Venise

La chapelle des Milanais

Continuons maintenant à gauche vers les chapelles suivantes. Et arrêtons-nous devant la troisième à partir de la chapelle centrale que nous venons de quitter. Vous êtes maintenant devant la Chapelle des Milanais. Nul besoin de s’attarder mais remarquons deux éléments. Le premier est le “Retable de Saint Ambroise” des artistes Alvise Vivarini et Marco Basaiti. Bien que secondaires, ces peintres sont très actifs à Venise à la fin du 15e et au début du 16e siècles. Vous les retrouverez dans de nombreuses églises et musées. Notez surtout une similarité avec la chapelle des Florentins. La communauté milanaise a choisi, comme la communauté florentine, de faire représenter son saint patron, figure à la fois symbolique et protectrice. Et c’est pourquoi Saint[…]

Le monument funéraire du doge Nicolo Tron

Regardez maintenant sur le mur de gauche l’immense “Monument Funéraire du Doge Nicolo Tron” par Antonio Rizzo. On retrouve le style naturaliste de Rizzo à travers les Vertus. Des Vertus très renaissance, et sensuelles aux lignes fluides et élégantes : regardez les visages, ils semblent parfaits. Les poses sont pleines de grâce, les corps sont frémissants sous les plis à peine marqués des tuniques. Naturelles et sensuelles. Mais l’impression d’ensemble reste une accumulation : accumulation de personnages, d’allégories et d’ornements à la gloire du doge. “A la gloire du doge”. Que peut-on dire d’autre lorsque l’on saura que ce doge a eu l’audace de se faire représenter deux fois sur son monument funéraire. Un cas exceptionnel ! Vous le voyez

Les doges Foscari et Tron

Dans cette chapelle centrale : deux tombeaux sur les murs latéraux. À droite, celui du doge Francesco Foscari, un monument en style gothique flamboyant. À gauche, celui du doge Nicolo Tron, un tombeau de style Renaissance. Les doges Foscari et Tron règneront tous les deux au 15e siècle et nous permettent d’approfondir l’histoire de Venise. Foscari continue la conquête de la Terre ferme initiée par Savelli et Tron développe l’économie de la Vénétie. Et revenons sur le tombeau de droite, qui est le “Monument Funéraire du Doge Francesco Foscari”. Il est reconnaissable par son lit à baldaquin sur lequel le doge est allongé. De part et d’autre, les quatre Vertus cardinales le veillent : il y a la Justice, la

La chapelle centrale

Rendons nous à la chapelle suivante, à gauche de celle que nous quittons. C’est la chapelle centrale, actuel chœur de l’église. Asseyons-nous face à elle. Sur les murs latéraux, deux monuments funéraires sur lesquels nous reviendrons, et, dans l’abside, face à nous, “L’Assomption de la Vierge”, l’une des plus célèbres toiles du Titien. Mais, sachez que cette toile est considérée comme une étape essentielle dans la carrière du Titien. Elle lui permet de se poser dès lors comme peintre universel. Trente années séparent cette oeuvre de celle de la “Vierge à l’Enfant” de Bellini, vue précédemment. Ces trente années d’écart donnent toute la mesure de la révolution picturale amorcée par le Titien, dont la puissance créatrice dépassera celle de ses

La Chapelle des Florentins

Faisons demi-tour. Sur notre droite, il y a d’abord 3 chapelles puis le chœur puis encore 3 chapelles. Arrêtons-nous face à la troisième chapelle sur notre droite. Cette chapelle, baptisée la Chapelle des Florentins, a été financée par la communauté des marchands florentins de Venise. Elle leur est aussi dédiée. Elle abrite la sculpture bouleversante de vérité de “Saint Jean-Baptiste” du florentin Donatello, le plus grand sculpteur italien du 15e siècle. Elle est, non seulement, la seule statue vénitienne de cet artiste, mais elle est aussi l’un de ses chefs-d’œuvre. Prenons le temps de l’admirer. Cette sculpture en bois polychrome d’un mètre de haut est placée au centre d’un retable Renaissance. Autour de Saint Jean Baptiste, d’autres statues de saints,

Le général mercenaire « Savelli »

Nous allons maintenant ressortir de la sacristie. Une fois la porte franchie, faites 2-3 mètres et retournez-vous pour voir, en haut à gauche de la porte d’entrée de la sacristie, pour y voir la première statue équestre de Venise, réalisée en 1410 : la “Statue équestre du Condottiere Paolo Savelli”. Le terme de condottiere pourrait se traduire par général mercenaire. Savelli est connu pour un fait d’armes important qui constitue un tournant majeur dans l’histoire de Venise. En 1405, il bat, pour le compte de la ville, l’armée de la famille des Carrara qui gouvernait Padoue depuis un siècle. Savelli prend cette ville qui régnait sur la Vénétie actuelle. Et cette victoire tombe bien. Car jusqu’alors, la République tirait exclusivement

Le peintre « Paolo Veneziano Veneziano »

Vous pouvez maintenant vous lever. Faites demi-tour et lorsque vous êtes dos au tableau de Bellini, vous voyez une petite porte au fond de la sacristie à gauche. Franchissez la et regardez sur la gauche, une “Vierge à l’Enfant avec le Doge Francesco Dandolo” de Paolo Veneziano. Paolo Veneziano est le premier nom de peintre vénitien qui émerge de l’anonymat médiéval. C’est un peintre actif entre 1320 et 1362, et encore fortement inspiré par l’art byzantin, il est le premier à se tourner vers le gothique qu’il introduit à Venise. Cette œuvre est l’une de ses pièces majeures. Elle est placée au-dessus du tombeau du doge représenté sur la peinture. Cette dernière date de la mort du doge, et cela

La Sacristie

Franchissez le jubé pour admirer les 124 stalles en bois sculpté réalisées en 1468. L’auteur de cette oeuvre, originaire de la ville de Vicence en Vénétie, est resté méconnu. C’est bien dommage, car il a sculpté l’un des ensembles les plus remarquables de l’Italie gothique. Alors, prenez le temps d’admirer l’important travail de marqueterie et les reliefs des dossiers en “gothique fleuri”. Puis vous pourrez vous diriger vers la sacristie. Pour cela, empruntez le transept vers la droite. Au bout, vous verrez une petite porte. Franchissez-la, tournez-vous vers la gauche, et asseyez-vous confortablement au plus près du retable situé au-dessus de l’autel au fond de cette pièce. La sacristie, dans laquelle vous êtes maintenant, a été commandée, et financée, par

Le fameux jubé

Approchons nous maintenant du jubé. Parlons un instant du jubé. Ce jubé avait pour objectif de séparer le clergé de la foule, c’est-à-dire l’Eglise des fidèles. Et celui des Frari est le dernier que l’on puisse encore voir à Venise. « Pourquoi ? » nous direz-vous. Et bien parce qu’ils ont tous été retirés à partir du Concile de Trente, dans la volonté de réunifier l’Eglise en un seul corps pour rapprocher les fidèles des religieux. Cela ne s’est pas fait tout seul : il a fallu que les protestants mettent cette bizarrerie en avant pour que l’église se penche sur la question. Avant cela, la messe se déroulait dans un enclos et était invisible et inaudible aux fidèles qui

La place des Frari : Histoire

Nous voici sur la place des Frari. Plaçons-nous face à l’église, le long du canal, légèrement sur la gauche afin d’en voir le clocher. Bien ! De là où nous sommes, nous pouvons voir, à droite, l’ancien monastère des Franciscains accolé à l’église. Il abrite aujourd’hui les Archives de l’Etat vénitien, l’une des collections parmi les plus riches au monde de documents historiques sur une ville. Et nous connaissons donc bien l’histoire du lieu que nous allons vous dire maintenant. Revenons, donc maintenant dans les années 1230. La République de Venise concède des terrains aux ordres mendiants. En 1234, les Dominicains acquièrent un terrain situé sur l’autre rive du Grand Canal et construisent la plus grande église de Venise, l’église

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