumière sont encore légèrement tempérées, créant une atmosphère délicate. Ce qui frappe dans ces deux œuvres, c’est aussi le grand sens de l’observation dans la représentation des fruits. Le peintre leur donne une telle importance qu’ils forment à eux seuls comme une véritable nature morte dans le tableau. Le Bacchus

Le tableau Saint Jerome

Une autre œuvre du Caravage témoigne d’un caractère un peu différent. C’est le beau tableau qui présente un vieillard barbu écrivant sur une table face à un crâne posé sur un livre. Cette œuvre est superbe d’équilibre et de contrastes. L’aspect paisible et recueilli, le silence de la méditation, sont exprimés par l’équilibre des formes : regardez le rectangle dans lequel s’inscrivent la table et le personnage, et aussi le bras horizontal du saint, faisant le lien avec le crâne, et enfin la symétrie de la ligne verticale rouge du manteau de saint Jérôme et de la ligne verticale blanche du drap retombant à gauche. Tout cela donne une impression de temps suspendu, car les symétries fixent et stabilisent le

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