Charles Garnier voyait dans cette façade la partie la plus emblématique de son Palais. En la concevant, il voulut lui assigner deux fonctions principales : suggérer la fête par la profusion des formes et des couleurs, notifier le caractère sacré du monument par une statuaire très fine d?Allégories ? L?Harmonie, La Musique instrumentale, L?Idylle, La Cantate, Le Chant, Le Drame, La Danse et Le Drame lyrique : le Palais Garnier porte sur son frontispice les Arts célébrés à l?intérieur de l?édifice, à la manière d?un temple de l?Antiquité qui recélait en son c?ur une statue de sa divinité tutélaire.nnMais la vie des Dieux n?est pas de tout repos, et, parmi ces statues, il en est une qui connut une histoire tourmentée : il s?agit du groupe de La Danse de Carpeaux. C?est à son ami d?enfance Jean-Baptiste Carpeaux que Charles Garnier demanda de sculpter cette Allégorie. Garnier connaissait bien celui qu?il surnommait affectueusement la terreur des architectes, et la suite de l?histoire ne démentit pas ce sobriquet. Lorsque Carpeaux lui remit ses premières esquisses, Garnier le compara à Adam et Eve mal conseillés par le Diable, tant il s?était éloigné de ses directives. S?ensuivit un véritable bras de fer, où l?architecte tentait de limiter le sculpteur aux trois personnages qu?il avait imposés aux autres artistes : en vain. Les propositions de Carpeaux en comptaient jusqu?à dix-sept. Et Garnier de se laisser peu à peu gagner par la fougue du statuaire jusqu?à déposer les armes devant son génie créateur : La Danse compterait neuf figures.nnMais ce n?est pas pour ce motif que devait arriver le scandale : La Danse était pleine d?une sensualité qui dérangea les esprits les plus puritains. Deux semaines après son inauguration, on jeta une bouteille d?encre pour tenter de couvrir ses seins nus. Plus tard, le chef-d??uvre de Carpeaux fut mis à l?abri au Musée d?Orsay et remplacé en 1964 par une réplique réalisée par le sculpteur Paul Belmondo.

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