Le Moulin de la Galette est un charmant endroit où s’arrêter pour déjeuner. Il comprend deux moulins : celui de Blute-fin et celui de Radet. Ses premières fonctions étaient de moudre la farine et de presser les vendanges. Il tire d’ailleurs son nom des galettes en seigle qui y étaient confectionnées. En 1814, l’un des meuniers fut cloué sur les ailes du moulin pour avoir voulu résister aux cosaques. En 1870, le moulin devient une guinguette connue pour son bal, puis pour son restaurant italien où Dalida venait dîner. Le Moulin de la Galette a été représenté dans de nombreuses peintures, par Van Gogh, Renoir, Toulouse-Lautrec ou encore Picasso. A voir Les deux moulins A proximité Le Bateau Lavoir La place des Abbesses
Ce moulin à grain fut construit au XVIIème siècle. Les parisiens venaient s’y promener et des bals y étaient organisés. Renoir reproduisit ce fameux Moulin de la Galette sur l’une de ses plus belles toiles.
Un quartier secret aux airs de campagne dans Paris
À l’extrême sud du 14ᵉ arrondissement, le quartier Montsouris fait figure d’exception dans la capitale. Niché autour du parc éponyme, il offre une atmosphère bucolique, presque hors du temps, entre petites maisons fleuries, rues pavées, villas modernistes et verdure à perte de vue. Loin du tumulte parisien, ce quartier au charme provincial conserve une authenticité rare, façonnée par une histoire inattendue et un urbanisme fragmenté. On y découvre un Paris discret, peu fréquenté des touristes, mais très prisé des habitants pour son cadre de vie paisible, ses jardins invisibles depuis la rue, et la qualité architecturale de ses habitations, allant de l’art nouveau à l’avant-garde du XXe siècle.
Une origine modeste : les “moque-souris” devenus Montsouris
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les hauteurs de ce secteur ne sont que terres vagues et carrières souterraines. La population y est pauvre, composée de journaliers, chiffonniers et carriers, surnommés les “moque-souris”, un sobriquet lié à leur condition précaire dans un habitat semi-troglodyte. Le mot aurait donné, par altération phonétique, son nom au quartier : Montsouris. C’est à partir de 1870 que le quartier entame sa transformation. L’aménagement du parc Montsouris par l’ingénieur Jean-Charles Alphand, sous Napoléon III, change radicalement la donne. Inspiré des jardins à l’anglaise, il introduit dans le sud de Paris un nouvel espace de respiration, avec collines, plans d’eau, arbres centenaires et fausse rivière. Simultanément, l’arrivée du train de Sceaux, avec la station Cité Universitaire aujourd’hui intégrée au RER B, stimule l’urbanisation des terrains alentours.
Un urbanisme unique, entre villas discrètes et maisons d’architectes
Ce qui distingue Montsouris, ce sont ses rues résidentielles au charme provincial, comme la rue Nansouty, la rue Georges Braque ou la rue Émile Deutsch-de-la-Meurthe. On y trouve une mosaïque de maisons individuelles, souvent avec jardin ou cour intérieure, une rareté dans Paris intramuros. La plupart datent de la fin du XIXᵉ ou du début XXᵉ siècle, et témoignent d’un Paris pavillonnaire oublié, à l’abri des alignements haussmanniens. Parmi les perles du quartier : Le square Montsouris, micro-lotissement privé très verdoyant, bordé de maisons dessinées par des architectes novateurs du XXe siècle. À noter, au fond de l’impasse, la maison de Le Corbusier, construite en 1923 pour deux mécènes d’avant-garde, les frères Besnus. La façade sobre en béton peint, les ouvertures en bandeaux et le toit-terrasse préfigurent l’architecture moderne. La rue Georges Braque, nommée ainsi en hommage au peintre cubiste qui vécut au n°6. Elle s’appelait auparavant rue du Douanier, en clin d’œil au “Douanier Rousseau”, autre figure artistique liée au quartier. Cette rue conserve une atmosphère bohème discrète, entre jardins suspendus et ateliers d’artistes.
Le parc Montsouris : une oasis paysagée dans Paris
Véritable poumon vert du sud de la capitale, le parc Montsouris est l’un des plus beaux jardins de style anglais à Paris. Étendu sur 15 hectares, il épouse les pentes naturelles du terrain, avec des buttes boisées, un lac central, des ponts rustiques, des pelouses ouvertes et une grande diversité d’essences végétales. On y croise joggeurs matinaux, familles pique-niquant sous les cèdres, lycéens en pause ou retraités lecteurs. Le parc est également réputé pour sa population ornithologique, avec de nombreux oiseaux résidents ou migrateurs. À ne pas manquer : Le kiosque à musique et ses concerts estivaux, Les statues en bronze disséminées dans les allées, Le méridien de Paris, marqué par une stèle discrète : il traversait autrefois le parc dans sa longueur.
Une richesse culturelle méconnue
En bordure du parc, la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) est un autre monde en soi. Fondée après la Première Guerre mondiale pour favoriser les échanges intellectuels entre nations, elle accueille plus de 12 000 étudiants et chercheurs venus de tous horizons. Son campus abrite 40 maisons nationales, véritables pavillons d’architecture d’époque. Quelques incontournables : La Maison du Brésil, dessinée par Le Corbusier, La Fondation Deutsch-de-la-Meurthe, avec ses pavillons en brique néo-Tudor, Le parc arboré de la Cité, ouvert au public, parfait pour une flânerie multiculturelle. Plus au nord, on trouve les réservoirs de Montsouris, gigantesques citernes souterraines alimentant Paris en eau potable depuis 1874, invisibles mais stratégiques. Leur surface est occupée par une plaine herbeuse surplombée d’arbres, conférant à cette zone un calme étonnant.
Conseils de promenade
Commencez par le parc Montsouris en matinée, quand la lumière est douce et les pelouses encore calmes. Dirigez-vous ensuite vers le square Montsouris, à explorer lentement : attention, certaines maisons sont en propriété privée. Continuez par la rue Nansouty, puis bifurquez vers la rue Braque pour découvrir l’ambiance artistique du quartier. Terminez la balade par une visite du campus de la Cité internationale universitaire, où l’architecture est un voyage en soi.
Un quartier entre nature, architecture et poésie urbaine
Le quartier Montsouris est un refuge poétique, où le Paris minéral cède la place aux villas silencieuses, aux feuilles qui bruissent, aux murs couverts de vigne. On y respire mieux, on y marche plus lentement, et l’on comprend pourquoi tant d’artistes, d’architectes ou d’écrivains ont choisi d’y vivre ou d’y travailler. Ce n’est pas un quartier de monuments ni de musées, mais un lieu à arpenter, à ressentir, à photographier. Un Paris buissonnier, rare et précieux.







