Rue du Mont-Cenis : mémoire abrupte et artistique de Montmartre
Parmi les ruelles escarpées de la butte Montmartre, la rue du Mont-Cenis est l’une des plus évocatrices de l’ancien village. Avec sa pente sévère, son ambiance restée presque confidentielle et ses maisons discrètes, elle conserve quelque chose d’indompté, de vrai, qui échappe encore aux circuits touristiques trop formatés. C’est une rue de résistance, dans tous les sens du terme : physique, historique, artistique.
Jusqu’en 1863, elle portait le nom de rue Saint-Denis, car elle menait autrefois au sanctuaire de Saint-Denis, en contrebas. Mais son relief était si ardu que la montée se faisait à pied ou à dos d’âne, une scène que plusieurs peintres et photographes du XIXᵉ siècle ont immortalisée. Aujourd’hui encore, marcher dans cette rue revient à remonter le temps, entre pierre, silence et souvenirs.
Une rue marquée par les arts et la chanson
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Au n°7, ne manquez pas la galerie Roussard, l’une des plus anciennes et réputées de Montmartre. Fondée en 1981, elle s’est spécialisée dans les artistes montmartrois historiques et contemporains : Gen Paul, Utrillo, Valadon, mais aussi de jeunes peintres inspirés par l’esprit de la butte. La sélection y est exigeante, et l’accueil chaleureux, loin du folklore touristique.
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Au n°18, on retrouve une figure oubliée de la culture populaire : Mimi Pinson, héroïne de poème et surnom donné à la modiste devenue chanteuse, incarnation d’une Montmartre bohème, vive et insouciante.
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Au n°22, c’est une autre figure majeure qui habita la rue : le compositeur Hector Berlioz, dont la présence confère une dimension musicale à ce lieu déjà empreint d’émotion. Si la maison n’est pas ouverte au public, une plaque rappelle sa mémoire.
Une promenade escarpée mais inspirante
Le charme de la rue réside autant dans ce qu’elle montre que dans ce qu’elle suggère. Elle serpente à travers des maisons basses, des murs en pierre brute, des escaliers latéraux, des jardinets secrets. C’est une rue à parcourir lentement, au gré des ombres portées, des reflets dans les vitres, du calme absolu que l’on y trouve, surtout en matinée ou en semaine.
On y retrouve ce qui fait l’essence du vieux Montmartre : l’éloignement du tumulte, la simplicité d’un passé encore visible, et la présence invisible d’artistes qui y ont vécu ou rêvé.
À faire
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Visiter la galerie Roussard (n°7) pour découvrir l’art montmartrois en profondeur
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Photographier les escaliers et les murs végétalisés en fin de journée, quand la lumière adoucit les contours
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Remonter la rue à pied, pour en ressentir l’élévation, au propre comme au figuré
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Chercher les plaques commémoratives et les détails sculptés sur les linteaux ou les porches
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Prolonger la visite vers la rue du Chevalier-de-la-Barre ou vers la rue Cortot, tout aussi marquées par l’histoire artistique
À voir
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La maison de Berlioz (n°22), avec sa plaque
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La maison de Mimi Pinson (n°18), témoin d’un Montmartre populaire
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Les courbes de la rue elle-même, qui offrent des vues pittoresques sur les toits du nord parisien
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Les détails architecturaux modestes mais soignés : ferronneries, lanternes, escaliers intérieurs visibles depuis les portes
À proximité
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La rue Custine, pour une plongée dans un Montmartre plus résidentiel et authentique
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Le cœur de Montmartre, avec la place du Tertre, le musée de Montmartre, la basilique du Sacré-Cœur à quelques minutes à pied
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La rue Lamarck, en contrebas, pour une vue imprenable et des cafés plus calmes que ceux de la place du Tertre
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Les escaliers du square Suzanne Buisson, à emprunter pour redescendre doucement vers le bas de la butte







