Cette gare fut construite à l’époque où le chemin de fer était en vogue, en 1913 plus précisément et, à ce moment-là, une ligne reliait Damas à Médine. Et si on la mentionne, c’est notamment parce que son hall d’entrée a été bien conservé et qu’on peut y admirer de remarquables vitraux qui diffusent une douce lumière et une architecture résolumment ottomane. Profitez, ça ne durera peut-être plus longtemps puisqu’il est prévu de dresser là un gigantesque centre commercial…
La gare Al-Hijaz : un vestige ottoman menacé à Damas
Construite en 1913, la gare Al-Hijaz de Damas est l’un des derniers témoins de l’ambitieux projet ferroviaire ottoman : la ligne du Hejaz, qui reliait la capitale syrienne à Médine, en Arabie saoudite. Ce chef-d’œuvre architectural, marqué par un style ottoman raffiné, reste un emblème du passé ferroviaire du Levant, bien que son avenir soit incertain face aux projets de modernisation urbaine.
Une gare témoin d’un projet ferroviaire ambitieux
La construction de la gare s’inscrit dans le cadre du chemin de fer du Hejaz, une ligne voulue par le sultan Abdülhamid II pour faciliter le pèlerinage vers La Mecque et renforcer la présence ottomane dans la région. Ce train, qui devait parcourir près de 1 300 km, offrait un moyen rapide et sûr aux pèlerins musulmans, réduisant considérablement le temps de trajet entre Damas et Médine.
Si la ligne fut inaugurée en 1908, elle ne fut totalement achevée qu’en 1913, juste avant le début de la Première Guerre mondiale. Son exploitation fut de courte durée, perturbée par les révoltes arabes et les attaques menées par Lawrence d’Arabie contre les infrastructures ottomanes en 1916.
Une architecture ottomane remarquable
La gare Al-Hijaz est un joyau architectural, illustrant le style ottoman du début du XXe siècle. Elle présente :
- Une façade imposante en pierre sculptée, ornée de motifs typiques des bâtiments administratifs ottomans.
- Un hall d’entrée majestueux, avec un plafond voûté et de hauts murs décorés.
- Des vitraux exceptionnels, qui diffusent une lumière tamisée aux reflets colorés, offrant une ambiance singulière et élégante.
Cet édifice a longtemps été un lieu de passage animé, reliant Damas à plusieurs villes du sud, jusqu’à l’abandon progressif des trains du Hejaz après la chute de l’Empire ottoman.
Un patrimoine en péril
Malgré son importance historique, la gare Al-Hijaz est aujourd’hui menacée par un projet de centre commercial qui pourrait effacer ce monument du paysage urbain. Ce projet, prévu de longue date, suscite de vives contestations de la part des défenseurs du patrimoine, qui dénoncent la disparition progressive des vestiges ottomans à Damas.
Un lieu à voir avant qu’il ne disparaisse ?
Pour les amateurs d’histoire et d’architecture, une visite à la gare Al-Hijaz est une plongée dans un passé ferroviaire oublié. Le hall d’entrée, bien conservé, reste un témoignage du prestige et du savoir-faire ottoman en matière de construction. Mais jusqu’à quand ? Car si les plans de modernisation se concrétisent, ce chef-d’œuvre pourrait bien disparaître sous le béton et le verre d’un complexe commercial ultra-moderne.
Un lieu à voir tant qu’il en est encore temps, pour admirer ce vestige d’une époque où les trains reliaient les grandes capitales du monde islamique.