Le Bayon est le chef d’oeuvre du roi Jayavarman VII construit au cours du 13e siècle. Son style est beaucoup moins linéaire et défini que celui d’Angkor Vat. C’est le temple central de l’ancienne ville d’Angkor Thom, capitale des souverains khmers au début du 13e siècle.
Le temple est placé dans une enceinte de 150m de côté. L’enceinte délimitant seulement l’espace du temple est constituée d’une galerie à double portique ouvert sur l’extérieur. Les murs sont recouverts de bas-reliefs qui dépeignent la guerre contre les Chams et les grandes batailles qui marquèrent la reconquête du pays par Jayavarman VII.
Ils décrivent au visiteur les combats d’éléphants et de fantassins, les longues pirogues de guerre à proue de bronze des Chams, mais aussi des événements de la vie quotidienne comme des scènes de marchés, des soldats pariant sur des combats de coqs, des scènes de chasse ou de pêche.
Des tours surmontent les édifices de l’ensemble cultuel et sont couvertes d’énormes têtes présentant à chaque orient un visage serein, aux yeux clos et à la bouche souriante. Ils signifient la bienveillance et la protection du dieu s’étendant à tout l’univers mais aussi le pouvoir et l’ubiquité du roi. Ces visages représenteraient celui de Jayavarman VII en tant que dieu souverain de la religion bouddhique.
Le complexe comprend en tout 54 tours portant au total 216 visages posant leur regard bienveillant sur le visiteur. La tour centrale du Bayon est un temple montagne haut de 42m, composé d’un sanctuaire central circulaire autour duquel viennent s’articuler huit chapelles rayonnantes. Dans la religion bouddhique, les sanctuaires sont de forme circulaire car le culte exige que l’on tourne autour, tandis que les sanctuaires hindous sont rectangulaires.
Vers 1350, sous le règne de Jayavarman VIII, le temple fut converti à l’hindouisme et les remaniements opérés ont ajouté à l’impression de confusion de son plan. Depuis 1992, le Bayon est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Le Bayon : chef-d’œuvre mystique de l’empire khmer
Le Bayon, situé au cœur d’Angkor Thom, est l’un des joyaux de l’architecture khmère et un témoignage éclatant de la grandeur spirituelle et artistique de l’empire d’Angkor. Construit au XIIᵉ siècle par le roi Jayavarman VII, ce temple incarne à la fois la puissance politique et religieuse du souverain et la transition culturelle entre l’hindouisme et le bouddhisme au Cambodge.
Une architecture complexe et fascinante
Le Bayon se distingue par son plan labyrinthique et sa structure atypique, reflétant l’ambition et l’ingéniosité de ses constructeurs. Contrairement aux lignes rigoureuses et symétriques d’Angkor Vat, le Bayon adopte un style moins linéaire, marqué par une apparente confusion qui ajoute à son charme mystique.
Une disposition symbolique
- Le temple montagne : La tour centrale, culminant à 42 mètres, symbolise le Mont Meru, centre cosmique dans les croyances hindoues et bouddhiques.
- Les 54 tours aux visages sculptés : Ces tours portent en tout 216 visages, tous empreints de sérénité. Ces visages représentent probablement Jayavarman VII, fusionné avec le bodhisattva Avalokiteshvara, symbole de compassion et de bienveillance. Ils incarnent la vision omniprésente et protectrice du roi, qui veille sur son royaume.
Un sanctuaire circulaire unique
Le Bayon combine des éléments bouddhiques et hindous dans sa structure. Le sanctuaire central circulaire est typique du culte bouddhique, où les fidèles tournent autour du centre sacré, tandis que ses huit chapelles rayonnantes reflètent une organisation cosmique.
Les bas-reliefs : un récit vivant
Les bas-reliefs du Bayon, répartis sur les galeries intérieures, sont l’une de ses caractéristiques les plus impressionnantes. Sur près de 1,2 kilomètre de murs, ils illustrent des récits épiques et des scènes de la vie quotidienne.
Récits historiques et mythologiques
- Les guerres contre les Chams : Les bas-reliefs relatent les batailles décisives de Jayavarman VII contre les Chams, ennemis historiques des Khmers. Ces scènes montrent des éléphants, des pirogues de guerre et des fantassins dans des combats épiques.
- La vie quotidienne : À côté des récits militaires, des scènes de marché, de chasse, de pêche et même de paris entre soldats sur des combats de coqs offrent un aperçu vivant du quotidien à Angkor.
Une transition religieuse et des remaniements
Le Bayon illustre la transition entre le bouddhisme mahayana, promu par Jayavarman VII, et le retour à l’hindouisme sous Jayavarman VIII au XIVᵉ siècle. Ce dernier a fait retirer ou modifier de nombreuses images bouddhiques pour les adapter aux croyances hindoues, ajoutant une complexité supplémentaire au plan déjà dense du temple.
Une reconnaissance mondiale
Depuis 1992, le Bayon est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre du site d’Angkor. Cette reconnaissance souligne son importance culturelle et historique, ainsi que la nécessité de sa préservation. Aujourd’hui, le Bayon reste l’un des sites les plus visités et admirés du complexe d’Angkor.
Conseils pour visiter le Bayon
- Heures idéales : Visitez le Bayon tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter la foule et profiter de la lumière douce qui accentue les détails des sculptures.
- Observation des visages : Prenez le temps d’admirer les visages sculptés depuis différents angles ; leur expression sereine semble changer selon la perspective.
- Explorez les bas-reliefs : Parcourez les galeries à votre rythme pour apprécier les récits gravés dans la pierre et les détails des scènes quotidiennes.
À proximité
- Angkor Thom : Explorez les autres structures impressionnantes de l’ancienne capitale, notamment la Terrasse des Éléphants et la Porte de la Victoire.
- Angkor Vat : Le temple emblématique, à quelques kilomètres, mérite une visite complémentaire pour comparer les styles architecturaux et spirituels.
- Ta Prohm : Connu pour ses arbres géants entrelacés avec les ruines, ce site contraste avec l’aspect monumental du Bayon.
Une expérience incontournable
Le Bayon est bien plus qu’un simple monument historique : c’est un témoignage de l’ambition d’un roi visionnaire et de l’effervescence culturelle d’un empire. Entre ses visages mystérieux, ses récits gravés dans la pierre et son atmosphère spirituelle, ce temple central d’Angkor Thom offre une expérience à la fois fascinante et mémorable, à découvrir absolument lors d’une exploration du site d’Angkor.
