Palais commandité par Marie de Médicis, élevé dans un style florentin par Salomon de Brosse entre 1615 et 1625, surmonté d’un dôme rehaussé d’or, le “Luco” a connu plusieurs destinations: palais, manufacture d’armes, prison, siège du gouvernement sous le Directoire, siège du Sénat depuis 1958. Si l’intérieur a été largement remanié depuis sa construction, notamment par Chalgrin, ses salons, ses galeries, ses escaliers et sa bibliothèque offrent encore une décoration somptueuse, avec des oeuvres majeures de Delacroix, Jordaens ou Maurice Denis. La “galerie de Marie de Médicis” qui le décorait, exécutée par Rubens, se trouve désormais au Louvre. L’Orangerie du Palais abrite le musée du Luxembourg, espace d’expositions temporaires. Le “Petit Luxembourg”, à côté, est le l’hôtel primitif, acheté par Marie en 1612. C’est l’actuel lieu de résidence du président du Sénat.
A voir : Les façades du Palais L’Orangerie du Palais qui abrite le musée du Luxembourg et ses expositions temporaires
A faire : Visiter le Palais (sur réservation) ainsi que les expositions organisées
A proximité : Le magnifique Jardin du Luxembourg, L’église Saint Sulpice, Le quartier de l’Odéon
Le Sénat était la Chambre des Anciens créée en 1795. Sa fonction est aussi de travailler aux Lois, comme le fait l’Assemblée Nationale et de les voter. Mais pour les visiteurs et touristes, le Sénat c’est aussi le magnifique Palais du Luxembourg, dans le jardin du Luxembourg, au cœur de quartier latin. Son plan est assez caractéristique des châteaux français avec une cour carrée, une cour d’honneur, un corps d’entrée surmonté d’un dôme, et des pavillons dans le corps de logis. Très remanié par Marie de Médicis, il n’est pas sans rappeler les palais florentins.
Un palais au cœur du pouvoir et des arts, entre Renaissance italienne et faste républicain
Majestueusement posé au bord du Jardin du Luxembourg, dans le 6e arrondissement de Paris, le Palais du Luxembourg incarne à la fois la puissance d’une souveraine, l’héritage de l’art italien et la continuité des institutions républicaines françaises. Depuis plus de quatre siècles, ce lieu, que les Parisiens surnomment affectueusement le “Luco”, a connu une destinée multiple : résidence royale, atelier militaire, prison révolutionnaire, siège gouvernemental et enfin, depuis 1958, demeure du Sénat de la République.
Son architecture, son histoire politique, ses décors intérieurs et ses jardins en font un monument central de la vie française, aussi bien institutionnelle qu’artistique.
Le rêve florentin de Marie de Médicis
À l’origine du palais, une femme : Marie de Médicis, veuve du roi Henri IV, régente pour son fils Louis XIII, nostalgique de sa Florence natale. En 1612, elle acquiert le Petit Luxembourg, un hôtel particulier du XVIᵉ siècle, et commande au grand architecte Salomon de Brosse la construction d’une résidence digne de son rang, inspirée du Palazzo Pitti, modèle des palais toscans.
Les travaux durent de 1615 à 1625. Le plan adopte une symétrie rigoureuse, typique de l’architecture française de la Renaissance tardive : corps de logis flanqué de pavillons, cour d’honneur, aile en retour, dôme central couronnant le pavillon d’entrée, richement orné. La pierre blonde du Val de Loire donne au bâtiment une tonalité chaleureuse qui contraste avec la solennité de ses proportions.
Si le palais conserve cette silhouette florentine, de nombreux remaniements ont modifié son aspect intérieur. En particulier sous la Révolution et le XIXe siècle, notamment par Jean-François-Thérèse Chalgrin, qui y ajoute l’hémicycle du Sénat et transforme les appartements en salons institutionnels.
Un témoin de l’histoire politique française
Le Palais du Luxembourg n’a cessé de se réinventer au fil des régimes politiques. Il a tour à tour servi de :
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Palais princier pour Marie de Médicis, qui y vivra peu, finalement exilée par son fils.
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Prison pendant la Révolution, accueillant notamment Danton et Camille Desmoulins.
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Siège du Directoire à partir de 1795, devenant la Chambre des Anciens, l’ancêtre du Sénat.
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Sénat impérial sous Napoléon Bonaparte.
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Haut lieu du pouvoir législatif depuis la Troisième République, et Sénat de la Cinquième République depuis 1958.
Aujourd’hui, le Sénat y siège toujours, examinant et votant les lois aux côtés de l’Assemblée nationale, selon le principe du bicamérisme. Il est présidé par une figure politique de premier plan, dont la résidence officielle est justement le Petit Luxembourg, accolé au palais principal.
Une décoration somptueuse et des œuvres majeures
Malgré les bouleversements historiques, le Palais du Luxembourg conserve une décoration intérieure d’une richesse exceptionnelle. Les salons d’apparat, les galeries et l’escalier d’honneur témoignent d’un goût raffiné et d’un amour des arts porté par les occupants successifs du palais.
À voir absolument lors d’une visite :
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La bibliothèque, aux plafonds peints par Delacroix, illustre les grands moments de la culture antique et de la connaissance.
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Le salon des Conférences, orné de boiseries finement sculptées et de tapisseries historiques.
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La galerie des fresques, avec des œuvres de Maurice Denis, en écho à la tradition symboliste.
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Des toiles de Jordaens, maître flamand du XVIIe siècle, sont également présentes dans les salons nobles.
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À noter : la célèbre “Galerie de Marie de Médicis” peinte par Rubens, initialement commandée pour le palais, a été transférée au musée du Louvre et constitue l’un des sommets de la peinture baroque européenne.
Le musée du Luxembourg : de l’Orangerie au temple de l’exposition
Située dans l’ancienne Orangerie du Palais, le musée du Luxembourg fut le tout premier musée d’art public ouvert à tous à Paris, en 1750. Il a aujourd’hui une vocation d’exposition temporaire, orientée vers les grands noms de l’histoire de l’art. On y a récemment vu des expositions consacrées à Poussin, Man Ray, Vivian Maier, ou encore Frida Kahlo.
Le lieu, intime et lumineux, offre une excellente alternative aux grands musées souvent surchargés. Le parcours est fluide, la médiation soignée, et la librairie du musée est une excellente adresse pour les passionnés d’histoire de l’art.
Conseils de visite : comment découvrir le Palais du Luxembourg
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Le Palais ne se visite que sur réservation, en groupe ou lors des Journées Européennes du Patrimoine. L’accès comprend l’hémicycle, les salons, la bibliothèque et parfois le jardin intérieur.
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Il est conseillé de coupler la visite du palais avec celle du musée du Luxembourg, accessible librement et souvent moins fréquenté en matinée.
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En sortant, prévoyez du temps pour explorer le Jardin du Luxembourg, un chef-d’œuvre de jardin à la française, ponctué de statues de reines et de muses, d’un verger ancien, d’un théâtre de marionnettes, et du Médicis Fountain, l’une des plus belles fontaines baroques de Paris.
Aux alentours : trésors du quartier latin
Le Palais du Luxembourg s’insère dans un quartier intellectuel et artistique majeur :
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L’église Saint-Sulpice, toute proche, avec ses fresques de Delacroix et ses jeux d’orgue renommés.
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Le quartier de l’Odéon, riche en librairies, cinémas d’art et cafés historiques.
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La Sorbonne, à moins de 10 minutes à pied, ainsi que le Panthéon, accessible par la rue Soufflot.
Le Palais du Luxembourg n’est pas seulement le cœur institutionnel du Sénat : c’est aussi un réceptacle d’histoire et d’art, le fruit du rêve d’une reine italienne et le théâtre discret de la République. Chaque pierre, chaque fresque, chaque couronne de son jardin raconte un pan de la France.







