A l’emplacement du théâtre, se trouvait l’hôtel de Polydore Millaud, fondateur du Petit Journal. Il fut ensuite habité par Edwards dont le fils y organisa de somptueuses réceptions. Le numéro 43 accueillit les frères Goncourt, le 41 le peintre Utter, le 22 le compositeur Auber. A faire Assister à un spectacle au théâtre Saint-Georges A proximité L’église Notre-Dame de Lorette La place Pigalle Le musée de la vie romantique
Une rue à l’élégance discrète au cœur du 9e arrondissement
Nichée entre le quartier animé de Pigalle et les collines feutrées de la Nouvelle Athènes, la rue Saint-Georges offre une plongée subtile dans un Paris bourgeois du XIXe siècle, raffiné, artistique et un peu oublié. C’est une rue de belle facture, marquée par les hôtels particuliers discrets, les histoires littéraires, les mondanités de la haute société du Second Empire, mais aussi par une effervescence culturelle bien vivante, notamment autour de son théâtre éponyme.
Une rue marquée par les grandes figures du XIXe siècle
Le quartier autour de la rue Saint-Georges se développe dès la première moitié du XIXe siècle, à l’époque où Paris s’étend vers le nord. C’est alors un quartier résidentiel prisé par les écrivains, les artistes, les compositeurs, attirés par la tranquillité relative des lieux, tout en restant proches des salles de spectacles des Grands Boulevards et de l’Opéra.
L’histoire de la rue est indissociable de celle de l’hôtel particulier situé à l’emplacement de l’actuel Théâtre Saint-Georges. Ce bel édifice était la résidence de Polydore Millaud, banquier et surtout fondateur du Petit Journal, l’un des journaux les plus diffusés de son temps, pionnier de la presse populaire. Il y organisa de nombreuses soirées mondaines et politiques. L’hôtel fut ensuite occupé par la famille Edwards, grands mécènes et collectionneurs, dont le fils transforma la demeure en un haut-lieu mondain, recevant écrivains, musiciens et journalistes lors de réceptions somptueuses aux parfums d’époque.
Une rue d’écrivains et d’artistes
Au numéro 43, on retrouve la demeure des frères Goncourt, Jules et Edmond, auteurs du fameux Journal dans lequel ils chroniquent la vie littéraire et mondaine de leur temps avec un œil souvent acide. C’est dans cette maison qu’ils écrivent une grande partie de leur œuvre et qu’ils reçoivent leurs confrères dans un salon réputé pour ses échanges vifs. Ce lieu est aussi le berceau symbolique de l’Académie Goncourt, dont Edmond sera le fondateur après la mort de son frère.
Juste à côté, au numéro 41, vécut Georges Hanna Sabbagh, dit Utter, peintre d’origine égyptienne, associé au mouvement post-impressionniste. Son œuvre, encore peu reconnue du grand public, mêle l’influence de Matisse et de Cézanne dans une vision intime de la figure humaine.
Plus bas, au numéro 22, c’est le compositeur Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) qui établit son domicile. Directeur du Conservatoire de Paris et proche de Napoléon III, Auber est une figure centrale de l’opéra comique au XIXe siècle. Il compose plus de 40 œuvres lyriques, dont La Muette de Portici, véritable précurseur du Grand Opéra français. Sa présence ajoute une dimension musicale à la rue, encore accentuée aujourd’hui par la vitalité de son théâtre.
Le théâtre Saint-Georges : un décor à taille humaine
Inauguré en 1929, le Théâtre Saint-Georges prend place sur l’ancien site de l’hôtel Millaud. Ce théâtre de 650 places se distingue par son architecture Art déco à l’intérieur raffiné, avec ses moulures, ses fauteuils en velours rouge et ses balcons enveloppants. Il a su conserver une atmosphère intime, presque familiale, qui contraste avec les grandes salles des boulevards.
Le théâtre s’est rapidement imposé comme un lieu de la comédie de boulevard, avec un répertoire populaire mais exigeant. Y furent créées des pièces célèbres comme Le Noir te va si bien, Fleur de cactus, ou plus récemment des comédies contemporaines à grand succès. De grands noms du théâtre français y ont joué, de Jean Marais à Maria Pacôme. Aujourd’hui encore, sa programmation mise sur l’humour, l’émotion et un jeu d’acteurs proche du public.
À faire
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Assister à une représentation : le théâtre fonctionne toute l’année, avec une billetterie accessible en ligne ou sur place. Arrivez en avance pour profiter de l’ambiance feutrée du foyer.
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Observer l’architecture intérieure, savamment conservée depuis les années 1930.
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Poursuivre la soirée dans les cafés voisins, souvent fréquentés par des habitués du théâtre ou des comédiens après le rideau.
Une rue à explorer dans un quartier chargé d’histoire
La rue Saint-Georges est aussi un excellent point de départ pour explorer l’ancien quartier de la Nouvelle Athènes, bastion du romantisme parisien au XIXe siècle. Autour de la place Saint-Georges, on retrouve de nombreuses demeures d’écrivains et d’artistes, dont les façades témoignent encore d’un art de vivre élégant et discret. Balcons en fer forgé, escaliers en pierre, portes cochères ouvrant sur des cours arborées : ici, le charme opère à chaque coin de rue.
À proximité immédiate
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L’église Notre-Dame-de-Lorette, chef-d’œuvre néoclassique du début du XIXe siècle, avec son intérieur peint à la manière des basiliques antiques.
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La place Pigalle, à dix minutes à pied, haut-lieu des cabarets parisiens et du quartier des plaisirs, aujourd’hui en pleine mutation.
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Le musée de la Vie Romantique, installé dans la maison du peintre Ary Scheffer, avec son jardin intime, ses expositions temporaires et son salon de thé très prisé. Il prolonge l’ambiance artistique et littéraire du quartier.
Une rue entre mémoire, art et théâtre
La rue Saint-Georges est ainsi un passage discret mais passionnant à travers l’histoire culturelle de Paris. On y croise des écrivains majeurs, des compositeurs oubliés, des artistes modernes et des spectateurs enthousiastes. Peu touristique mais riche en atmosphères, elle est un condensé d’un Paris lettré, élégant et résolument vivant, où chaque numéro de façade semble avoir une anecdote à raconter.







