
New-York
Destination urbaine par excellence, on
L’article présente quatre sites méconnus de New York dans la région de Midtown. Tout d’abord, on découvre deux aigles en marbre qui faisaient partie de l’ancienne façade de la Penn Station et qui sont maintenant relégués au sol en face de la gare actuelle. Ensuite, la Metropolitan Life Tower, achevée en 1909, est présentée comme ayant une ressemblance remarquable avec le campanile de Saint-Marc à Venise. La cathédrale Saint-Patrick est également mentionnée pour son “cochon” de pierre à l’extérieur de la chapelle de la Vierge, qui a été créé pour amuser la galerie. Enfin, on découvre U Thant Island, la plus petite île de Manhattan, qui a été transformée en un îlot permanent par l’excavation du premier tunnel Manhattan-Queens. Cette île a été louée par une délégation des Nations Unies et a été revendiquée brièvement par un artiste new-yorkais en 2004.
Une balade culturelle à travers New York en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus de Big Apple… Nous sommes au coeur de Manhattan, dans Midtown, où l’attention se portera sur quelques détails :
Deux aigles de pierre se dressent sur la 7e Avenue, en face de la Penn Station : l’un au coin de la 33e Rue et l’autre à celui de la 31e. Près de 3 000 kg de marbre pièce, chacun enfonçant ses serres dans son socle en granit, poitrine bombée et ailes déployées, observant avec perplexité la circulation. Si ces aigles semblent un peu déplacés, c’est parce qu’ils faisaient autrefois partie de la façade de l’ancienne Penn Station, et les voici à présent relégués au sol en face de la triste gare qui la remplace. Leur présence ressemble davantage à une insulte qu’à un hommage. C’est un monument à voir absolument lors d’un séjour à New York.
La salle d’attente de la Penn Station était le plus vaste espace intérieur de la ville, avec des voûtes à caissons et des colonnes corinthiennes sur le modèle des thermes de Caracalla à Rome. À l’extérieur se dressait une colonnade de plus de dix mètres de haut, avec des entrées sur les quatre côtés au-dessus desquelles figuraient de grandes pendules sculptées dans la pierre et flanquées d’allégories du Jour et de la Nuit.
Que dit les architectes et les historiens ?
Ils parlent de l’ancienne Penn Station comme s’il s’agissait d’un proche parent assassiné.
« Comme il est triste et tragique de penser, dit l’historien David McCullough dans un documentaire sur New York, que quantité d’Américains ne feront jamais plus l’expérience de débarquer pour la première fois à Manhattan à la Penn Station. »
Lorsqu’elle fut achevée en 1910, les architectes McKim Mead & White croyaient avoir érigé un temple métropolitain pour l’éternité. Il n’exista que cinquante-trois ans. Les avions et les autoroutes ont sonné le glas de l’ère du train. En 1962, le chemin de fer de Pennsylvanie, exténué par les frais d’exploitation, annonça qu’il envisageait de raser le trésor des Beaux Arts et de lui substituer Madison Square Garden, qui, dans ses meilleurs jours, évoque une usine soviétique d’enrichissement d’uranium.Vincent Scully, professeur à la Yale University, résume les choses ainsi : « On entrait autrefois en ville comme un dieu. On s’y faufile aujourd’hui comme un rat. » Il fallut plus de trois ans aux ouvriers pour détruire les monceaux de granit et de travertin. Les sculptures de pierre d’Adolph Weinman (chapiteaux, anges et allégories) furent entassées dans un marécage du New Jersey.
Les aigles de la 7e Avenue n’arborent aucune plaque expliquant leur origine. Quand on interroge les vigiles, gardiens d’hôtel, employés de bureaux, ivrognes sympathiques, vendeurs ou revendeurs de tickets aux alentours de la gare, on découvre qu’aucun d’eux, ou presque, ne s’est rendu compte de leur présence.
On ne remarque pas assez le rapport que Manhattan et Venise entretiennent depuis toujours. Ce sont deux villes insulaires, dont les rues sont des couloirs et les immeubles serrés les uns contre les autres. Elles se sont développés verticalement plutôt que vers l’extérieur. Il existe, à Venise comme à Manhattan, un musée Guggenheim et un Harry’s Bar (qui s’appelle Harry Cipriani à New York, et qui est, selon le propriétaire des deux établissements, « une copie presque parfaite de l’original »).
En l’occurrence, le point commun entre New York et Venise est plus que symbolique. Non seulement le campanile et la tour « MetLife » ont la même configuration et les mêmes proportions, mais ils furent érigés en même temps.
Mais à quoi bon aller chercher des modèles d’architecture dans la vase du passé, surtout quand il s’agit de tours sujettes à s’écrouler ? « Les problèmes auxquels sont confrontés les architectes pour un édifice de ce type dépassent la simple ingénierie, lit-on dans un vieil article du Times. Il est d’autant plus difficile de construire ce genre de tour que la base est carrée et ne ressemble, au fond, qu’à une boîte. » On peut en dire autant de chaque étage. Et ainsi de suite, jusqu’au sommet.

(File:Saint Patrick’s Cathedral, looking upwards.jpg – alvaroreguly)
En demandant aux gentilles dames de l’accueil si la cathédrale Saint-Patrick recèle d’intéressants secrets, elles hocheront la tête de droite à gauche. « Non », dit Eileen. Mais Marianne, quant à elle, indique du pouce l’arrière de l’église : « À moins que vous ne souhaitiez voir le cochon ? »
Cinq minutes plus tard, Marianne incline la tête devant la sculpture tandis que les voitures klaxonnent sur Madison Avenue. La créature en question ne ressemble guère à un cochon, ni à aucun animal terrestre. Un monstre à pattes courtes, qui s’agrippe aux fenêtres, avec des pieds à trois doigts, un gros ventre et un cou dont la crête disparaît dans une brèche.
Les monstres sont depuis longtemps les compagnons des églises, et certains sortent tout droit de l’enfer. Est-il jamais venu à l’esprit des prêtres que l’intention initiale n’était pas si anodine ? Ce cochon aurait-il une signification plus obscure ? « Un canular, on vous dit », répondent-ils en choeur, tout sourire.
Ils ont raison. La chapelle de la Vierge a été rajoutée par Charles T. Mathews à l’édifice de l’architecte principal, James Renwick.
Au milieu de l’East River, à la hauteur de la 42e Rue, on aperçoit un îlot couvert de broussailles où se dresse une tour de navigation en métal. Moins d’un demihectare de superficie, U Thant est la plus petite île de Manhattan, mais son histoire est étonnante. Il ne s’agissait d’abord que d’un affleurement de granit nommé Man o’ War Reef (« l’écueil des navires de guerre »).
Son histoire :
Une aventure éminemment new-yorkaise s’y déroula dans les années 1930. Des adolescents qui tentaient de traverser le détroit à la nage furent contraints par le courant à se réfugier sur cet écueil, que la marée menaçait de submerger. Dans une tour, un dramaturge observait leur mésaventure avec des jumelles. Il appela les autorités, et les jeunes garçons, qui avaient déjà de l’eau jusqu’aux genoux, furent sauvés.
Quand on creusa le premier tunnel Manhattan-Queens sous le détroit pour y faire circuler un tram jusqu’à la société Steinway & Sons, on entassa la roche extraite de Manhattan sur l’écueil, le transformant ainsi en un îlot permanent. On y enfonça une canalisation de 30 mètres afin de relier le tunnel aux deux rives. En empruntant ce tunnel sur la ligne 7, on passe ainsi juste au-dessous d’U Thant Island.
Une fois la canalisation bouchée, on oublia l’îlot et les cormorans y firent leurs nids. En 1977, une délégation des Nations Unies, baptisée Peace Meditation, loua l’îlot à la Ville, y planta des arbustes et lui attribua le nom de l’ex-secrétaire général birman. Pendant des années, les employés de cette délégation étaient les seuls autorisés à y mettre les pieds.
U Thant est à présent interdit à tout le monde. Si ce n’est que pendant l’été de 2004, lors de l’élection du président du Parti républicain. Duke Riley, un artiste new-yorkais, rejoignit l’îlot à la rame avant le lever du soleil. Il y hissa une bannière où figurait son emblème personnel (des anguilles électriques) et revendiqua la souveraineté de l’île. « Je suis attiré par ces environnements naturels, déclara Riley à propos des îles de New York.
Dans une des villes les plus développées du monde, il est bon que des îlots secrets aient été préservés. Lorsque les gardes-côtes expulsèrent l’artiste, ils ne remarquèrent pas son drapeau qui flotta au-dessus de la tour de navigation pendant plusieurs jours. Comment entendait-il nommer sa minuscule nation ? « En fait, répond-il en riant, je crois que mon concept n’allait pas jusque-là. »
New York insolite : Uptown
Sommaire
Crédits photos :
T.M. Rives
Midtown Manhattan, au-delà de ses célèbres gratte-ciel et de ses sites emblématiques, cache des lieux insolites et fascinants qui méritent le détour. Voici quelques-unes de ces pépites qui enrichiront votre exploration de la ville.
Au cœur de Grand Central Terminal, une merveille architecturale et un nœud ferroviaire majeur, se trouve un lieu insolite connu sous le nom de “Whispering Gallery”. Située près de l’Oyster Bar & Restaurant, cette galerie voûtée possède une acoustique unique : un murmure contre l’un des piliers est clairement audible à l’autre extrémité de la galerie. Cette particularité acoustique en fait un endroit amusant à découvrir et à tester avec des amis.
Le Paley Park est un oasis de tranquillité niché au milieu de la frénésie de Midtown. Ce petit parc, situé sur la 53e Rue, est célèbre pour sa chute d’eau de 6 mètres de haut qui masque les bruits de la ville, créant un environnement paisible pour les visiteurs. Des sièges confortables et des murs recouverts de lierre ajoutent au charme de ce lieu caché, idéal pour une pause détente.
Peu de gens savent que le Rockefeller Center abrite des jardins sur ses toits, offrant une vue imprenable sur la ville et un cadre verdoyant en plein cœur de Manhattan. Bien que l’accès à ces jardins soit généralement réservé aux employés du complexe, il est possible de les apercevoir depuis certaines tours avoisinantes ou lors d’événements spéciaux.
Le Morgan Library & Museum, bien connu pour sa collection d’art et de manuscrits rares, cache également une salle de lecture secrète qui ravira les amateurs de livres anciens. Située derrière une porte discrète, cette bibliothèque intime est ornée de boiseries luxueuses et de rayonnages remplis de volumes anciens. Une visite guidée permet d’explorer cet espace enchanteur.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur et fondateur de Cityzeum
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