La rue rend hommage à l’un des habitants les plus généreux de Montmartre. Très affecté par les enfants miséreux de Paris, Poulbot décida de s’occuper d’eux en faisant construire un dispensaire, à Montmartre, sur un terrain offert par la Pomponnette. Son voeu était de loger et de nourrir les petits Montmartrois démunis. Ces protégés furent d’ailleurs surnommés “les petits poulbots”. Le philanthrope eut un grand succès avec les petites affichettes qu’il dessinait, représentant ces enfants en gavroche. A proximité La place et la rue des Abbesses La place du Tertre et le Sacré-Coeur
Une ruelle au cœur de Montmartre, hommage à un artiste au grand cœur
Niché entre la place du Tertre et la basilique du Sacré-Cœur, la rue Poulbot est l’un des passages les plus pittoresques de Montmartre. Pavée, étroite, sinueuse, elle semble avoir échappé à la modernité, comme protégée par le souvenir de celui dont elle porte le nom : Francisque Poulbot, illustrateur montmartrois au destin singulier, qui fit de son art un acte de générosité.
Au-delà de son charme visuel — murs de pierre, végétation grimpante, ateliers d’artistes — cette rue porte en elle une mémoire philanthropique, un hommage discret mais profond à l’un des plus grands cœurs du vieux Montmartre.
Qui était Francisque Poulbot ?
Francisque Poulbot (1879–1946), illustrateur, affichiste et caricaturiste, est devenu célèbre grâce à ses dessins d’enfants de la rue, les fameux “titis parisiens”, petits Gavroches en sabots, casquette de travers et grand cœur. Mais au-delà du trait espiègle, Poulbot était aussi un homme engagé, bouleversé par la misère des enfants de son quartier.
Très affecté par la pauvreté qui frappait Montmartre, surtout après la Première Guerre mondiale, il utilisa ses revenus d’artiste pour fonder un dispensaire destiné aux enfants défavorisés du quartier. Le lieu vit le jour grâce à un terrain offert par une certaine “Pomponnette”, figure locale qui donna son nom au terrain par amitié.
Ce dispensaire, véritable refuge pour les gamins des rues, offrait soins médicaux, repas et réconfort, dans un esprit profondément fraternel. Les enfants pris en charge par Poulbot furent affectueusement surnommés les “petits poulbots”, un terme passé dans le langage courant pour désigner les gamins de Montmartre.
Aujourd’hui, même si le dispensaire n’existe plus sous sa forme originelle, son souvenir est entretenu dans le tissu montmartrois, et la rue Poulbot elle-même en est un témoin vivant.
Une rue pleine de charme dans l’ombre du Sacré-Cœur
La rue Poulbot débute rue Norvins et serpente jusqu’à la rue du Mont-Cenis. Sa pente douce, ses pavés usés, ses maisons serrées à façades blanches et ses volets souvent entrouverts lui donnent des airs de décor de cinéma. En été, les murs sont couverts de lierre ou de rosiers grimpants, et les artistes installent parfois leur chevalet dans un recoin discret.
Le matin tôt ou en toute fin de journée, lorsque les groupes de touristes se dispersent, elle retrouve son silence ancien, à peine troublé par le son des oiseaux ou des cloches du Sacré-Cœur. On s’attend presque à voir un petit Poulbot de papier surgir d’une impasse, avec ses bretelles lâches et sa trogne de fripouille attendrissante.
Plusieurs boutiques d’art ou d’artisanat jalonnent la rue, mais sans excès : ici, le commerce reste modeste, presque en retrait. Certaines maisons sont encore occupées par des familles montmartroises de longue date. L’atmosphère y est plus authentique que dans les artères plus fréquentées du quartier.
Une rue à vivre, plus qu’à visiter
Ce qui rend la rue Poulbot précieuse, c’est sa dimension humaine. On y marche comme dans une page de roman, entre fiction et histoire vraie. Pour les amateurs de dessin, c’est un excellent spot pour croquer les jeux d’ombres sur les pavés, la courbe des toitures ou les silhouettes des passants. Pour les flâneurs, c’est un détour qui permet de s’extraire de la cohue touristique et de retrouver le Montmartre intime, celui des écrivains, des illustrateurs et des ouvriers.
Prenez le temps de lever les yeux : certaines façades conservent des éléments d’origine, comme des lucarnes anciennes, des tuiles vernissées ou des plaques émaillées. D’autres arborent discrètement des hommages à Poulbot, comme de petites fresques, ou des reproductions de ses dessins dans les vitrines.
En marchant dans la rue, on mesure à quel point cet artiste a influencé non seulement l’esthétique populaire parisienne, mais aussi l’identité même de Montmartre, souvent réduit aujourd’hui à un cliché touristique. La rue lui rend justice, dans sa simplicité, sa poésie, et sa mémoire vivante.
À voir à proximité immédiate
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La place du Tertre, à deux pas, célèbre pour ses peintres, mais aussi pour son atmosphère de village
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La basilique du Sacré-Cœur, majestueuse et omniprésente, accessible en quelques minutes à pied
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La rue des Abbesses, artère vivante et commerçante, bordée de cafés, de librairies et de boulangeries historiques
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Le musée de Montmartre, rue Cortot, pour prolonger la découverte de la vie artistique du quartier, avec une section dédiée à Poulbot
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Le jardin sauvage Saint-Vincent, petit espace vert semi-clos en contrebas, où poussent des espèces rares dans une ambiance champêtre
Suggestions pour la visite
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Visitez tôt le matin ou en semaine pour éviter l’affluence
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Prenez le temps d’un croquis ou d’un carnet de notes, à la manière de Poulbot
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Explorez les alentours sans plan : Montmartre se découvre mieux à l’intuition, en se perdant un peu
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Passez par la rue Norvins et laissez-vous guider jusqu’au 22 rue du Mont-Cenis, dernier domicile de Poulbot
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Arrêtez-vous à une terrasse moins connue, sur une place ou une impasse voisine, pour sentir battre le cœur de la butte







