Ce vestibule circulaire, situé exactement sous la salle de spectacle, servait autrefois à accueillir les spectateurs arrivant en voiture. On peut s’étonner de l’atmosphère assez sombre qui règne dans cette salle : tout est fait pour donner l’impression au spectateur qu’il entre dans une grotte, avant qu’il ne soit ébloui par les feux du théâtre. C’est pourquoi la voûte et les dégagements revêtent un aspect très minéral. Mais l’ombre n’exclut pas la beauté : le sol est orné de magnifiques mosaïques de marbre, un art que Garnier avait découvert lors de son séjour à Rome et qu’il réintroduisit en France. Dans l’axe central de la Rotonde, baignée d’une lumière pâle et peu rassurante, se tient La Pythonisse : elle attend les visiteurs qui empruntent l’escalier pour se rendre à l’étage, et leur adresse un salut inquiétant. C’est au sculpteur Marcello – pseudonyme de la duchesse de Castiglione-Colonna, que l’on doit cette sculpture de bronze. Dans la Mythologie grecque, la Pythie était cette prêtresse d’Apollon qui entrait dans des transes effrayantes pour rendre les oracles. On peut s’étonner de la présence de cette statue peu engageante pour accueillir les spectateurs : au-delà de l’éblouissement que nous procure l’Opéra, cette figure mythologique souligne ce qui fait la gravité et la noblesse de l’Art lyrique : montrer sur scène et dans toute sa dimension métaphysique la destinée des hommes.

Monuments de Paris
Rares sont les villes à






