Rue des Rosiers

Quartier du Marais – Places & Rues à Paris
Source : vvoevale

Le coeur du vieux quartier juif de Paris. Datant du 13 ème siècle, elle est le principal témoignage de l’histoire juive du quartier du Marais. Plusieurs enseignes sont d’ailleurs écrites en hébreu. Les rosiers grimpants sur les remparts de Philippe-Auguste qui la protégeait lui donnèrent son nom. On y trouvait une synagogue, disparue en 1394 lorsque l’on effaça toute trace juive du quartier.

Ce bannissement dura jusqu’à la Révolution. C’est aujourd’hui un lieu où l’on trouve essentiellement des boutiques de mode, des librairies et des restaurants. Attention : les boutiques ferment le samedi

A faire :

  • Manger une spécialité juive

A proximité :

  • La place des Vosges
  • La rue Vielle du Temple
  • La rue du Trésor
  • La rue des Francs Bourgeois

Située en plein cœur du Marais, la rue des Rosiers est la rue la plus célèbre de ce qu’il reste du vieux quartier juif de la capitale. A la fin du XIVème siècle, les juifs sont bannis de la ville, jusqu’à la Révolution. La synagogue qui s’y trouvait est détruite pendant cette période. Aujourd’hui, on y trouve principalement des restaurants cacher (en particulier l’ « As du Falafel », -spécialité traditionnelle à base de pois chiche- « le restaurant préféré de Lenny Kravitz » selon l’enseigne). Au numéro 7 se trouvait jusqu’en 2010 le restaurant Goldenstein, théâtre d’une fusillade en 1982. Il est aujourd’hui une boutique de mode, mais les propriétaires en ont gardé la devanture.

 

Une rue emblématique au cœur du Marais juif

Véritable épicentre de la mémoire juive à Paris, la rue des Rosiers, qui serpente discrètement dans le 4ᵉ arrondissement, est bien plus qu’une simple voie commerçante : elle est le dernier vestige vivant du Pletzl, le “petit endroit” en yiddish, nom affectueux donné au quartier juif historique de Paris. Cette rue, dont les origines remontent au XIIIᵉ siècle, raconte à elle seule plusieurs siècles d’implantation, de souffrances, d’effacement, puis de renaissance d’une communauté essentielle à l’histoire parisienne.

Son nom poétique vient des rosiers grimpants qui couvraient les murs des anciens remparts de Philippe Auguste, visibles encore aujourd’hui dans certaines cours intérieures du quartier. Elle est aujourd’hui l’une des rues les plus connues du Marais, mais aussi l’une des plus chargées d’histoire et d’émotion, à condition de savoir lire entre les pierres.

Une histoire marquée par l’exil et la mémoire

La présence juive dans la rue des Rosiers est attestée dès le XIIIᵉ siècle. On y trouvait alors une synagogue, des habitations communautaires, des commerces, et des lieux d’étude. Mais cette implantation fut brutalement interrompue : en 1394, Charles VI expulse les Juifs du royaume de France. La synagogue est détruite, et toute trace juive est alors méthodiquement effacée du quartier.

Ce n’est qu’à la Révolution française, avec l’émancipation des Juifs en 1791, que la communauté peut réapparaître officiellement à Paris. Mais le véritable renouveau de la rue se fait au XIXᵉ et début du XXᵉ siècle, avec l’arrivée de vagues d’immigrés juifs d’Europe de l’Est — notamment de Pologne, de Lituanie, de Russie et d’Ukraine. Ils apportent leur langue, leur cuisine, leur artisanat, et surtout un tissu communautaire dense et solidaire. Le quartier devient alors un lieu à part entière, vivant, commerçant, studieux, souvent modeste, toujours animé.

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Cette mémoire subsiste encore dans les enseignes bilingues en français et en hébreu, les boulangeries cacher, les librairies spécialisées en histoire juive ou en textes religieux, les traiteurs ashkénazes ou séfarades. Même si aujourd’hui la mode et les boutiques branchées ont partiellement redessiné le visage de la rue, son âme n’a pas disparu.

Une rue entre sacré et profane

La rue des Rosiers actuelle est une juxtaposition fascinante d’identités. D’un côté, des restaurants célèbres pour leurs spécialités juives — falafels, pastrami, shawarma, pains hallah, strudels — attirent une foule bigarrée, locale comme touristique. L’As du Falafel, institution locale au n°34, est célèbre dans le monde entier, et revendique fièrement sur sa devanture être “le restaurant préféré de Lenny Kravitz”. À l’heure du déjeuner, une file d’attente impressionnante s’y forme systématiquement, preuve de son succès inaltéré.

Mais derrière les terrasses animées se cachent aussi des lieux de mémoire poignants. Au n°7, le restaurant Goldenberg (souvent appelé par erreur Goldenstein) fut le théâtre d’une attaque terroriste le 9 août 1982, lorsqu’un commando armé y tua six personnes et blessa 22 autres. Si l’établissement a fermé en 2010 pour devenir une boutique de prêt-à-porter, la façade a été conservée par respect pour l’histoire du lieu. Une plaque commémorative rappelle le drame, et il n’est pas rare de voir des visiteurs s’arrêter, en silence, devant cette mémoire conservée dans la pierre.

Une promenade entre boutiques, synagogues discrètes et traces du passé

Bien que la rue ait subi une gentrification rapide depuis les années 2000, elle conserve de nombreux commerces liés à la culture juive : librairies spécialisées, traiteurs cacher, boutiques de textiles, et pâtisseries typiques. Certaines synagogues ou lieux d’études sont invisibles depuis la rue, cachés dans les cours, parfois accessibles uniquement à la communauté. Il est donc conseillé de se promener avec respect, en observant sans toujours photographier.

À certaines périodes de l’année, notamment lors des grandes fêtes juives (Yom Kippour, Rosh Hashanah, Pessah), l’ambiance du quartier change radicalement : les commerces ferment, les familles se rassemblent, et la rue retrouve une atmosphère plus intime, presque suspendue. Il faut également noter que la majorité des boutiques ferment le samedi pour respecter le shabbat.

À faire : vivre les traditions culinaires

  • Goûter un falafel dans l’un des nombreux restaurants de la rue : L’As du Falafel, Mi-Va-Mi, King Falafel, ou Pitzman

  • Déguster une pâtisserie ashkénaze comme un strudel aux pommes ou un rugelach dans une boulangerie locale

  • Commander un sandwich au pastrami ou un plat de couscous tunisien, selon les influences culinaires des familles du quartier

  • S’attabler dans une sandwicherie cacher et observer la vie locale défiler, entre anciens habitants, étudiants, touristes et familles juives en tenue traditionnelle

À voir et à ressentir

  • Les enseignes bilingues, parfois peintes à la main, parfois en lettres dorées

  • La façade du restaurant Goldenberg, au n°7, mémoire d’un drame national

  • Les cours intérieures, si une porte cochère est ouverte, où l’on peut encore deviner des vestiges de la vie communautaire

  • Les détails architecturaux, typiques des immeubles populaires du Marais : persiennes de bois, balcons en fer forgé, escaliers étroits

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À proximité immédiate

  • La place des Vosges, joyau d’architecture classique, à quelques minutes à pied

  • La rue Vieille du Temple, artère animée entre galeries d’art et boutiques pointues

  • La rue des Francs-Bourgeois, haut-lieu du shopping dans le Marais

  • La rue du Trésor, charmante ruelle pavée idéale pour une pause au calme

  • Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme, à 5 minutes, pour prolonger la découverte historique du quartier

Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025

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