Il date du 19ème siècle. Les reines n’ayant pas eu de descendance ainsi que les infants y reposent. On peut y admirer de délicates sculptures.
Le Panthéon des Infants : Un sanctuaire méconnu de la monarchie espagnole
Situé au cœur du monastère de l’Escurial, le Panthéon des Infants est un lieu empreint de solennité et d’histoire. Construit au XIXᵉ siècle pour accueillir les membres de la famille royale espagnole qui ne pouvaient être inhumés dans le Panthéon des Rois, ce mausolée abrite les dépouilles des infants (enfants royaux n’ayant pas accédé au trône) ainsi que des reines sans descendance. Ce sanctuaire funéraire, moins connu que son voisin destiné aux souverains, n’en demeure pas moins un chef-d’œuvre d’architecture et d’art funéraire, témoin du faste et des traditions monarchiques espagnoles.
Un lieu de mémoire dédié aux figures oubliées de la royauté
Contrairement au Panthéon des Rois, où reposent les monarques d’Espagne depuis Charles Ier, le Panthéon des Infants est réservé aux princes, princesses et souveraines sans héritier direct. Cette distinction, instaurée dès la conception de l’Escurial sous Philippe II, reflète le protocole strict de la monarchie espagnole, où seuls les rois et reines ayant donné naissance à un successeur pouvaient être inhumés dans la crypte royale principale.
Ainsi, ce panthéon accueille les tombes d’infants illustres, comme les fils de Philippe V ou encore les enfants de Charles III, morts en bas âge ou avant d’avoir pu régner. Certaines reines, n’ayant pas donné naissance à un héritier, y reposent également, telles que Marie-Amélie de Saxe, épouse de Charles III, ou encore Marie-Louise d’Orléans, première épouse de Charles II.
Un chef-d’œuvre de sculpture funéraire
L’un des aspects les plus remarquables du Panthéon des Infants est la finesse de ses éléments sculptés. Contrairement à la sobre austérité du Panthéon des Rois, cette nécropole se distingue par la délicatesse et la richesse de ses tombeaux en marbre blanc, souvent ornés de bas-reliefs et de sculptures détaillées. Les sarcophages, alignés de manière symétrique, sont souvent décorés de motifs floraux, d’anges en pleurs et de symboles religieux évoquant l’au-delà.
On y retrouve le travail minutieux de sculpteurs espagnols et italiens du XIXᵉ siècle, qui ont su donner à ces monuments une charge émotionnelle particulière. Les figures d’anges sculptés, veillant silencieusement sur les dépouilles, renforcent l’atmosphère recueillie et intime du lieu.
Une atmosphère empreinte de sérénité
En entrant dans le Panthéon des Infants, le visiteur est immédiatement saisi par une sensation de quiétude et de recueillement. Loin de la grandiloquence du Panthéon des Rois, cette crypte offre un cadre plus intime, presque mélancolique, où chaque tombe semble raconter l’histoire d’une destinée inachevée.
L’éclairage tamisé, filtré par de discrètes ouvertures, accentue le caractère sacré du lieu. Contrairement aux salles plus fréquentées du monastère de l’Escurial, cet espace est souvent désert, ce qui permet d’apprécier pleinement la solennité et la beauté des sculptures.
Une visite à ne pas manquer pour les amateurs d’histoire
Pour les passionnés d’histoire et d’art funéraire, le Panthéon des Infants constitue une halte incontournable lors de la visite de l’Escurial. Il permet de découvrir une facette plus méconnue de la monarchie espagnole, en mettant en lumière les figures souvent oubliées de la royauté.
Ce lieu invite à la réflexion sur la fugacité du pouvoir et de la vie, rappelant que, derrière les fastes de la cour, se cachent aussi des destins brisés et des héritiers disparus trop tôt. Une visite qui, bien que discrète, marque profondément l’esprit des curieux et des amateurs de patrimoine.

