Si l’Afrique du Sud figure parmi les destinations touristiques mondiales les plus fréquentées et le sera encore davantage avec la tenue de la Coupe du monde en 2010, pour la très grande majorité des touristes, partir en Afrique du Sud équivaut à un séjour au Cap et alentours (Stellenbosch, route du vin, « Gardenroute » etc). D’ailleurs à la simple idée de s’imaginer « devoir » faire un détour par Johannesburg, pour un voyageur ordinaire ceci ne fait souvent évoquer que des frayeurs. En général, Johannesburg est perçue comme une ville dangereuse et monotone, où la criminalité représente une triste réalité, ne méritant pas le détour. Certes si ces faits font partie du quotidien (notamment visibles dans le paysage à travers l’omniprésence des murs de protection et le nombre élevé de communautés sécurisées) et sont à prendre en considération, Joburg est loin d’être le cauchemar auquel l’agglomération est fréquemment associée.
En réalité, Johannesburg forme une ville très diverse avec pleins de facettes différentes. Ce n’est pas pour rien, qu’elle constitue la plaque tournante vers l’Afrique australe et au-delà en termes d’influence et de potentialités économiques. De développement relativement récent, la naissance et la croissance de Joburg, également appelée « Egoli – ville de l’or en zulu –», sont directement liées à la découverte de l’or dans la région en 1886. La ville s’est donc véritablement construite autour de l’exploitation minière, ayant rapidement drainé des flux très importants de gens vers la ville au point qu’en 1900 la population de l’agglomération s’éleva déjà à 100.000 et qu’aujourd’hui on y compte entre 7-9 millions d’habitants (le chiffre reste incertain dû partiellement au fait que l’estimation de la population de Soweto fluctue entre 1-3 millions de personnes).
Face à l’idée d’une grande ville anonyme, Joburg incarne en même temps le rôle d’un carrefour économique, culturel et artistique et reflète le symbole de la nation arc-en-ciel. Des quartiers comme Sandton, Alexandra, City-centre, Braamfontain, Yeoville, Parkhurst, Newtown ou Melville sont sans aucun doute très singuliers ; mais ceci ne fait qu’augmenter l’intérêt de venir visiter la ville. Même si dans l’opinion générale, le Cap est perçu comme étant plus libéral et décontracté par rapport à Johannesburg, cette dernière semble pourtant être moins ségrégée et rigide en termes de pratiques et de mixités sociales. Ainsi il est très facile d’y faire des connaissances et de sociabiliser avec des gens ; ce qui fait d’ailleurs partie du charme de la ville.
Les évènements culturels et sportifs (tels que concerts, pièces de théâtres, festivals, slams, expositions, matchs de rugby, de cricket ou encore de foot) sont si fréquents qu’il est parfois difficile d’avoir une vision globale de tout ce qui se déroule. Avec l’organisation de la Coupe du Monde, la ville de Johannesburg a pris des engagements pour améliorer le transport public et renforcer les mesures de sécurité, ainsi que la décision de réhabiliter un certain nombre de quartiers. Il est néanmoins très souhaitable de s’informer sur les différents quartiers (certains sont considérés comme dangereux tels que Hillbrow ou Berea, d’autres sont fréquentables que pendant la journée), de s’habiller de manière discrète en évitant de porter des bijoux et de se balader avec un gros appareil photographique en bandoulière dans certains endroits, au lieu de s’aventurer à l’improviste à travers la ville. Pourtant une fois familiarisé avec le modus vivendi, « Jozi » possède autant de facettes différentes à découvrir et renferme pleins de petits joyaux, qu’il serait dommage de passer à côté.