Ville du milieu de la Chine, Xi’an a été la capitale du pays sous plusieurs dynasties. On y trouve les mausolées de nombreux empereurs, notamment celui de l’empereur Qin et ses 8 000 sculptures grandeur nature de guerriers en terre cuite enterrés. Carrefour culturel important pendant plusieurs siècles, la ville contient un grand nombre de temples bouddhistes, certains complétés par des pagodes gigantesques (telles que les célèbres pagodes de l’Oie Sauvage, vieilles de plus de mille ans). La ville a aussi été influencée par l’Islam, ce qui explique la présence d’un quartier musulman bâti autour de la Grande Mosquée de Xi’an.
Xi’an : capitale des origines impériales et des routes de la soie
Au cœur de la Chine du nord-ouest, Xi’an, anciennement Chang’an, fut le berceau des premières dynasties impériales et le point de départ oriental de la route de la soie. Cette ville historique est l’un des rares lieux du pays où la mémoire impériale, la diversité religieuse et l’activité urbaine moderne coexistent avec une telle densité. Capitale de 13 dynasties successives, dont les Zhou, Qin, Han et Tang, elle conserve un patrimoine archéologique et architectural exceptionnel, témoignant de plus de 3 000 ans d’histoire continue.
Un musée à ciel ouvert de la Chine impériale
Xi’an conserve des structures urbaines intactes depuis l’époque Ming, dont ses célèbres murailles, longées sur 14 km et toujours praticables à pied ou à vélo. Ces remparts, à créneaux et bastions réguliers, enferment un centre-ville rectiligne, hérité du plan des capitales Tang.
-
La ville regorge de sites funéraires impériaux, notamment ceux de la dynastie Han, comme les tombeaux de Jingdi et de Gaozu
-
À 35 km du centre, le tombeau de Qin Shi Huangdi, premier empereur unificateur de la Chine (IIIe siècle av. J.-C.), reste l’un des complexes funéraires les plus vastes jamais construits
-
L’armée de terre cuite découverte en 1974 à proximité du tumulus impérial comprend plus de 8 000 statues grandeur nature de soldats, chevaux et chars, chacun au visage unique, organisés en formation militaire, dans trois fosses distinctes, sous une halle de protection spectaculaire
Le cœur religieux de l’Empire et des croyances multiples
Xi’an fut un centre spirituel majeur, où se sont croisés bouddhisme, taoïsme, confucianisme, zoroastrisme et islam. La ville conserve plusieurs temples bouddhistes Tang encore actifs, associés à des pagodes qui ont survécu aux séismes et aux siècles.
-
La Grande pagode de l’Oie sauvage (Dayan Ta), haute de 64 mètres, fut édifiée en 652 pour accueillir les sutras ramenés d’Inde par le moine Xuanzang. On peut y monter pour observer l’alignement rectiligne des anciens quartiers de la ville
-
Sa « sœur », la petite pagode de l’Oie sauvage, située dans un parc plus tranquille, offre une atmosphère moins touristique et des jardins où les moines viennent encore méditer
-
On y trouve aussi le temple Daci’en, un des plus anciens centres monastiques de la Chine des Tang, associé au bouddhisme ésotérique chinois
Une ville carrefour, riche d’influences musulmanes
Située à l’intersection des grandes routes commerciales, Xi’an a accueilli dès le VIIe siècle une importante communauté musulmane issue de commerçants arabes et persans.
-
Le quartier musulman (Huimin Jie), aux ruelles animées et lanternes colorées, s’organise autour de la Grande Mosquée de Xi’an, fondée en 742 sous les Tang, exceptionnelle pour son architecture chinoise intégrale, avec ses toits en tuiles vernissées, ses portiques de pierre gravée et ses calligraphies en style sinisé
-
Ce quartier est réputé pour sa street food halal, mêlant saveurs du nord-ouest chinois (nang, biang biang mian, brochettes de mouton) et héritages de la cuisine centrasiatique
-
Des familles musulmanes Hui y vivent depuis plus de mille ans, et certaines échoppes de nouilles ou de pâtisseries sont transmises de génération en génération
À voir
-
L’armée de terre cuite de Qin Shi Huangdi, site archéologique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO
-
La muraille de Xi’an, parfaitement conservée, que l’on peut parcourir à vélo sur toute sa longueur
-
La tour de la Cloche et la tour du Tambour, deux monuments emblématiques situés au cœur de la ville intra-muros
-
La grande pagode de l’Oie sauvage, dans l’ancien quartier des monastères Tang
-
La Grande Mosquée de Xi’an, joyau architectural unique mêlant styles islamiques et chinois
-
Le musée de l’histoire du Shaanxi, l’un des plus riches de Chine pour l’archéologie pré-impériale et Tang
À faire
-
Parcourir la muraille à vélo, au coucher du soleil pour des vues spectaculaires sur les toits anciens et les tours modernes
-
Assister à une démonstration de calligraphie ou de danse Tang dans un théâtre traditionnel de Xi’an
-
Visiter le quartier musulman le soir, lorsque les étals de nourriture de rue s’illuminent et que l’ambiance devient festive
-
Déguster les spécialités locales : raviolis de Xi’an, nouilles Biang Biang (dont le caractère est l’un des plus complexes de la langue chinoise), pains farcis au mouton, soupes parfumées au cumin
-
Prendre un cours de cuisine dans une maison traditionnelle, avec visite du marché et atelier sur les épices de la route de la soie
-
Explorer les tombeaux Han et les mausolées Tang aux alentours pour des expériences plus confidentielles, souvent désertes
Conseils pratiques
-
Xi’an est accessible en train rapide (TGV) depuis Pékin, Shanghai ou Chengdu, et possède un aéroport international bien desservi
-
Prévoyez au moins trois jours pour explorer la ville, ses sites historiques et ses alentours
-
Les mois de mars à mai et septembre à novembre sont les plus agréables pour éviter la chaleur étouffante de l’été et la brume hivernale
-
Pour visiter l’armée de terre cuite, partez tôt le matin et privilégiez une visite guidée pour comprendre la structure du mausolée
-
Xi’an est une ville moderne, mais les ruelles du quartier musulman et les parcs autour des pagodes offrent des respirations tranquilles, loin du tumulte urbain