Prague

Vers les Jardins de Vrtba

Et maintenant, remontons la rue Letenska pour retourner sur la place Malastrana. Nous voici revenus sur la Place de Mala Strana. Ici, nous vous invitons à un exercice contemplatif : embrasser le quartier de Mala Strana depuis les terrasses d’un jardin secret, le jardin Vrtba. Ce jardin est payant, mais vaut la peine d’être vu. Pour nous y rendre, il suffit d’emprunter la rue Karmelistka qui se trouve de l’autre côté de la place, c’est à dire sur notre gauche si nous regardons vers la coupole de l’Eglise Saint-Nicolas. Rejoignons donc la rue Karmelistka. Le plus simple est de faire le tour de la place Mala Strana dans le sens des aiguilles d’une montre. En venant de la rue Letenska,[…]

L’Eglise de Saint-Thomas

Maintenant, continuons sur notre droite pour arriver à l’angle de la rue Tomaska et de la Place. Juste en face, émergeant d’un bloc de maisons, nous voyons le grand clocher pointu recouvert d’ardoises de l’église Saint-Thomas, la seconde grande église du quartier après Saint-Nicolas. Traversons la rue Tomaska puis la rue Josefska juste après et nous arrivons aux pieds de l’église. Et il vaut mieux que nous traversions la rue au bord de laquelle nous sommes, c’est la rue Letenska pour avoir un peu de recul par rapport à l’église et pour pouvoir bien la regarder. Nous sommes devant le portail de Saint-Thomas. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on manque de recul pour admirer la façade de

Vers la Place de Mala Strana

Et maintenant, sortons de l’église. Voilà, notre visite de Saint-Nicolas s’achève. En espérant qu’elle vous a permis de mieux cerner ce que les historiens d’art nomment le “baroque pragois”. C’est finalement un baroque tardif qui s’épanouit dans le premier tiers du 18e siècle juste avant l’arrivée du rococo. Les acteurs principaux ne sont plus alors des architectes italiens, mais des locaux, comme Dientzenhofer, Santini-Aichl et bien d’autres. Chacun a sa manière revendique ouvertement son originalité en cultivant les plans complexes, l’illusionnisme et le mouvement. Un baroque plus festif que l’écrivain Paul Claudel a comparé à “un éclat de rire”, décidément Mozart n’est vraiment pas loin ! Et maintenant, longeons la façade principale sur notre gauche puis, au bout, tournons encore

La Chapelle sainte Barbe

Rendons nous devant la chapelle Sainte Barbe. Lorsque vous quittez l’église, c’est la dernière chapelle, à droite, juste avant de sortir. Voilà le dernier témoignage éloquent de cette église si particulière. Il s’agit donc de la chapelle dédiée à sainte Barbe, protectrice contre la mort subite et violente. Logique qu’elle soit dès lors la patronne des pompiers et des mineurs. Le plus intéressant se trouve au plafond. La voûte a été décorée par un beau travail en trompe-l’œil représentant la sainte agenouillée dans un décor nuageux et tournée vers Dieu. Elle prie pour le salut des hommes. Sur l’autel, un tableau du milieu du 17e siècle représente la Crucifixion. Elle fut peinte par l’un des plus grands peintres de Bohême,

L’Autel de l’Eglise Saint-Nicolas

Approchons-nous donc du chœur dans lequel se trouve l’autel majeur de l’église et la solution à notre question de savoir pourquoi un tel décor! L’autel majeur de Saint-Nicolas est très élaboré. Au centre, une niche reçoit une statue dorée à l’or fin de saint Nicolas de Myre, le patron de l’église. Mais c’est de chaque côté de l’autel que l’action se déroule. C’est là que la Compagnie de Jésus se rappelle à nous au point de renvoyer saint Nicolas à un rôle de figurant. Regardons à gauche de l’autel tout d’abord. On voit un homme terrasser énergiquement un ennemi à l’aide d’une lance. Il s’agit de Saint-Ignace-de-Loyola, le fondateur de l’ordre des Jésuites- venant à bout du mal. Le mal

Le Décor de la coupole

Cette coupole est aussi haute à l’extérieur qu’à l’intérieur et c’est l’une des plus belles de Prague. La lumière qui l’inonde entre par les 8 fenêtres qui percent son tambour, c’est-à-dire son soubassement. Mais étant donné la profondeur de cette coupole, la lumière peine à monter jusqu’en haut, ce qui a pour effet de bien faire ressortir le petit lanternon décoré d’une colombe, le symbole du saint-Esprit, qui la couronne. Entre les deux, le tambour et le lanternon, la composition a été organisée en une spirale ascendante. Et il y a comme une chaîne de saints, de saintes et d’anges qui sont tout animés à la vue de la colombe du Saint-Esprit, laquelle sereine vole, tout là-haut, sous le lanternon.

La Coupole de l’Eglise Saint-Nicolas

Reprenons maintenant notre progression vers le chœur de Saint-Nicolas. Une fois encore, souvenons-nous que si le baroque donne son importance au détail, c’est toujours l’effet d’ensemble qui reste le plus important. Autre chose, ce qui importe dans cet effet d’ensemble, c’est l’osmose entre l’architecture et le décor. D’ailleurs, vous avez peut-être remarqué qu’à Saint-Nicolas de Mala Strana, la progression vers le chœur s’accompagne à la fois d’un décor de plus en plus dense et d’une architecture de plus en plus complexe. Pour preuve, la présence d’une très belle coupole qui culmine à près de 70 mètres de hauteur juste devant le chœur. La plus haute du quartier ! C’est à nouveau Franz Xaver Palko qui a réalisé le décor, c’est

Les quatre grandes statues de bois

Ramenons notre regard sur le rez-de-chaussée. Là, sur les piliers de la nef, se trouvent quatre statues, deux à droite et deux à gauche. Il s’agit de grandes statues de bois recouvertes de craie polie et d’or. Elles s’agitent avec théâtralité vers le chœur ou bien vers la voûte. Avançons-nous vers celle qui est sur le 3e pilier de droite depuis l’entrée. Cette statue représente un guerrier en train d’écraser un personnage barbu. Il s’agit de la représentation de Constantin, le premier empereur romain chrétien. En 312 de notre ère, Constantin, empereur romain d’orient, écrasa son adversaire Maxence, empereur romain d’occident, lors d’une bataille près de Rome. Suite à cette victoire, remportée grâce à Dieu, nous dit-on, il autorise l’exercice

Les Fresques de la voûte

Détaillons maintenant la fresque qui décore ce fameux plafond. Elle se déploie là-haut sur environ 1500 m2. C’est une œuvre collective dirigée par le maître viennois Jan Lukas Kraker. La fresque fut terminée en 1760. Le thème de cette peinture murale est l’Apothéose de saint Nicolas de Myre, qui est le saint patron de l’église. Selon la légende, saint Nicolas aurait vécu au 4e siècle dans la petite ville maritime de Myre en Asie Mineure. Evêque de sa ville, une fois le christianisme autorisé, il se serait fait remarquer par son action contre les hérétiques. Ce qui bien sûr est très utile à faire passer comme message en Bohême. Et puis, n’oublions pas que Nicolas est le précurseur du Père-Noël

La Structure de l’Eglise Saint-Nicolas

Retournons-nous à nouveau vers la nef et avançons de quelques pas jusqu’au troisième pilier. Et avant de nous intéressez à la voûte, découvrons l’architecture. Alors tout d’abord, devant nous, il y a cette large nef centrale, le long de laquelle se succèdent quatre solides piliers jusqu’au transept. Le transept est cette nef transversale placée juste devant le chœur. Et au-delà, c’est à dire tout au fond de l’église, se trouvent le chœur et l’autel principal. Voilà ! Une structure somme toute classique. Mais le traitement lui ne l’est pas du tout “classique”, car peinture, sculpture, architecture…. : tout semble se répondre dans la nef de Saint-Nicolas et arriver de tous les côtés au point que l’on ne sait plus trop

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