Mais admirons plus en détail cette chambre du Prince. Devant nous se déploie en largeur une salle rectangulaire. Sur notre droite et sur notre gauche, à l’extrémité de chacun des petits côtés, un arc délicatement polylobé délimite une alcôve. Dans cette chambre, encore une fois, nous retrouvons des éléments typiques de l’art mudéjar mais aussi et surtout, pour la première fois, nous voyons la Renaissance apparaître. Regardez les superbes plinthes hautes, elles sont ornées d’alicatados, ou bien encore les frises couvertes d’arabesques en stucs. Et puis, il y a ces inscriptions coufiques. Tout cela est très Mudéjar. Cela dit, c’est sur le sol et le plafond que nous souhaitons insister ici. D’abord, regardons le sol: il est dallé de tomettes et d’azulejos, de forme polygonale, dessinant une grande étoile, motif très fréquent comme vous l’aurez remarqué. D’ailleurs, ils sont en harmonie avec les motifs des plafonds. Dirigeons-nous maintenant sur la droite pour contempler une de ces alcôves. Maintenant que nous y sommes, levons les yeux vers le plafond de l’alcôve. Ce plafond a été réalisé en 1543, par un menuisier chrétien, Juan de Simancas. Nous allons voir qu’il s’inspire de la tradition des plafonds mudéjars que nous venons d’admirer dans les salles précédentes tout en y ajoutant des éléments renaissance. Nous constatons que la coupole, au-dessus de nous, est octogonale et qu’elle est réalisée avec des caissons de bois. Ces caissons sont soulignés en partie par de la peinture dorée. Chaque caisson est polygonal et ces polygones sont une fois de plus organisés pour former des motifs d’étoiles. Donc, ce type de décor nous est désormais familier. Maintenant, regardons la base de la coupole: vous voyez, elle est ornée d’une frise peinte. Et cette frise est divisée en pans. Et au milieu de chacun de ces pans, que voyons-nous ?: On aperçoit un visage dans un médaillon. Alors n’y paraît pas mais c’est quand même ici une intrusion du goût de la Renaissance pour des motifs de portraits de fantaisie. En revanche, nous constatons que la coupole est cantonnée aux 4 angles par 4 trompes d’angles. Ces trompes, décorées de stalactites, permettent de passer de façon harmonieuse du plan carré, qui est la forme de la pièce, au plan octogonal ou au cercle. Mais, ici, les stalactites relèvent bien de l’art islamique. Maintenant, regardons sous les trompes : nous voyons une autre frise en bois qui porte un décor de blasons. On y reconnaît en alternance le lion du Léon et le château de la Castille. Et là, de nouveau, nous retrouvons un vocabulaire artistique plus occidental. Donc, il y a bien un mélange de motifs mudejars et de motifs renaissance, nous nous trouvons donc ici devant une interprétation renaissance des plafonds mudejars. Très intéressant ! Maintenant nous pouvons revenir dans la partie centrale de la chambre et continuer de flâner dans cette pièce pour en observer les détails.

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