En 935, une grande bataille a opposé la famille de Guillaume Longue Epée à celle de Robert le Danois. La victoire du premier a scellé l’indépendance de la Normandie. C’est sur ce site que de 1653 à 1665, le Comte de Créqui fit édifier un château d’un raffinement et d’une élégance rare. Remanié au XVIIIème siècle, il perdit progressivement de son lustre. Il devint tour à tour hospice, base d’officiers allemands de la Seconde Guerre Mondiale puis prison pour femmes. C’est en 1992 que l’architecte d’intérieur Jacques Garcia le rachète pour rendre aux lieux leur splendeur passée. Remeublées une à une par les formidables collections du propriétaire, les pièces se remplirent d’œuvres et d’objets de grande qualité esthétique et historique. Du sol au plafond, les grands appartements baroques rendent au château l’image de son passé. Néanmoins Jacques Garcia a voulu ici construire une réflexion sur le sensible en adjoignant à l’édifice un modèle de jardin à la française. Inspirés par les croquis de Le Nôtre, ces allées de buissons taillés sont une des expressions les plus abouties du classicisme dans lequel des œuvres inachevées mettent en abîme le travail sur ce domaine qui semble vouloir répondre au temps qui passe.
Ce serait d’une bataille entre Guillaume Longue-Épée, duc de Normandie, et Robert le Danois que le site, où se trouve le château de Champ-de-Bataille, tiendrait son nom. Cela dit, son histoire est beaucoup moins ancienne: exilé de la cour en 1651, Alexandre de Créqui, frondeur, décide de se construire un château fastueux sur son lieu d’exil, à Champ-de-Bataille. On sait qu’il en commanda les plans du jardin à Lenôtre. Mort ruiné, il laissa un château inachevé, qui se délabra petit-à-petit jusqu’à ce que son deuxième héritier, Anne-François d’Harcourt, n’essaye de lui redonner son lustre en le redécorant dans le goût de la fin du XVIIIe siècle. La Révolution interrompit les travaux, et le château resta plus ou moins en l’état jusqu’à ce que le décorateur Jacques Garcia le rachète en 1992 et y déploie sa science d’un décor éclectique très inspiré par les XVIIe et XVIIIe siècles. A voir.