Paris méconnu : le centre de la capitale

L’article décrit une balade culturelle à travers Paris en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus de Paris. Le premier arrondissement propose la découverte de la mystérieuse colonne Médicis adossée à la Bourse du commerce, érigée par la reine Catherine de Médicis, passionnée d’astrologie, pour servir d’observatoire et de lieu d’incantation à Cosimo Ruggieri, son astronome, mage et confident d’enfance. Le troisième arrondissement permet la découverte des médaillons hermétiques de la rue de la Perle, témoins de la présence de la maçonnerie hermétique dérivée des antiques mystères égyptiens, rapportée en France par Cagliostro. Le quatrième arrondissement offre la visite du petit cloître des Billettes, lieu où l’usurier juif Jonathas aurait profané une hostie consacrée, événement qui aurait mené à la construction d’une chapelle expiatoire.

Une balade culturelle à travers Paris en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus de la capitale… Pour débuter, trois étapes en plein cœur de Paris, dans les 1er, 3e et 4e arrondissements :

1er arrondissement

  • Colonne Médicis

“Les prédictions de l’astrologue…”

À deux pas des Halles, nombreux sont ceux qui n’ont jamais remarqué la mystérieuse colonne Médicis, pourtant haute de 28 m, qui est adossée à la Bourse du commerce. Son histoire est intrigante. La reine Catherine de Médicis, passionnée d’astrologie, l’aurait fait édifier vers 1575 par son architecte Jean Bullant, quelques années après la construction de sa somptueuse demeure, l’Hôtel de la Reine.  

La tour cannelée, surmontée d’une plate-forme à laquelle on accède par un escalier en colimaçon de 147 marches, autrefois recouverte d’une verrière (mais dont il ne reste plus que la carcasse en fer), communiquait avec les appartements de la reine. Cette colonne, qui n’est pas mentionnée dans les devis de construction de l’hôtel, avait pour certains une vocation commémorative. Les monogrammes entrelacés du roi Henri II et de Catherine de Médicis (H et C) seraient un hommage au souverain tué dans des conditions décrites par Nostradamus.

Pour beaucoup, il s’agirait en réalité d’un témoignage de l’obsession de la reine pour l’astrologie, à la suite de la prédiction de Nostradamus qui était reparti en Provence, Catherine de Médicis aurait fait construire la colonne pour servir d’observatoire et de lieu d’incantation à Cosimo Ruggieri, son astronome, mage et confident d’enfance. Personnage pour le moins mystérieux, celui-ci fut notamment l’auteur de la fameuse prédiction de la mort de sa bienfaitrice. Les quatre angles du chapiteau de la colonne renverraient aux quatre points cardinaux.

La préservation de cette colonne, après la destruction du palais en 1748 et la construction de l’actuelle Bourse du commerce, tient du miracle.

Infos pratiques :

  • Rue de Viarmes Métro
  • Louvre-Rivoli ou les Halles

Où et quand Molière est-il réellement né ?

Les plaques du 31, rue du Pont-Neuf et 98, rue Saint Honoré se contredisent. La première affirme que Molière serait né en ce lieu en 1620 et la seconde qu’il serait plutôt né le 15 janvier 1622 et à cette autre adresse ! Les experts semblent pencher pour la seconde solution. La fontaine Molière, au 37, rue Richelieu, fut la première statue parisienne à honorer une personne autre qu’un souverain.

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3e arrondissement

  • Les médaillons hermétiques de la rue de la Perle

“La maçonnerie hermétique de Cagliostro”

L’immeuble du 20 rue de la Perle est une construction du XIXeme siècle qui ne se distinguerait pas des autres, si ce n’était trois mystérieux médaillons contenant des allégories ésotériques à caractère alchimique et maçonnique.

– On voit sur le premier médaillon une équerre et un compas entrelacés d’où pend un fil à plomb, et, plus bas à gauche, une figure ressemblant à un bateau phénicien avec un serpent dressé en figure de proue. À droite trône un alambic utilisé pour les opérations alchimiques et chimiques.

– Sur le deuxième médaillon, une tête humaine apparaît entre deux branches de houx entrelacées et attachées au centre par un ruban. Au-dessus de la tête apparaît une étoile à six branches.

– Sur le troisième médaillon, un feu est allumé au sommet d’une tour de justice. À sa base, un portail renferme une figure géométrique suggérant un vase et sur les côtés, on voit un étrange engin avec des roues (à gauche) et un pont (à droite).

Cet ensemble allégorique renvoie à la présence ici de la maçonnerie hermétique dérivée des antiques mystères égyptiens, et que Cagliostro a organisée et rapportée d’Égypte, de la Confrérie des Coptes du désert du Sinaï. En France, Cagliostro fonda à Lyon la Loge Sagesse triomphante le 27 juillet 1786, sous le nom de maçonnerie égyptienne, androgyne et copte. Il était le « Grand-Copte » de ce rite auquel participaient hommes et femmes ensemble, d’où son nom d’androgyne. Cet ordre fondé par Cagliostro se destinait « à connaître, enseigner et propager la maçonnerie dans sa pureté et sa forme primitives ».

Cagliostro, lors de son second séjour parisien habitait à quelques pas, au 1, rue Saint-Claude. Sur le premier médaillon, le bateau phénicien signale la traversée de la mare incognitus, nom que les anciens alchimistes donnaient au mercure philosophique qu’ils obtenaient au cours de la « grande navigation » (c’est à dire au cours des opérations alchimiques). L’eau distillée (purifiée) est indiquée par la présence de l’alambic, de l’autre côté.

En haut, l’équerre et le compas entrelacés représentent le sommet de la présence de la maçonnerie hermétique, et la Rose en haut du compas est la Rose des Philosophes, qui se convertit en signe d’Immortalité.

Sur le deuxième médaillon, le buste humain est celui du dieu Hermès, fondateur de la science hermétique, surmonté de l’étoile lumineuse de l’Initié qui renaît illuminé par l’Esprit de la Sagesse triomphante.

Enfin, sur le troisième médaillon, le phare allumé sert à représenter le four des philosophes, à la base duquel se trouve le creuset où « cuisent » les éléments grossiers, pour en extraire la quintessence vitale, nécessaire à l’évolution du Grand Œuvre alchimique. Ce progrès est représenté par l’engin à roues qui transforme les éléments pour les rendre subtils. Pour atteindre cet état de perfection, il faut placer le pont qui rapproche l’alchimiste de ce Feu sacré et l’éloigne de la condition ordinaire du commun des mortels. 

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Infos pratiques :

  • 20 ; rue de la Perle
  • Métro Saint-Paul ou Filles-du-Calvaire

(Fichier:P1370833 Paris IV cloitre des Billettes rwk.jpg – Mbzt)

4e arrondissement

  • Cloître des Billettes

“Une hostie qui saigne”

Doté de quatre galeries flanquées de voûtes flamboyantes, le petit cloître des Billettes est le seul cloître médiéval subsistant à Paris. Datant de 1427, il provient de l’ancien couvent des « frères hospitaliers de la charité de Notre-Dame », dits « Billettes » en référence à la figure héraldique en forme de rectangle qui ornait leur habit. L’église d’à côté, reconstruite plusieurs fois, date de 1756 et est affectée depuis 1812 au culte évangélique. Les bâtiments conventuels ont été transformés en école à la fin du XIXe siècle et le cloître, propriété de la Ville de Paris, a été sauvé et restauré deux fois à la fin du XIXe et du XXe siècle.

Si l’atmosphère générale qui émane de ce lieu hors du temps est plutôt apaisante, son histoire est d’un tout autre acabit. En 1290, un jour de Pâques, un usurier juif nommé Jonathas aurait exigé d’une pauvre femme qu’ elle lui rapporte une hostie consacrée en remboursement d’un prêt qu’elle ne pouvait honorer. S’en emparant, l’homme aurait lardé de coups de couteau l’hostie qui se serait mise à saigner abondamment.

Il l’aurait ensuite jetée au feu d’où elle serait sortie sans aucun dommage, volant à travers la pièce. Pour finir, l’usurier aurait plongé l’hostie consacrée dans une marmite d’eau bouillante qui se serait alors changée en sang, tandis que l’hostie se serait élevée dans les airs tout en laissant apparaître le visage du Christ ! Jonathas aurait finalement été brûlé vif pour son forfait…

L’histoire connue, la maison de Jonathas devint très vite un lieu de pèlerinage et, en 1294, un bourgeois reçut l’autorisation d’y construire une chapelle expiatoire à l’endroit même « où Dieu fut bouilli ». En 1299, Philippe le Bel y installa les frères de la charité de Notre-Dame pour en assurer le service.

L’accusation de profanation d’hosties contre les Juifs était un thème récurrent de la propagande antisémite au Moyen-Age. Le fait de profaner une hostie consacrée signifiait en effet de profaner le corps du Christ lui-même, qui était présent dans l’eucharistie selon les dogmes de la transsubstantiation. Il s’agissait d’un pêché mortel.

Infos pratiques :

  • 22-26, rue des Archives
  • Métro Hôtel-de-Ville
  • Fréquemment ouvert lors d’expositions dont le programme se trouvera dans les magazines parisiens 

Paris méconnu : le nord de la capitale
Sommaire

Crédits photos :
Colonne Médicis : Ludovic Bourgeois
Les médaillons hermétiques de la rue de la Perle : Alexandre Thery
Cloitre des Billettes : Jacques Garance

L’Hôtel de Lauzun (Île Saint-Louis)

 

Situé sur l’Île Saint-Louis, l’Hôtel de Lauzun est un trésor caché du XVIIe siècle. Construit pour Charles Gruyn des Bordes, ce magnifique hôtel particulier a accueilli de nombreux artistes et écrivains, notamment Charles Baudelaire qui y a écrit une partie de ses Fleurs du mal. La décoration intérieure, richement ornée de boiseries dorées et de fresques, est un témoignage exceptionnel de l’architecture et de l’art de l’époque. Les visites sont limitées et sur réservation, offrant une expérience exclusive.

  • Adresse : 17 Quai d’Anjou, 75004 Paris
  • Accès : Métro Pont Marie
  • Horaires : Visites guidées sur réservation uniquement
  • Tarifs : Plein tarif 10 €, tarif réduit 7 €
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La Tour Jean-sans-Peur (2ème arrondissement)

 

Moins connue que les célèbres monuments parisiens, la Tour Jean-sans-Peur est une tour médiévale du XVe siècle située en plein cœur de Paris. Construite par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, pour se protéger de ses ennemis, cette tour est un rare vestige de l’architecture médiévale parisienne. On peut y découvrir une étonnante voûte sculptée et une exposition permanente sur la vie au Moyen Âge.

 

  • Adresse : 20 Rue Étienne Marcel, 75002 Paris
  • Accès : Métro Étienne Marcel
  • Horaires : Ouvert du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h
  • Tarifs : Plein tarif 6 €, tarif réduit 4 €

 

Le Passage du Grand-Cerf (2ème arrondissement)

 

Ce passage couvert du XIXe siècle est l’un des plus beaux et des mieux préservés de Paris. Situé entre les rues Saint-Denis et Montorgueil, le Passage du Grand-Cerf est un lieu enchanteur avec ses verrières en fonte, ses boutiques d’artisans et ses galeries d’art. C’est un endroit idéal pour flâner et découvrir des objets uniques, loin de l’agitation des grands boulevards.

  • Adresse : 145 Rue Saint-Denis, 75002 Paris
  • Accès : Métro Étienne Marcel
  • Horaires : Ouvert tous les jour

La Fontaine Stravinsky (4ème arrondissement)

 

Cachée derrière le Centre Pompidou, la Fontaine Stravinsky est une œuvre d’art moderne réalisée par Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Cette fontaine colorée et ludique rend hommage au compositeur Igor Stravinsky et se compose de seize sculptures en mouvement qui crachent de l’eau. C’est un lieu de détente et de surprise, offrant un contraste saisissant avec les bâtiments historiques environnants.

 

  • Adresse : Place Igor Stravinsky, 75004 Paris
  • Accès : Métro Rambuteau
  • Horaires : Accessible en permanence
  • Tarifs : Gratuit

 

Le Musée de la Magie (4ème arrondissement)

 

Ce musée insolite situé dans le Marais est dédié à l’art de la magie et de l’illusion. Le Musée de la Magie abrite une collection impressionnante d’objets liés à la prestidigitation, des automates, des affiches anciennes et des accessoires de magiciens célèbres. Des démonstrations de magie sont également proposées, offrant une expérience divertissante et éducative pour les visiteurs de tous âges.

 

  • Adresse : 11 Rue Saint-Paul, 75004 Paris
  • Accès : Métro Saint-Paul
  • Horaires : Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 19h
  • Tarifs : Plein tarif 10 €, tarif réduit 8 €

 

Le Jardin Anne-Frank (3ème arrondissement)

Nichée derrière le Centre Pompidou, cette oasis de verdure est dédiée à la mémoire d’Anne Frank. Le Jardin Anne-Frank est un lieu paisible et intime, avec des arbres fruitiers, des plantes aromatiques et une aire de jeux pour enfants. C’est un endroit idéal pour se reposer et réfléchir, loin de l’agitation urbaine.

  • Adresse : 14 Impasse Berthaud, 75003 Paris
  • Accès : Métro Rambuteau
  • Horaires : Ouvert tous les jours
  • Tarifs : Gratuit

 


Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur et fondateur de Cityzeum

mis à jour le January 14, 2026

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