Le canal de Marseille construit au XXème siècle permet de dériver les eaux de la Durance, dès 1839, la mairie décide alors d’ériger un château d’eau pour célébrer l’achèvement du canal, les travaux sont confiés à l’architecte Henry Espérandieu. Une magnifique cascade est ainsi crée, elle est surmontée d’un char tiré par quatre taureaux de Camargue et dirigé par la Durance personnifiée! Le projet est terminé en 1864, et actuellement le château abrite un musée des Beaux-Arts (fermée depuis 2005 pour une durée de minimum 5 ans) et d’Histoire naturelle. Le jardin zoologique accessible au public depuis 1988 ravira les amateurs de promenades champêtres ainsi que les enfants pour les nombreux jeux mis à leur disposition! En outre, le CNRS et l’Education nationale se partagent un observatoire astronomique qui abrite le plus grands téléscope du monde!
Une réponse monumentale au défi de l’eau
Au cœur du XIXe siècle, Marseille fait face à une pénurie chronique d’eau douce. Jusqu’alors dépendante de sources locales peu fiables, la ville lance un projet d’envergure : capter l’eau de la Durance. Le canal de Marseille, long de 80 km, voit le jour après d’immenses travaux d’ingénierie et est inauguré en 1849. Pour célébrer cet exploit technique, la municipalité décide en 1839 de construire un monument spectaculaire : un château d’eau qui servirait à la fois de réservoir et de célébration symbolique de cette conquête.
Le projet est confié à Henri-Jacques Espérandieu, l’un des architectes les plus prolifiques du Second Empire, également concepteur de Notre-Dame de la Garde. Il imagine un palais fastueux, articulé autour d’une vaste cascade centrale et de colonnades néo-classiques, véritable théâtre de pierre à la gloire de l’eau.
Une mise en scène grandiose de l’eau
L’arrivée de l’eau dans le centre de Marseille est incarnée par une cascade monumentale, alimentée par une conduite souterraine depuis le canal. L’eau jaillit d’un bassin supérieur, dévale des marches sculptées et alimente plusieurs bassins inférieurs avant de s’écouler dans le parc.
La composition sculpturale centrale, œuvre du sculpteur Jules Cavelier, met en scène la Durance personnifiée sous les traits d’une femme majestueuse, encadrée par des allégories de l’abondance agricole (blé, raisins). Un char triomphal tiré par quatre taureaux de Camargue, figures puissantes et indomptées, complète l’ensemble. L’architecture dialogue avec la sculpture dans une harmonie théâtrale, magnifiée par les jeux d’eau et de lumière naturelle, particulièrement spectaculaires en fin d’après-midi.
Deux musées ancrés dans l’histoire de Marseille
Le Palais Longchamp ne se contente pas d’être un monument : il est aussi un lieu de savoir et de culture. Il abrite deux musées majeurs, installés dans les ailes symétriques du bâtiment.
Le Musée des Beaux-Arts
Installé dans l’aile gauche, le Musée des Beaux-Arts de Marseille est le plus ancien musée de la ville, créé en 1801. Il conserve une riche collection de peintures et de sculptures du XVIe au XIXe siècle, avec des chefs-d’œuvre signés Rubens, Jordaens, Vernet, Puget ou David. Le musée est actuellement fermé depuis 2005 pour d’importants travaux de rénovation, mais sa réouverture prochaine est attendue avec impatience. Le futur parcours muséographique prévoit une meilleure mise en valeur des collections, un éclairage repensé et des outils interactifs pour un public élargi.
Le Muséum d’Histoire naturelle
Dans l’aile droite, le Muséum d’Histoire naturelle fondé en 1819 propose un parcours passionnant à travers la faune, la flore, la géologie et la paléontologie. Il abrite plus de 80 000 spécimens, allant des squelettes de dinosaures aux minéraux rares, en passant par des animaux naturalisés venus d’anciennes expéditions coloniales.
L’exposition permanente se structure autour de quatre galeries : zoologie, paléontologie, préhistoire et minéralogie. Le lieu est particulièrement apprécié des familles grâce à ses dispositifs pédagogiques, ses vitrines thématiques accessibles, et son approche multisensorielle. Des ateliers pour enfants, des conférences et des expositions temporaires complètent l’offre.
Un parc classé pour la détente et la promenade
Derrière l’édifice s’étend le Parc Longchamp, classé « Jardin remarquable ». Conçu dans un style mixte, il alterne entre rigueur géométrique à la française et paysages plus libres à l’anglaise. On y trouve des allées arborées, des bassins, des fontaines secondaires, ainsi que de nombreuses statues animalières et végétales.
Le parc est un lieu de prédilection pour les familles. On y trouve plusieurs aires de jeux, des pelouses autorisées pour les pique-niques, et des événements culturels ou sportifs tout au long de l’année. Des vendeurs ambulants de glaces et boissons y sont régulièrement présents, en particulier aux beaux jours.
Le jardin zoologique : un patrimoine revisité
À l’intérieur du parc, le jardin zoologique de Marseille, créé en 1854, fut autrefois l’un des plus renommés d’Europe. Il a fermé ses portes en 1987, mais ses installations ont été préservées et restaurées. Aujourd’hui, elles accueillent un parcours ludique et artistique baptisé “Les animaux fantastiques”, qui remplace les enclos par des sculptures géantes d’animaux réalisées par des artistes contemporains.
Les anciennes cages, les bassins d’ours, la maison des girafes et les volières subsistent et racontent, à travers des panneaux explicatifs, l’histoire du lieu. Cette promenade, à mi-chemin entre mémoire et imagination, plaît autant aux enfants qu’aux nostalgiques.
L’observatoire scientifique : un trésor méconnu
Peu visible depuis l’extérieur, le parc abrite également un observatoire astronomique installé dans l’ancien pavillon scientifique du palais. Partagé entre le CNRS et l’Éducation nationale, il possède l’un des plus grands télescopes historiques jamais construits, aujourd’hui principalement utilisé à des fins pédagogiques.
Des ateliers d’astronomie, des soirées d’observation, des visites commentées sont proposés plusieurs fois par an, notamment à l’occasion des Nuits des Étoiles, des Journées du Patrimoine ou pendant la Fête de la Science. L’accès est restreint et nécessite souvent une réservation à l’avance, mais offre une expérience rare, surtout pour les passionnés de ciel et d’astronomie.
Conseils pratiques pour une visite optimale
Le Palais Longchamp se situe dans un quartier bien desservi par les transports en commun : la station métro M1 Cinq Avenues – Longchamp et l’arrêt tram T2 Longchamp permettent un accès facile. Il est également proche de plusieurs lignes de bus et de pistes cyclables.
La visite est particulièrement agréable en fin de journée, quand la lumière rasante dore la pierre et magnifie les détails sculptés. Pour les amateurs de photo, les meilleurs angles sont au pied de la cascade, depuis les balustrades latérales, ou depuis les hauteurs du parc offrant un panorama sur la ville.
Prévoyez au moins deux heures pour profiter pleinement du site, entre les musées (quand ouverts), la balade dans le parc, et un éventuel passage au jardin zoologique réinventé. L’entrée au parc est gratuite. L’accès aux musées est payant, mais gratuit certains jours (1er dimanche du mois notamment) et pour les jeunes de moins de 26 ans résidant dans l’Union européenne.
