Continuons ensuite jusqu’à l’angle de la rue des Francs-Bourgeois et de la rue Vieille du Temple. A droite, accordons un instant à l’hôtel Hérouet, restauré après le bombardement de 1944. Il présente une échauguette (c’est-à-dire une tourelle en encorbellement), et un décor gothique tardif. Puis prenons la rue Vieille du Temple à gauche, et descendons-la jusqu’au n°47. Nous sommes, au N°47, devant les pierres très noires de l’hôtel Amelot-de-Bisseuil, dit des Ambassadeurs de Hollande. L’hôtel a été construit à partir de 1650 sur une demeure médiévale, l’hôtel de Rieux, dont les murs sont en partie conservés dans la 2e cour, mais recouverts d’un placage classique. Prenons le temps d’admirer ce portail sculpté. Il est l’un des plus beaux du Marais. Il s’orne entre autres, d’une paire de spectaculaires têtes de Méduse, à la chevelure hérissée de serpents. Vous verrez bien d’autres portails anciens dans le Marais, datant pour la plupart du 17e siècle. Vous pourrez facilement faire la distinction entre ceux, de style bourgeois et économe, qui sont renforcés de pièces de bois cloutées, et les plus luxueux, avec des décors sculptés, allégoriques, ou mythologiques, comme celui-ci. Naturellement ces derniers sont plus rares. L’hôtel a eu, à partir de 1776, et pour 12 ans, un locataire entreprenant : Beaumarchais, qui y a écrit Le Mariage de Figaro, y a fondé la société des auteurs, ancêtre de l’actuelle Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques et y a dirigé une compagnie de commerce fictive, la société Roderigue Hortalez et cie. Cette société servait d’écran aux livraisons d’armes aux insurgés américains, avant que la France n’entre officiellement en guerre à leurs côtés contre l’Angleterre.

Monuments de Paris
Rares sont les villes à






