Sortez maintenant de l’hôtel de Beauvais et prenez sur votre gauche. Continuons à remonter les numéros pairs de la rue François-Miron pour nous rendre devant l’immeuble des N°44-46. Nous traverserons successivement les rues de Jouy et Geoffroy-Lasnier, Nous voici devant les n°44-46 de la rue François-Miron. C’est la maison d’Ourscamp. Le bâtiment date de la fin du 16e siècle. En lui même, il ne présente que peu d’intérêt, si ce n’est dans ses lucarnes Renaissance. Mais oublions les lucarnes, car l’intérêt de la Maison d’Ourscamp est dans son sous-sol. Nous y trouverons en effet un vaste cellier gothique, voûté d’ogives, et construit dans les années 1250. Les ogives sont ces arcs de pierre qui structurent la pièce jusqu’au centre du plafond de la voûte. Il est le seul vestige de la maison médiévale construite pour l’abbaye d’Ourscamp (une abbaye cistercienne située près de Noyon). Aujourd’hui, la Maison est le siège de l’association du Paris Historique, et elle est ouverte au public de 11h à 18h du lundi au samedi, et de 14h à 18h le dimanche, sauf pendant une partie du mois d’août. Entrons donc et demandons à voir la cave gothique, c’est-à-dire le cellier. Nous voilà dans les locaux où un bénévole de l’association pourra nous présenter le cellier. Mais, avant de lui laisser la parole, remarquons dans la pièce de gauche, celle par où nous sommes entrés, une base de colonne à environ quinze centimètres sous le niveau du sol : c’est le seul vestige du rez-de-chaussée gothique. Ensuite, regardons dans la pièce de droite, où se trouve l’escalier de la cave: nous remarquerons le plafond aux poutres peintes fin 16e. Il provient de l’hôtel de Lamoignon. Remarquons aussi le noyau de bois torsadé d’un escalier à vis de type médiéval, et des têtes sculptées de pierre. Voilà, vous pouvez descendre avec le bénévole et tenez bon la rampe : l’escalier est raide et le moment venu, n’oubliez pas de baisser la tête. Nous vous retrouverons à votre retour du cellier. Voilà, vous avez vu l’un des grands classiques du « Paris souterrain », qui est aussi l’une des constructions les plus anciennes du Marais, avec le rempart de Philippe-Auguste et avec le cellier, plus petit, de l’abbaye de Chaalis qui se trouve sous l’hôtel de Beauvais. À propos, mais peut-être vous l’a-t-on dit : quel était l’usage de ces celliers souterrains ? Et bien, sans doute, servaient-ils d’entrepôt pour des denrées produites dans ces abbayes cisterciennes et destinées à la vente à Paris. L’historien Georges Duby définissait d’ailleurs l’ordre cistercien comme une « multinationale âpre au gain », à la pointe des innovations économiques, agricoles comme industrielles. On produisait activement chez les moines de Saint-Bernard, et il fallait vendre (le fer, les céréales, parfois le vin) sur le marché, donc dans les villes.

Monuments de Paris
Rares sont les villes à






