
Le quartier du Marais autour de la Place des Vosges
Une balade dans le Marais
Je suis Baptiste Gros, le directeur de la librairie Voyageurs du Monde, spécialisée en voyages. Après quelques années dans la librairie généraliste, j’ai pu réunir mes deux passions le voyage et la littérature. Nous sommes actuellement quatre libraires. Avec plus de 15 000 références, notre fonds le plus important est constitué de guides et de cartes. Toute la production française ainsi qu’une sélection des meilleurs étrangers.
Mais notre plaisir de libraire se situe également avec la littérature de voyage, la littérature étrangère, la jeunesse, la bande-dessinée. J’aime l’idée que l’on peut flâner dans la librairie sans destination en tête, juste pour le dépaysement. J’ai commencé à voyager avec London, Kessel, Stevenson ou Hemingway. Kessel m’a donné envie de découvrir la Birmanie, London les grands espaces, Stevenson ces atolls de l’océan indien et Hemingway Cuba.
Souvent on pense que le libraire a tout lu, tout vu. Je vais vous dire un secret. Mais surtout ne le répétez pas. C’est grâce à toutes les personnes qui passent et qui échangent avec moi que je peux mieux conseiller les suivantes. Le libraire apprend beaucoup des autres et cela lui permet de transmettre un peu. Je suis donc un passeur. Je récupère puis redonne.
De fait, mon métier est très riche. Je conseille tour à tour des professionnels du trek à la recherche de la carte unique sur un parcours au Népal, puis une famille qui souhaite partir faire l’Andalousie, puis une jeune femme qui souhaite juste s’évader un peu, sans destination en tête. Cette diversité est extraordinaire.
Je suis plutôt un voyageur atypique. Certains de mes voyages ont été préparés longuement et ne laissaient que peu de place à l’improvisation. D’autres sont moins dessinés. Plus généralement, je crois à l’étape improvisée. Ce moment où, sans savoir pourquoi, le voyageur prend le temps de s’installer, de discuter, de découvrir alors que rien n’était prévu. Le voyage est une surprise.
Rencontres, Exploration et Evasion
Limiter le monde à cinq destinations est au moins aussi difficile que choisir cinq titres pour la littérature française. Je vais tout de même essayer. C’est un choix totalement subjectif : la Toscane, la Tanzanie, la Grèce, l’Egypte et la Normandie.
Le coucher de soleil sur Zanzibar dans un restaurant panoramique avec mon père est sans doute mon plus beau souvenir de voyage. La distance gomme souvent les convenances, permet de retirer nos costumes habituels. La distance aide au rapprochement.
Que nos voisins belges m’excusent. Mon pire souvenir se déroule dans les Ardennes belges. Une randonnée de deux jours qui se transforme en fiasco à cause d’une alerte tempête. Les sacs doublent de poids à cause de la pluie, nos tenues d’été ne nous protègent pas.
Les uns après les autres nous craquons. Certains au bout de quelques heures, d’autres plus tard. Heureusement, j’étais bien entouré. Nous sommes restés soudés et nous avons finalement trouvé une grange pour nous abriter et dormir un peu. Je retire donc ce que j’ai dit. C’est mon plus beau souvenir aussi. De l’amitié et de la fraternité.
Assez peu. Le voyage est quelque chose de très abstrait tant qu’on n’y est pas encore. Pour moi, les cartes, les guides et la littérature sont des moyens excellents de rendre le voyage concret. J’ouvre une carte et je suis déjà dans le pays. J’ouvre un guide et je suis déjà en train de visiter les lieux. J’ouvre de la littérature et les images m’emportent.
Ils sont légions ces lieux-là. Chaque jour la liste s’allonge.
J’ai tout de même des voyages qui me trottent dans la tête depuis quelques temps. J’ai des envies atypiques en ce moment. Je rêve par exemple de l’Antarctique. Partir pour plusieurs mois sur un bateau scientifique pour des terres « presque » inconnues.
De même, le voyage en cargo dont on parle de plus en plus pourrait me plaire. Donnez-moi un container rempli de livres et plusieurs semaines de mer pour faire mon bonheur.
Pas de voyage encore à l’horizon. Comme beaucoup, mes semaines de congé sont difficiles à trouver. Alors sans doute un week-end en mai. Dans une capitale européenne.
Pourquoi pas Berlin encore une fois. J’ai envie de voir la ville dix ans après mon premier passage. A l’époque, je n’avais pas un sou, je dormais dans une péniche au bord du mur pour quelques euros. La découverte de la ville à vélo a été un grand plaisir.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur et fondateur de Cityzeum
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