Paris

Le Marais, hors des sentiers battus : introduction

Parlons de cette promenade maintenant. Une première promenade permet de découvrir la partie Nord du quartier du Marais, c’est-à-dire sa partie la plus connue avec notamment la place des Vosges. Une deuxième promenade intitulée « découvertes insolites dans le quartier Saint-Paul » permet de découvrir la partie sud du Marais, plus proche de la Seine et moins connue que la place des Vosges bien sûr. La promenade proposée ici est transversale aux deux précédentes. Elle va du sud au nord et est consacrée à des lieux assez méconnus du quartier du Marais. D’ailleurs, l’un d’eux, invisible jusqu’à l’année dernière, pourrait devenir un grand classique. Pour les autres, nous aurons la surprise de les découvrir en descendant dans une cave, en[…]

Le Quai Bourbon

En sortant, prenons à gauche la rue Saint-Louis-en l’Ile jusqu’à la rue Le Regrattier, qui sera quant à elle du côté droit. Au croisement avec la rue Le Regrattier, prenons-la à droite jusqu’au quai Bourbon. Avançons jusqu’au 19 du quai de Bourbon. Nous découvrons ici la majestueuse façade de l’hôtel de Jassaud. Regardons le début du toit : nous y voyons trois frontons : un curviligne, et deux triangulaires. Si elle est accessible, la cour, très sobre et remaniée a une certaine allure. Pensons à Camille Claudel qui y a eu son atelier. Elle a vécu et sculpté là de 1889 à 1913, avant que sa famille ne la fasse interner. On peut voir à Paris ses très belles sculptures

L’Hôtel Chenizot

Continuons à avancer quai d’Orléans, jusqu’à la rue Budé. Arrivés à l’angle avec la rue Budé, tournons à droite et emprunterons la rue Budé jusqu’à la rue Saint-Louis-en l’Ile. Au bout de la rue Budé, prenons à droite dans la rue St Louis en l’île jusqu’à son numéro 54. Vous êtes devant un hôtel de tourisme cette fois. Ici subsiste, encore visible, le jeu de paume du 17e siècle de l’île Saint-Louis, ou du moins sa charpente. Pour essayer d’en voir quelque chose, vous pouvez toujours aller à la réception demander une carte de l’hôtel. C’est une bonne entrée en matière. Ne vous laissez pas impressionner par l’affichette sur la porte vitrée. Rendons-nous ensuite devant le nº 51. Nous sommes

La Bibliothèque polonaise

Vous l’aurez tout de suite compris : ce n’est par pour le bâtiment que nous sommes ici, mais pour les occupants, voyez les 2 plaques : Marie Curie y a vécu de 1912 à 1934 et le juriste René Cassin, prix Nobel de la Paix, de 1952 à 76. Et encore aujourd’hui, ils partagent une même demeure : le Panthéon. Rappelons que Marie Curie avait obtenu deux fois le prix Nobel, de physique en 1903 avec son mari Pierre Curie pour la découverte de la radioactivité naturelle, et de chimie en 1911. Hasard ou non, Marie Curie, née Maria Sklodowska, a choisi pour adresse l’un des immeubles les plus proches de la Bibliothèque Polonaise : c’est elle que nous allons

L’église Saint-Louis-en l’Ile

Vous êtes à l’angle de la rue Poulletier et de la rue Saint-Louis en l’Ile. Allons maintenant devant le 19bis rue Saint-Louis-en-l’Ile, devant l’église Saint-Louis-en l’Ile. Comme vous le voyez, l’église n’est dégagée que sur un côté, celui où se trouve l’entrée. On ne peut donc en faire le tour. Observons son bizarre clocher à flèche de pierre : il a été construit en 1765 après que la foudre ait détruit le clocher d’origine. Si l’église est ouverte, entrons. L’église paroissiale du nouveau quartier, qu’était l’île Saint-Louis, devait être digne de ses paroissiens. La chapelle provisoire de 1623 a donc été remplacée par une belle église de style classique, pratiquement sans architecture extérieure, puisqu’il n’y avait pas de recul pour

Le Quai de Béthune

Nous sommes au 18, quai de Béthune devant l’hôtel de Coomans, ou hôtel de Richelieu. À dire vrai, la façade sur quai a été largement remaniée, mais appréciez quand même le bel encadrement du portail, et notamment, de chaque côté ces consoles très longues, si étranges et élégantes. L’hôtel date de 1647, et a peut-être été construit par Pierre Le Muet, le dernier architecte du Val de Grâce. Quant à son nom d’hôtel de Richelieu, il ne doit rien au cardinal. En effet l’hôtel a appartenu au 18e siècle au maréchal de Richelieu, plus connu pour ses débauches que pour ses victoires. A l’exception notable de celle remportée sur les Anglais à Port-Mahon, dans les Baléares, où le maréchal fit

La rue de Bretonvilliers

A présent, retournons-nous. En face de l’hôtel Lambert, rue Saint-Louis-en l’Ile, s’ouvre sous une arcade la rue de Bretonvilliers. L’arcade supporte une véritable maison de 3 étages. C’est l’un des derniers vestiges de l’hôtel de Bretonvilliers, jadis la plus vaste, et peut-être la plus somptueuse demeure de l’île Saint-Louis. Terminée en 1640, elle occupait tout le côté gauche de la rue de Bretonvilliers, et toute la partie gauche du quai de Béthunes. C’était aussi, sur l’île, le seul véritable hôtel de type « entre cour et jardin ». Cette disposition, où le bâtiment a d’un côté un jardin et de l’autre une cour, est très fréquente dans le marais, mais c’est un cas unique ici. Mais n’en disons pas plus

L’hôtel Le Vau

Laissons maintenant l’hôtel de Lauzun. Et allons nous rendre devant le nº 9 du quai d’Anjou pour évoquer un de ses anciens habitants. Au milieu du 19e siècle, peu de temps après le départ de Baudelaire de l’île Saint-Louis, Daumier, le génial illustrateur, peintre, sculpteur des Célébrités du Juste Milieu, s’y est installé à son tour. Il y a vécu beaucoup plus longtemps, de 1846 à 1863, et toujours dans cet immeuble. Sur un tableau du musée d’Orsay, il a représenté une blanchisseuse de l’île remontant sur un quai, chargée du linge qu’elle vient de laver dans la Seine. Rendons-nous à présent devant le nº 3 du Quai d’Anjou. Vous êtes maintenant devant le nº 3, c’est-à-dire l’hôtel Le Vau.

Le propriétaire de l’Hôtel de Lauzun

Et à qui appartient cet hôtel ? Eh bien, c’est aujourd’hui la ville de Paris qui en est l’heureuse propriétaire et ceci après beaucoup d’autres depuis le commanditaire Charles Gruÿn des Bordes, un financier proche du surintendant Fouquet. Et le nom de Lauzun dans tout cela ? Que vient-il faire ? Pour répondre à cette question, nous allons vous conter ici l’histoire de cet édifice. Plongeons-nous dans le 17e siècle. En fait, le duc de Lauzun n’a occupé l’hôtel qu’un peu moins de trois ans entre août 1682 et mars 1685, mais son nom, lui, est resté. Ceci en raison de la célébrité que lui a valu l’histoire rocambolesque de son mariage annoncé et qui fut interdit in extremis avec

L’Hôtel de Lauzun

Allons voir de plus près le beau portail de l’hôtel Melliand sur la rue Poulletier. C’est en effet l’un des 4 ou 5 portails remarquables de l’île : la cartouche de pierre sculptée sur la lunette, cet espèce de fronton arrondi, entoure un médaillon ovale tout à fait lisse ; alors que jusqu’à la Révolution y figuraient les armes des propriétaires. Les vantaux de porte, eux, sont ornés de 2 têtes barbues coiffées d’une peau de lion: c’est Hercule et la peau du lion de Némée, un trophée de l’un de ses 12 travaux. Hercule est en double, pour les besoins de la symétrie, car la porte a 2 vantaux. Rendons-nous maintenant devant le 17 quai d’Anjou. L’hôtel du 17

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