Il est très facile de trouver les deux musées de Aix, ils se situent quasiment l’un en face de l’autre dans la rue Napoléon, non loin de l’embarcadère. Le musée napoléonien se trouve dans la maison qu’occupa Napoléon avant de se rendre aux Anglais et d’embarquer pour son exil vers Sainte-Hélène. Ce bâtiment fût classé monument historique en 1925. Ce musée regroupe un grand nombre d’objets en rapport avec la vie de l’empereur, son époque ou l’ile d’Aix. On découvre plusieurs portraits, on traverse la chambre où Napoléon passa le plus clair de son temps entre les 12 et 15 juillet 1815 et où il rédigea sa lettre de reddition (+33546846640). C’est un incontournable lors de la visite de l’Île d’Aix.
De l’autre côté de la rue, changement de thème avec les collections du musée africain : tout comme le musée napoléonien, l’existence de ce musée est le fait du baron Napoléon Gourgaud. Chasseur, le baron part pour plusieurs expéditions en Afrique, desquelles il ramène le produit de sa chasse : il fait empaillé les animaux, puis les replace dans des décors peints reprenant les milieux d’origines de ces guépards, gorilles, rhinocéros… ainsi qu’une reproduction de dodo, cet oiseau exterminé, et le dromadaire qu’aurait monté Bonaparte en Egypte. Quelques objets d’art africain complètent cette visite « à l’ancienne », puisque le musée n’a pas vraiment bougé depuis les années 1930 (tel : +33546846640). Horaires et tarifs sont les mêmes pour les deux musées.
Les musées de l’île d’Aix : mémoire napoléonienne et cabinet de curiosités colonial
Petite île au charme sauvage posée entre l’île d’Oléron et le continent, l’île d’Aix concentre dans ses quelques kilomètres une densité historique et patrimoniale surprenante. Au cœur de ce territoire piétonnier, préservé du tumulte touristique, deux musées se font face dans la rue Napoléon, à quelques pas de l’embarcadère. Le musée napoléonien, installé dans la maison même où Napoléon séjourna avant son exil, et le musée africain, étonnant vestige d’un regard muséographique aujourd’hui révolu, forment un duo muséal insolite, témoin des multiples récits que l’île a abrités.
Le musée napoléonien : dans les pas du dernier séjour de l’Empereur
Le musée napoléonien est sans doute le lieu le plus emblématique de l’île. Installé dans la maison classée monument historique en 1925, où Napoléon Bonaparte vécut du 12 au 15 juillet 1815, il s’agit d’un lieu de mémoire intime, à l’échelle humaine, saturé d’émotion historique. L’empereur y attendait en vain une réponse favorable à son asile en Angleterre, avant d’embarquer depuis l’île à bord du HMS Bellerophon pour un exil définitif à Sainte-Hélène.
La visite de cette demeure parfaitement préservée donne accès à plusieurs pièces reconstituées, notamment :
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La chambre de Napoléon, meublée sobrement, où il passa le plus clair de ses journées, entre relecture de ses lettres et réflexions stratégiques.
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Le salon d’apparat, avec ses fauteuils tapissés d’époque, portraits officiels, bustes en marbre et documents autographes.
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Plusieurs objets personnels ou rattachés à son entourage, comme des épées de cour, des effets militaires, des lettres et des objets d’usage courant.
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Une iconographie abondante, à travers peintures, lithographies et gravures retraçant son passage sur l’île.
Au-delà du contenu, c’est l’atmosphère générale qui marque : les volets mi-clos, le silence des murs, les détails figés dans le décor restituent la solennité pesante de ces trois jours décisifs dans l’histoire de France et de l’Europe.
Le musée ne se contente pas de vénérer : il documente le contexte politique, la stratégie de reddition, la relation complexe entre Napoléon et les Britanniques, et l’histoire du lieu dans les décennies qui ont suivi, jusqu’à son classement et son ouverture au public.
Le musée africain : cabinet d’histoire naturelle figé dans le temps
Juste en face, le musée africain propose une expérience radicalement différente. Créé à l’initiative du baron Napoléon Gourgaud, descendant du général Gaspard Gourgaud — qui accompagna Napoléon à Sainte-Hélène —, ce musée conserve l’allure d’un cabinet de curiosités colonial des années 1930.
Le baron, chasseur et aventurier, ramène de ses expéditions en Afrique des animaux naturalisés (guépards, gorilles, lions, antilopes, crocodiles…), exposés dans des dioramas peints, représentant de manière stylisée les paysages d’origine. Ces scènes, volontairement figées, reflètent l’esthétique muséale du premier XXe siècle, à la croisée de l’histoire naturelle, de l’ethnographie et de l’exotisme colonial.
Parmi les pièces notables :
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Un rhinocéros noir naturalisé, rare et impressionnant par sa stature.
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Une reproduction d’un dodo, espèce aujourd’hui disparue, qui évoque la dimension mémorielle du musée.
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Le fameux dromadaire que Napoléon aurait monté en Égypte, curiosité historique plus que certitude scientifique, mais qui ancre le musée dans l’imaginaire impérial.
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Quelques vitrines d’objets d’art africain (masques, armes, parures) présentés sans réelle contextualisation, mais témoins de la muséographie ethnographique d’un autre temps.
Le musée est aujourd’hui perçu comme un objet patrimonial en soi, à la fois témoignage d’une époque coloniale et reflet des rapports à l’Afrique de cette génération d’explorateurs. Il interroge par son immobilité : tout y est resté tel qu’en 1930, sans mise à jour, sans réinterprétation contemporaine, ce qui rend la visite aussi déroutante que fascinante.
Une initiative commune : les musées Gourgaud
Ces deux musées doivent leur existence à la famille Gourgaud, en particulier au baron Napoléon Gourgaud, philanthrope, collectionneur et amateur d’histoire napoléonienne. Passionné par le destin de son aïeul et par l’Afrique, il choisit l’île d’Aix comme lieu de mémoire familiale et historique, et en fit don à la municipalité avec une clause stricte : préserver les lieux tels quels.
Cette continuité a permis de maintenir les deux musées dans un état d’authenticité rare, mais elle les expose aussi aux défis contemporains de la médiation muséale : contextualisation, relecture postcoloniale, accessibilité… Autant de chantiers à venir, que les conservateurs abordent aujourd’hui avec prudence, en veillant à respecter la volonté initiale du donateur.
Informations pratiques et conseils de visite
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Localisation : rue Napoléon, à moins de 5 min à pied de l’embarcadère.
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Horaires : les deux musées sont ouverts aux mêmes horaires, qui varient selon la saison (généralement tous les jours en été, vacances scolaires, ponts et weekends).
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Tarifs : billet commun pour les deux musées, tarifs réduits disponibles, gratuit pour les moins de 12 ans.
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Durée conseillée : prévoir 1h30 à 2h pour une visite complète des deux sites.
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Langues : panneaux explicatifs en français principalement ; prévoir un guide papier multilingue ou une application de traduction si nécessaire.
Une double immersion sur une île pas comme les autres
Visiter les musées de l’île d’Aix, c’est accepter de changer d’échelle et de rythme. Ici, l’histoire s’inscrit dans les pierres, les vitrines et les souvenirs. Le musée napoléonien est un lieu d’histoire vive, une chambre d’exil devenue sanctuaire laïc, tandis que le musée africain est un témoin d’un imaginaire colonial révolu, conservé tel un artefact dans sa présentation première.
Ensemble, ils constituent un ensemble muséal singulier et complémentaire, parfaitement intégré dans le caractère préservé de l’île. Que l’on vienne pour l’histoire impériale, la mémoire familiale, la curiosité naturaliste, ou simplement pour flâner au fil des ruelles et des pins maritimes, cette double visite offre un moment suspendu entre deux siècles, entre deux mondes, entre deux rives de la mémoire.