
New-York
Destination urbaine par excellence, on
Cet article présente trois endroits méconnus de New York qui valent le détour. Tout d’abord, la manufacture de pianos Steinway dans le Queens, la plus vieille de la ville, qui propose des visites de sa fabrication traditionnelle et bruyante, de la découpe manuelle des cadres en bois à l’insonorisation de la salle d’accord. Ensuite, le Hall of Fame of Great Americans sur le campus du Bronx Community College, qui est considéré comme le premier hall of fame national avec sa colonnade de 98 bustes de personnalités célèbres, notamment d’écrivains comme Mark Twain, Edgar Allan Poe, Walt Whitman et Nathaniel Hawthorne. Enfin, le siège mondial du mouvement Habad-Loubavitch à Brooklyn, surnommé « 770 », est l’endroit le plus sacré de la Terre pour les Loubavitch, un groupe à part de la communauté juive orthodoxe, qui offre aux curieux une visite de ses livres sur la Kabbale et de son séminaire bondé d’étudiants en train de discuter des Écritures.
Une balade culturelle à travers New York en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus de Big Apple… New York ne se résume pas à Manhattan, comme en témoignent ces trois étapes dans le Queens, le Bronx et Brooklyn :
Steinway & Sons, facteurs de pianos haut de gamme, est sans doute la plus vieille manufacture de New York. À certains endroits, dans l’enceinte de la firme, on aperçoit encore des poteaux où l’on attachait les chevaux. Dans l’ensemble, les techniques de fabrication des pianos Steinway sont restées les mêmes. Nombre des brevets révolutionnaires de l’entreprise, en usage depuis plus d’un siècle, ont expiré. Si vous prévoyez de passer un séjour à New York, n’hésitez pas à y faire un petit arrêt.
« On commence seulement à considérer que je fais partie du personnel permanent », prétend le guide, Bob Bernhardt. Ingénieur à la retraite, il a travaillé pour Steinway pendant trente-trois ans.
« Ici, les accordeurs sont des divas », observe Mr. Bernhardt. Il connaît si bien les qualités de ces pianos qu’il peut fournir quantité de détails ahurissants comme s’ils allaient de soi.
« à moins, bien entendu, que le piano n’aille dans un pays tropical, remarque le guide. Dans ce cas, on tient compte de l’humidité ».
L’entreprise emploie des dynasties entières de facteurs de piano. Chacune a ses marques secrètes, qu’elle laisse à l’intérieur des instruments afin de pouvoir les reconnaitre à l’occasion d’une réparation quelques 50, 80 ou 100 ans plus tard.
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(File:Empire State Building (HDR).jpg – Eric Kilby)
Le terme hall of fame est tellement imprégné de culture américaine qu’il semble ne pas avoir d’origine. C’est pourtant ici qu’il se trouve, sur le campus du centre universitaire du Bronx. L’idée d’ériger un monument en l’honneur des grands hommes n’est certes pas nouvelle. Mais à son inauguration en 1901 comme un élément de ce qui était alors un campus de l’université de New York, le Hall of Fame of Great Americans devint aussitôt le modèle national. C’est l’un des monuments phares à visiter absolument lors d’un voyage à New York.
Ce « hall » est en fait une colonnade de 200 mètres, dessinée par Stanford White pour flanquer et encercler trois immeubles néoclassiques du même architecte, du côté ouest du campus. En la parcourant, on croise le regard de bronze de 98 Américains célèbres. Les trente premiers bustes furent posés en 1901, avec l’idée d’en ajouter d’autres tous les cinq ans.
La renommée est un vague corollaire de la grandeur. On ne sera guère étonné d’y voir Thomas Jefferson ou George Washington. Mais le buste du dentiste William Thomas Green Morton (le premier à avoir utilisé l’éther comme anesthésiant général) fera peut-être froncer des sourcils. Les bustes sont regroupés par thèmes : dirigeants, scientifiques, professeurs.
Et des écrivains… le monument compense les négligences de la déconcertante « Promenade littéraire » de Central Park (Colomb, Shakespeare, deux Écossais et Fitz-Greene Halleck dont c’est la seule gloire) : Mark Twain, Edgar Allan Poe, Walt Whitman et Nathaniel Hawthorne y ont la place qui leur est due. Ces bustes sont considérés comme la plus belle collection de ce genre aux États-Unis. Il y en a en effet de remarquables. On appréciera la stupéfaction de Daniel Webster, la touchante mélancolie de Lincoln et le visage résolu de Susan B. Anthony.
Si les regards vides et verts commencent à vous lasser, cherchez celui de William Tecumseh Sherman. Son portrait signé par le grand Augustus Saint-Gaudens (qui est lui aussi honoré par un buste dans la catégorie des artistes) semble presque vivant. Orgueilleusement débraillé, Sherman a l’air de sortir d’une meule de foin. Saint-Gaudens réalisa ce buste en 1888 en guise d’étude pour le monument équestre de la Grand Army Plaza. L’artiste demanda au général de la guerre de Sécession s’il ne voyait aucun inconvénient à fermer son col et à ajuster sa cravate. Sherman grommela : « Le général de l’Armée des États-Unis porte son uniforme comme ça lui chante. »
770 Eastern Parkway, dans le quartier de Crown Heights, à Brooklyn, est le siège mondial du mouvement Habad-Loubavitch. Les Loubavitch forment un groupe à part au sein de la communauté juive orthodoxe, au point que les autres Hasidim les prennent pour des fous. L’édifice d’Eastern Parkway était le domicile du rabbin Menachem Schneerson, qui, aux yeux de la plupart des Juifs de Crown Heights, était non seulement un homme, mais le Messie du Talmud. Cet emplacement est pour les Loubavitch l’endroit le plus sacré de la Terre. Ils se contentent de l’appeler « 770 ». Parmi les Hasidim, les Loubavitch sont les moins stricts. Ce sont les seuls qui entrent activement en rapport avec les Juifs non-conformistes et même avec les goyim (non-juifs), mais non sans condescendance, afin de vous remettre dans le droit chemin. Le 770 et le séminaire adjacent sont ouverts aux curieux, une surprise dont se réjouit notre guide, Beryl Epstein.
« Regardez autour de vous, dit-il en souriant, prenez des photos, faites ce qu’il vous plaît. »
Sommaire
Crédits photos :
T.M. Rives
Steinway (© Steinway&Sons factory)
New York, une ville qui ne dort jamais, est composée de cinq boroughs, chacun ayant son propre caractère et ses trésors cachés. Outre les lieux emblématiques de Manhattan, les boroughs offrent des expériences uniques et moins connues qui valent le détour.
Souvent négligé par les touristes, Staten Island abrite le Snug Harbor Cultural Center & Botanical Garden, un complexe culturel et horticole qui s’étend sur 34 hectares. Initialement conçu comme une maison de retraite pour les marins, le site comprend maintenant des jardins botaniques, des musées, des galeries d’art, et des bâtiments historiques. Le jardin chinois Scholar’s Garden est particulièrement impressionnant, avec ses pavillons traditionnels, ses ponts et ses plans d’eau. C’est un endroit parfait pour une promenade paisible loin de l’agitation de la ville.
Brooklyn est réputé pour sa scène artistique dynamique, et le quartier de Bushwick est un véritable musée à ciel ouvert. Le Bushwick Collective, un collectif d’artistes de rue, a transformé les murs des bâtiments en toiles géantes. Chaque année, des artistes locaux et internationaux viennent peindre de nouvelles œuvres, rendant chaque visite unique. En plus des fresques murales, Bushwick abrite de nombreuses galeries d’art, des cafés branchés et des bars à la mode. Une visite guidée peut offrir une meilleure compréhension des œuvres et de l’histoire de ce quartier créatif.
Bien que de plus en plus populaire, la High Line reste une expérience unique à Manhattan. Cette ancienne voie ferrée surélevée a été transformée en parc linéaire urbain. S’étendant sur 2,3 kilomètres, la High Line traverse plusieurs quartiers de Manhattan, offrant des vues imprenables sur la ville et l’Hudson River. Le parc est agrémenté de jardins paysagers, d’installations artistiques, et de points de vue panoramiques. C’est un lieu idéal pour une promenade tranquille, loin de la frénésie des rues en contrebas.
Le MoMA PS1 à Long Island City est une institution artistique consacrée à l’art contemporain. Affilié au Museum of Modern Art (MoMA), ce centre d’art présente des expositions innovantes et expérimentales. Installé dans un ancien bâtiment scolaire, le MoMA PS1 organise également des événements artistiques, des performances et des installations interactives. C’est un espace dynamique où les amateurs d’art peuvent découvrir des œuvres avant-gardistes et participer à des discussions culturelles.
Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur et fondateur de Cityzeum
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