Ici, nous voyons la façade qui donnait sur les jardins, et qui est le seul reste du palais. Cette aile sud formait aussi les appartements privés du prince. Imaginez qu’à l’époque, nous étions dans un grand jardin bordé d’arbres. A notre gauche, là où s’étend une longue et monotone aile de bâtiment classique, construite au 19e siècle pour le musée des Beaux Arts, il y avait des serres, une volière et d’autres curiosités. Derrière nous, la place royale n’existait pas encore. Le jardin s’étendait donc jusqu’à l’actuelle rue de la régence, où se trouvaient les écuries. Au-delà, il y avait les anciens remparts de la ville et une sortie directe vers la campagne. Mais revenons à la façade. Son style est assez simple et se rapproche de ce qui sera fait un peu plus tard sur la place royale. C’est ce qu’on appelle le style Louis 16, un style d’une grande sobriété, qui semble être un contrecoup des envolées baroques de l’époque précédente. Par contre, l’hémicycle, c’est-à-dire la niche d’entrée, est un élément assez curieux, d’autant plus qu’elle n’est pas au centre du mur. C’est étrange pour une époque où l’on aime la symétrie. En fait, cela ne s’explique que par l’aspect original du jardin. La niche d’entrée est dans l’axe de l’ancienne allée principale de ce jardin. La partie gauche de la façade était quant à elle cachée par des arbres. Donc rassurons-nous, l’effet de symétrie était donc bien présent. Regardons à droite de la niche d’entrée, le mur est un peu différent de l’aile principale. Il est ouvert par de grandes fenêtres. C’est en fait une chapelle que Charles de Lorraine avait fait construire. Il n’est pas souvent possible d’entrer dans la chapelle, devenue depuis le 19e siècle une église protestante. Elle n’est ouverte qu’à l’occasion des services religieux.

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