La côte Vermeille, ou lorsque la montagne rencontre la mer… Ce nom désigne en effet la partie la plus méridionale du littoral des Pyrénées orientales, à partir de Collioure, ou d’Argelès, c’est selon. Les sommets ici n’atteignent pas des altitudes fulgurantes, puisque la chaîne pyrénéenne s’affaisse, mais suffit amplement à former un magnifique paysage dans l’arrière pays, très vallonné, et travaillé par l’homme. Pour preuve, la culture en terrasse de la vigne, dont le terroir produit trois vins blancs AOC : le vin doux de Banyuls surtout, élevé au rang de grand cru. Un relief qui permet également quelques belles randonnées, avant (ou après) de se rapprocher de la mer. Car c’est de la forme de son littoral que cette côte a tiré son nom. Rocailleux, parfois un peu abrupte, mais avec des couleurs rouge brun (vermeille en gros) de la roche bercée du bleu intense d la Méditerranée, les paysages ne déçoivent pas. Il ne faut dès lors pas s’attendre aux vastes plages de sables : criques caillouteuses ou bénéficiant d’une bande de sable suffisent pour se mettre à l’eau. Des espaces plutôt étroits donc, ce qui se ressent en pleine saison, puisque la côte Vermeille attire chaque été de nombreux adeptes.
La Côte Vermeille est le nom donné à la côte rocheuse du sud du Roussillon. Elle commence au sud d’Argelès-sur-Mer et se prolonge jusqu’à la frontière espagnole. Contrairement aux côtes languedociennes bordées de plages de sable, la Côte Vermeille est rocheuse, faite d’une multitude petites criques isolés, de caps érodés. Et puis juste derrière la côte, il y a la montagne, elle tombe littéralement dans l’eau et il suffit de la gravir pour bénéficier de panoramas somptueux. Depuis l’antiquité, l’activité économique principale de cette région est la pêche. Collioure, Port Vendres, Paulilles, Banyuls et Cerbère sont avant tout des ports de pêche et certains furent même des comptoirs phéniciens. Et puis, il y a la lumière de cette côte révélée aux artistes du début du 20e siècle, immortalisée à jamais par Matisse et Derain. Décidément, elle porte bien son nom cette Côte Vermeille.
La Côte Vermeille : l’éblouissement méditerranéen entre mer, vignes et lumière
À l’extrême sud de la France, là où les Pyrénées plongent dans la Méditerranée, s’étend un ruban littoral spectaculaire, minéral et solaire : la Côte Vermeille. De Collioure à Cerbère, en passant par Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer, Paulilles, cette portion du littoral catalan déploie un paysage unique, où la roche ocre-rouge se mêle au bleu profond de la mer, sous la lumière incandescente qui a fasciné les peintres fauves au début du XXe siècle. Plus qu’une destination, la Côte Vermeille est une expérience esthétique et sensorielle, à vivre en marchant, en nageant, en dégustant.
Une côte où la montagne s’embrase dans la mer
La singularité de la Côte Vermeille tient d’abord à sa géographie nerveuse : ici, la chaîne des Albères — ultime prolongement des Pyrénées — s’effondre dans la Méditerranée, formant une succession de caps, de criques encaissées, de falaises abruptes et de petites anses secrètes. Ce relief accidenté est à mille lieues des longues plages de sable du Languedoc voisin. Il confère à la côte une intimité, une rugosité, qui la rend d’autant plus précieuse.
Le nom même de “Vermeille” provient de la couleur de la roche schisteuse, aux teintes allant du brun pourpre à l’ocre rouge, notamment au coucher du soleil. Ce sont les reflets mordorés sur la pierre chauffée, l’ombre des vignes sur les pentes, et les éclats changeants de la mer qui composent le tableau. Il faut s’arrêter, contempler, respirer. La lumière y est plus que naturelle : elle est picturale.
Des ports, des hommes et une mémoire vivante
Cette côte a longtemps vécu de la pêche, de la culture de la vigne, et de l’histoire du commerce maritime. Depuis l’Antiquité, les Phéniciens, les Grecs, puis les Romains ont établi ici des comptoirs. À Port-Vendres, on retrouve encore les traces d’un port en eau profonde stratégique, actif jusqu’à aujourd’hui. À Banyuls, les petites barques colorées à fond plat, les lamparos pour la pêche nocturne, les filets suspendus sur les quais, témoignent d’une culture maritime toujours vivace.
À Cerbère, dernier village avant la frontière espagnole, le passage ferroviaire transfrontalier a lui aussi marqué l’histoire locale, tout comme le maquis des passeurs pendant la guerre civile espagnole et la Seconde Guerre mondiale. La côte n’a jamais été une carte postale figée : elle est un territoire vivant, avec ses traditions, ses résistances, ses usages.
Un terroir rude et généreux : la vigne en terrasses
L’autre élément marquant du paysage est la vigne, omniprésente. Ici, elle grimpe à l’assaut des coteaux escarpés, dans des restanques de pierres sèches construites à la main. Ce travail colossal, maintenu aujourd’hui par des vignerons passionnés, produit des vins AOC Banyuls et Collioure, puissants, charpentés, iodés par le vent marin. Le vin doux naturel de Banyuls, vieilli en fûts exposés au soleil, est une particularité locale : il se boit jeune, mais certains crus atteignent une complexité rare après 15 ou 20 ans de vieillissement oxydatif.
De nombreux domaines viticoles se visitent, entre Collioure et Banyuls. Les caves sont souvent adossées à la colline, et certaines proposent des dégustations en surplomb de la mer, à la lumière dorée du soir. Une expérience inoubliable.
Une côte de criques : baignade, plongée, contemplation
La Côte Vermeille n’est pas une destination de grandes plages. Mais elle offre des criques sublimes, souvent rochers, galets ou sable grossier, où la mer est transparente, profonde dès quelques mètres, idéale pour le snorkeling. Parmi les plus belles :
-
Anse de Paulilles, entre Port-Vendres et Banyuls : ancien site industriel réhabilité en parc paysager, accès facile à la baignade, eaux cristallines, pinède et musée en plein air
-
Crique de Taillelauque, après Cerbère : cachée, difficile d’accès, mais sauvage et splendide
-
Plage Saint-Vincent à Collioure : pour se baigner dans le cadre le plus emblématique de la côte, face au clocher
Les fonds marins, riches en failles, herbiers et faune méditerranéenne, font aussi de cette côte un haut lieu de plongée. Plusieurs clubs proposent des sorties encadrées, y compris dans la réserve marine de Banyuls-Cerbère, protégée depuis 1974, pionnière en France.
Terre d’artistes et de lumière
La Côte Vermeille, c’est aussi une terre d’inspiration, révélée au grand public par les peintres fauves Henri Matisse et André Derain dès 1905. Leurs toiles, criardes et lumineuses, traduisent l’impact que cette lumière méridionale a eu sur leur palette. D’autres suivront : Dufy, Picasso, Braque, séduits par les couleurs franches, les villages accrochés à la roche, les reflets de l’eau sur les façades.
Collioure en est le cœur vibrant : son port en amphithéâtre, ses rues étroites, sa chapelle Saint-Vincent posée sur la mer, son château royal… tout invite à la flânerie artistique. Le chemin du Fauvisme, balisé dans la ville, permet de comparer les toiles aux paysages actuels. Une manière poétique de redécouvrir la réalité.
À faire absolument sur la Côte Vermeille
-
Randonnée du sentier du littoral, de Banyuls à Paulilles, ou de Collioure à Port-Vendres (points de vue spectaculaires)
-
Visite du site de Paulilles, ancien site de dynamiterie devenu éco-parc et musée à ciel ouvert
-
Balade viticole sur les hauteurs de Banyuls, avec dégustation
-
Exploration de la réserve marine de Cerbère-Banyuls, en snorkeling ou en kayak
-
Train touristique du littoral, qui suit la côte jusqu’à l’Espagne : vue panoramique, idéal sans voiture
-
Coucher de soleil depuis le cap Béar ou la Redoute du Fanal, lumière rougeoyante garantie